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BUFFY, SAISON 1 |
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"The Earth is Doomed" par Ju |
N'ayez pas peur, aimables lecteurs, rentrez
Rejoignez nous dans ce voyage de l'esprit, une petite histoire que j'aime appeler : Buffy, Origines et Premières Péripéties.
Souvenez vous, à l'origine des temps, il y a 7 ans pour être plus précis, la première saison de Buffy, The Vampire Slayer arrivait sur les écrans américains.
A l'époque, Buffy n'avait pas encore attrapé la grosse tête, Willow était absolument adorable, Xander était dépourvu de surcharge pondérale mais pas d'humour, Giles n'était pas croulant, Angel ne se battait pas encore au ralenti, et Cordélia était un personnage intéressant.
Enfin bon, c'est vrai que j'exagère un peu.
Cordélia n'a jamais été un personnage intéressant.
C'est de cette première saison dont je vais vous parler aujourd'hui.
Mais avant tout, je préfère vous prévenir tout de suite, j'aime beaucoup la saison 1. Alors ne soyez pas étonné si parfois, je m'emporte un peu. Peut être est-ce la nostalgie
vous savez, c'était quand même l'époque où Buffy n'avait pas encore attrapé la grosse tête, où Willow était absolument ador
Enfin vous savez.
J'ai remarqué que beaucoup de gens, même les fans purs et durs de la série, ne jugent pas la première saison de la série à sa juste valeur. On lui reproche d'être " kitch ", d'avoir des épisodes aux scénarii simples et répétitifs, et de manquer cruellement d'enjeu, c'est à dire manquer d'un arc fort s'étendant sur toute la saison.
A mon avis, ils passent à côté de douze épisodes d'une série qui ne se prends pas au sérieux, petit bijou de dérision et de second degré, jouant sur les règles de l'horreur, et les déjouant avec humour. Des épisodes indépendants, frais, et pleins de surprises.
Ok, ça fait peut être partie de ces moments que j'évoquais où je m'emporte un peu
Avant de m'attarder plus longtemps sur les qualités de la première saison, je vais d'abord vous parler des principales histoires qui y sont abordées.
Chaque saison de Buffy peut en effet être vue comme un tout, chacune des histoires développées en cours de saison trouvant une résolution complète ou partielle, lors du dernier épisode.
La raison pour cela est claire, en fin d'année, les producteurs ne savant généralement pas si la série sera poursuivie à la rentrée suivante, ils préfèrent boucler plusieurs de leurs histoires pour ne pas trop frustrer les téléspectateurs au cas où la série ne reviendrait pas, tout en laissant la porte ouverte à de futurs développements.
La seule exception est la saison 6 qui se termine sur un cliffhanger (insoutenable
hé hé hé
), parce qu'il était convenu dès le départ qu'il y aurait une saison 7.

Voilà, rassurez vous, la partie chiante est finie, j'en reviens à notre commencement.
Pour cette première saison, rien de bien compliqué au niveau de l'intrigue : on présente les personnages, l'univers, et l'arc de la saison suit le titre de la série au pied de la lettre: l'ennemi récurrent de Buffy sera le Maître, un vampire surpuissant enfermé par une barrière mystique dans une église sous Terre.
D'autres mini-arcs composent également cette saison.
Tout d'abord, on a le droit à un bon vieux love triangle. Willow craque sur Xander depuis toujours, alors que lui n'a d'yeux que pour Buffy. Le béguin de Xander trouve d'ailleurs une conclusion douce-amère lors du dernier épisode de la saison quand, bien que Buffy ait repoussé ses avances, c'est lui qui la sauve de la noyade lorsqu'Angel ne le peut pas.
