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SEMAINE BUFFY :
Nous ne pouvions pas laisser partir la série sans un dernier au revoir. Une semaine de bilans, et de tops, pour quitter Sunnydale tout en douceur...
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BUFFY, SAISON 2
"Close your Eyes" par Hobbes
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Aimables lecteurs, c’est à moi que reviens l’honneur de vous parler de la saison que beaucoup considèrent, avec un brin de nostalgie, comme la meilleure de la série. Et vous comprendrez bien que si je me suis battu avec les autres chroniqueurs pour avoir ce privilège, c’est parce que c’est aussi mon avis. Entrez donc avec moi dans le monde magique de la Saison 2, et comprenez pourquoi les suivantes, si elles m’ont tour à tour déçu ou comblé, n’ont jamais réussi à la détrôner dans mon petit cœur de fan.

Rappelez-vous de cette époque bénie où Buffy était avant tout une jeune fille attachante et pas une machine à tuer, où Willow se contentait de faire hurler de rire le spectateur quand elle était en colère (depuis elle s’est mise à écorcher vif des gens, c’est moins marrant…), où Xander était un adolescent drôle et incisif, où Giles était un bibliothécaire anglais profondément ringard et coincé, où Spike portait encore occasionnellement des chemises (et des chemises rouges en plus, quelle classe !), où Oz changeait de couleur de cheveux à chaque épisode, où le lycée n’avait pas encore explosé, où le Principal Snyder rôdait à chaque détour de couloir dans l’espoir de renvoyer notre héroïne, où Joyce était la championne mondiale de l’aveuglement, où les personnages sortaient tous les soirs de la semaine au Bronze…
Bref, rappelez-vous du bon vieux temps !

Mais au fond, qu’est-ce qu’elle a de si génial cette Saison 2 ?

Déjà, son premier exploit, c’est tout simplement d’exister. En effet, à l’époque où Buffy était arrivée comme bouche trou… pardon, comme série de milieu de saison sur la WB, personne ne croyait la voir renouvelée l’année suivante. D’ailleurs, lorsque le Season Finale a été tourné, beaucoup dans l’équipe, acteurs comme scénaristes, devaient être persuadé que leur collaboration s’arrêterait là. Quelle ne fut pas leur surprise quand la chaîne commanda non pas 12, mais 22 nouveaux épisodes de la série !

C’est aussi la saison de la reconnaissance pour le public, celle durant laquelle l’audience a monté pour dépasser les 5 millions de téléspectateurs. C’est d’ailleurs l’année suivante que les médias s’emparaient du phénomène et que le premier (et sans doute le pire) clone de la série apparaissait sur les écrans : Charmed. Pardonnez moi seigneur Whedon de souiller cet article sur la saison 2 de Buffy par ce nom impur.

Maintenant, attachons nous un peu au plus important, c’est à dire à l’intrigue de la saison. Whedon dispose cette fois de 22 épisodes pour la développer, et les personnages et l’univers de la série n’ont plus besoin de nous être présentés, elle est donc beaucoup plus aboutie et travaillée que celle de la 1ere saison. Ainsi, les monstres de la semaine se trouvent un peu en retrait, même s’il en reste quand même un nombre conséquent comparées aux saisons suivantes et à leurs longs arcs scénaristiques, et les épisodes mythologiques occupent le devant de l’affiche.

Le thème de cette saison, car chaque saison de la série (ou presque : la 3eme semblant être l’exception qui confirme la règle) abordera à partir de là un thème précis, c’est l’amour. En effet, l’intrigue principale reposera sur le couple formé par Buffy et Angel. Ainsi, ils passeront la première moitié de la saison à se tourner autour et la seconde à se combattre, après que leur unique nuit ensemble ait ôté son âme au vampire et provoqué le retour d’Angelus. D’autres histoires de couple viendront s’y greffer comme autant de mini-arcs : Giles courtisera Jenny à sa manière, Xander et Cordelia se peloteront dans des placards en s’insultant dès que leurs langues ne seront plus occupées à autre chose, Oz le guitariste hyper cool tombera raide dingue de Willow… Même Spike et Drusilla, les méchants de la saison, sont en couples ! Et quand on sait qu’en plus, Willow n’a d’yeux que pour Xander qui craque toujours pour Buffy qui n’arrive pas à se résoudre à tuer Angel qui va en profiter pour tuer Jenny au moment où tout commençait à s’arranger avec Giles et pour courtiser le cœur volatile de Drusilla sous le nez de Spike, on comprend que la situation est compliqué ! Ouf, elle était longue cette phrase dites donc !

Vous l’avez sans doute devinez, si cette saison si géniale repose essentiellement sur des histoires d’amour, c’est que celle-ci doivent présenter un minimum d’intérêt. Vous avez bien sûr raison, mais avant de m’attacher aux couples eux-mêmes, j’aimerais m’attarder un peu sur les personnages qui les composent.