Parlons en d'ailleurs d'Angel. D'abord allié mystérieux de Buffy durant les ¾ de la saison, on apprends dans le 7ème épisode (notez bien le numéro
), " Angel ", qu'il s'agit d'un vampire. Mais attention, pas n'importe lequel, c'est Le Vampire doté d'une Ame. Sur le coup, on ne comprends pas forcément toute cette histoire de malédiction lancée par les gitans, mais ça sera amplement développé dans la seconde saison, puis retourné dans tous les sens pour y trouver une quelconque logique. Mais je me permets de vous donner mon avis sur la question ici : ça n'a absolument aucun sens !
Mais revenons en à notre saison 1.
Il est à noter que quasiment chaque épisode est indépendant, les membres du Scooby Gang (en référence à Scoobydoo, les personnages étant étrangement proches de ceux du dessin animé) n'évoluant que très peu d'un épisode à l'autre, et affrontant de multiples démons, sorcière et fille invisible pour s'occuper entre les cours.
Mais alors, pourquoi aimer cette saison ?
Simplement parce que c'est une saison pleine de vie et de fraicheur, parce que les héros sont attachants et sympas, parce qu'elle mélange de façon géniale humour et horreur, parce que ce n'est pas kitch, c'est kitchissime, parce que la musique cool, parce qu'elle est pleine de métaphores des problèmes liés à l'adolescence, et enfin parce que c'est le début, les premiers pas, d'une série que j'apprécie énormément.
Sans oublier deux choses importantes : elle ne dure que 12 épisodes (et peut donc être vue et revue très rapidement), et merde, c'est quand même la première saison de LA série de Joss Whedon !
Bon
on va dire que ça faisait encore partie de ces moments où je m'égare, et me laisse emporter par mon enthousiasme. Nostalgie quand tu nous tiens.
Je vais essayer de détailler tout ça un peu mieux.
Je disais donc que c'est une saison pleine de vie et de fraicheur. Si vous voulez exprimez ça autrement : pas de prise de tête, c'est super cool, rien de plus. Un épisode démarre, une nouvelle menace arrive à Sunnydale, elle est détruite, réduite en poussière, tranchée en petits morceaux etc
Fin de l'épisode. Menace suivante !
Ce n'est pas en effet la complexité des scénarii qui nous fait revenir. Non, c'est vraiment parce que les personnages principaux sont attachants, et qu'on a donc envie de savoir ce qui leur arrive cette semaine, qu'on y retourne.
Bien que stéréotypés au départ (l'intello, le rigolo, la garce, le beau gosse, le bibliothécaire coincé et le chien
heu
l'héroine), ils sont suffisamment bien écrits pour qu'on puisse s'identifier à eux et finalement s'y attacher très vite. L'exemple parfait étant Willow. Sa timidité, sa gentillesse, ses robes hideuses
impossible de ne pas tomber immédiatement amoureux de ses grands yeux tristes
hmmm
enfin bon, quand ils souffrent, vous souffrez, quand ils s'amusent, vous aussi
vous pigez le truc.
Et franchement, ce n'est pas rare que l'on s'amuse.
En effet, Buffy n'est pas qu'une simple série à propos d'une fille qui doit combattre les vampires, les démons et les forces de l'ombre. C'est une série à propos d'une ex pom-pom girl qui combat les vampires, les démons et les forces de l'ombre en se foutant d'eux avant de les tuer ! Buffy est une série alliant horreur et humour avec un haut taux de réussite.
Dans la première saison, le personnage comique est bien sûr Xander. Gaffeur, un peu lent, mais à l'humour ravageur, c'est par de petites phrases allant du commentaire cynique à la référence à la pop culture, qu'il détend l'atmosphère lors des scènes les plus tendues.
On peut également souligner la réalisation qui parfois aide bien au côté comique (la dernière scène qui n'en finit plus de I Robot, You Jane en est le parfait exemple) ou bien la présence, à petite dose, de bons gros délires ("dipe " interprêté par le scooby gang durant le générique de fin de The Puppet Show, ça n'a pas de prix).

Parfois, on rit avec la série, mais parfois, il faut bien avour qu'on rit de la série, surtout dans une première saison caractérisée par son côté ultra kitch. On le retrouve d'ailleurs partout, pas la peine de chercher bien loin : les bonnes grosses scènes piquées dans les films d'horreur, les vêtements des acteurs, les maquillages des monstres, les décors
tout ça fleure bon la production à petit budget !
Le truc, c'est que c'est tellement fait avec bon goût, que ça passe très bien. Et puis de toute façon, vous vous souvenez du titre de la série que vous regardez ?
Si ça, c'est pas du kitch volontaire !
Une petite parenthèse sur la musique maintenant (c'est absolument honteux de penser que je n'ai pas trouvé de transition satisfaisante, honteux). Whedon voulait un lieu dans sa série pour que des groupes puissent venir y jouer. C'est la raison pour laquelle il a créé le Bronze, la meilleure
et unique, boîte de Sunnydale. Et il faut bien dire que dans cette première saison, nos personnages passent beaucoup de temps au Bronze. Et je pèse mes mots. C'est l'occasion pour nous de découvrir plusieurs groupes inconnus, tendance plutôt rock, qui ont nettement contribué l'ambiance et à l'image de la série.
Enfin, et bien que ça ait été longuement débattu un peu partout, il est nécessaire dans un soucis d'exhaustivité d'aborder les métaphores de l'adolescence. On va se contenter du strict minimum, après tout, cette saison est courte.
Le lycée, c'est l'enfer, rien à ajouter à part peut-être que les chips sont à l'envers dans le distributeur, ce qui est forcément mauvais signe
la fille ignorée qui devient invisible
le proviseur qui se fait bouffer par les lycéens (c'est pas trop une métaphore, mais c'est rigolo alors je le met)
la prof sexy qui se trouve être une mante religieuse géante (à laquelle on fera de nombreuses fois allusion au cours de la série)
le meilleur ami qui vous abandonne après s'être trouvé de nouveaux amis
la mère qui vie par procuration à travers sa fille ou dans à sa place dans son propre corps ce qui revient au même.
Bref, en 12 épisodes, une belle galeries de problèmes réels passés sous acide et déformés à la sauce fantastique.
Enfin, il est impossible de parler de la première saison sans aborder le petit chef d'uvre qu'est Prophecy Girl, le final de la saison.
Les 3 premiers actes de l'épisodes, en plus d'être superbement réalisés (la photographie, les différents noirs utilisés, le combat dans le cimetière mi-ralenti, mi-vitesse réelle
), apportent une conclusion aux principaux arcs de la saison, mais aborde également un thème qui n'avait été qu'effleuré jusque là : la mort de l'Elue.
La réaction de Buffy quand elle apprends par une prophécie qu'elle va mourir le lendemain est magnifique, par son côté humain. Ici, plus de supers pouvoirs, plus de responsabilités. Buffy n'a que 16 ans, elle ne veut pas mourir. La scène de cette révélation, entre elle, Giles et Angel est à classer parmi les meilleurs de la série, avec une Sarah Michelle Gellar vraiment étonnante et vraie.
De plus, pour la première fois depuis de début de la série, on assiste à une véritable déchirure au sein du groupe, chacun étant plus ou moins séparé des autres. Et c'est seulement lorsque Buffy décide qu'elle doit faire face, c'est à dire affronter le Maitre et mourir, que tous les liens se resserrent et qu'ils se préparent, ensemble, à affronter leur première apocalypse.
Le seul point noir que j'attribuerais à cet épisode, c'est son dernier acte, bien moins réussi que les autres. L'enjeu de l'épisode (la mort de Buffy) étant résolu, il ne reste plus que beaucoup trop de combats, de cris et d'hurlements à mon goût (Shut up, Charisma).
C'est dommage, l'épisode passe à côté de mon top 10 à cause de ça !
En bref, comment résumer cette saison?
Du fun, de bonnes histoires, de la bonne humeur, tout ça pour un début très prometteur! |