Les héros de la série étaient en effet restés relativement statiques durant la première saison, et c’est vraiment à partir de la seconde, et aussi après les événements de Prophecy Girl, qu’ils vont commencer à évoluer. Et ceux qui ont regardés les saison 6 ou 7 savent que quand on parle d’évolution avec Mr Whedon, on ne se contente pas du minimum syndical !
Commençons par Willow, qui est sans doute le personnage ayant subi l’évolution la plus radicale, ou en tout cas la plus facile à remarquer, de toute la série (talonnée par Wesley si on englobe tout le Whedonverse). On la retrouve donc dans ses célèbres collants au début de la saison, toujours folle de Xander qui fait semblant de ne pas s’en apercevoir, et surtout toujours aussi adorable. Pourtant, au fil des épisodes, elle va petit à petit s’affirmer (les scènes où elle s’énerve sur Giles ou Xander, comme dans « Reptile Boy » ou « Innocence », sont parmi les plus drôles de la saison), se décoincer (même si on est encore loin du top model de la saison 6), notamment en s’attirant les faveurs d’un guitariste super populaire, et elle s’essayera même pour la première fois à la magie dans le Season Finale, élément qui deviendra déterminant pour le personnage au fil des saisons.
Buffy de son côté nous revient bien transformée dans le Season Premiere, plus choquée qu’on ne le pensait par sa mort dans « Prophecy Girl ». L’élue changera par la suite traditionnellement de personnalité à chaque génération… euh, chaque saison. Ici, c’est avant tout une jeune fille amoureuse, avec toutes les joies et les peines que cela peut lui apporter. A la fois forte et fragile, elle s’attire sans problème la sympathie et l’admiration du public et, si sa mission lui pèse encore beaucoup, elle l’acceptera peu à peu comme une partie intégrante d’elle-même, allant jusqu’à sacrifier Angel pour sauver le monde dans le Season Finale.
Les autres ne restent pas statiques non plus : Giles, en plus de s’attribuer progressivement un rôle de père dans l’existence de son Elue, nous révélera son adolescence trouble dans « The Dark Age » ; Xander, encore plus incisif et drôle que dans la première saison, finira par oublier notre héroïne dans les bras de Cordelia, qui s’intégrera quant à elle progressivement à ce Scooby Gang qu’elle trouvait autrefois si ringard, sans perdre pour autant une once de sa très légendaire franchise.
Et pour finir, Angel. Un peu ennuyeux au début de la saison dans son rôle de petit copain mystérieux et réservé, il prendra heureusement beaucoup d’intérêt en étant confronté à son passé en la personne de Drusilla, puis en cédant dans la seconde partie de la saison la place à son double maléfique, Angelus, sans doute le méchant le plus fascinant de la série.

Voilà, maintenant que vous situez bien tout ce petit monde, parlons un peu des différentes histoires d’amour de la saison.
D’abord, l’inoubliable couple Buffy / Angel : aussi romantique que tragique, c’est sans doute leur histoire d’amour qui aura fait le plus d’adeptes parmi les fans de la série. Peut-être parce que les scénaristes se sont obstinés à ne jamais les réunir de façon durable au fil des années, allant pour cela jusqu’à donner sa propre série à Angel pour les séparer. Mais s’ils ne sont pas allés jusque là dans la Saison 2, ils n’en ont pas moins employé les grands moyens en arrachant son âme à Angel la nuit même où il faisait pour la première fois l’amour avec Buffy. Si cette attitude leur attirera souvent les foudres des fans, elle leur permettra aussi d’éviter que la lassitude ne s’installe entre nos deux tourtereaux. Et tout ça se finira bien sûr encore plus mal qu’on ne pouvait le penser, puisque Buffy se verra contrainte, à la fin de la saison, de « tuer » non pas Angelus, mais Angel dans ce qui est probablement l’une des scènes les plus tristes de toute la série.
Le couple formé par Giles et Jenny, tout d’abord assez léger grâce à l’opposition totale des deux personnages, connaîtra lui aussi une conclusion fort tragique lorsque la jeune femme se fera assassiner par Angelus, événement qui endurcira beaucoup notre Observateur.
Et puis, dans un registre beaucoup plus léger, on a le mignon couple d’Oz et Willow, et l’hilarant duo de Xander et Cordelia. Un des épisodes les plus drôles de la série sera d’ailleurs consacré à ce dernier : "Bewitched, Bothered & Bewildered".
Dans toute sa délicatesse et son tact, Cordelia plaque Xander le jour même de la St Valentin. Le garçon tente de se venger en lui lançant un sort d’amour pour mieux lui briser le cœur, mais bien sûr, rien ne se passera comme prévu, et c’est finalement toute la population de Sunnydale qu’il envoûtera accidentellement. Difficile de résister à cet épisode où Buffy, Willow, Amy, Jenny, Drusilla, Harmony et même Joyce tentent par tous les moyens de s’attirer les faveurs du jeune homme. C’est d’ailleurs sans doute dans celui-ci que Xander renonce définitivement à Buffy, en repoussant les propositions pourtant fort tentantes que lui fait la Tueuse lorsqu’il comprend qu’elle est sous l’emprise du sort. Ce « Xander Episode » complètement culte s’achève sur une scène particulièrement jouissive où Cordelia envoie Harmony et ses autres garces branchées de copines balader pour aller retrouver son ringard de petit copain… Après tout, qui n’a jamais rêvé de dire leurs quatre vérités à des filles de leur genre ?

Enfin, il y a bien sûr Spike et Drusilla, ce qui nous amène à un autre point fort de la saison : ses méchants. En effet, même si le Maître de la Saison 1 constituait un premier Big Bad intéressant, le couple vampirique apporte une autre dimension à la série. Spike est une brute qui ne manque pas d’humour, Drusilla est folle et fragile… Du moins en apparence. Toujours est-il que dès leur arrivée, ils nous séduisent et nous fascinent par leur charisme respectif, à un tel point que même s’ils multiplient les tentatives pour faire du mal à nos héros, on se prend à souhaiter que Buffy n’arrive jamais à se débarrasser d’eux. Peut-être parce que l’amour qu’ils se portent l’un pour l’autre nous empêche de les considérer comme de simple êtres monstrueux ?

Ce duo de méchants auraient pu nous tenir en haleine sans problèmes jusqu’au Season Finale, mais les scénaristes changent brutalement la donne en milieu de saison : Spike se retrouve cloué dans un fauteuil roulant après un rude combat contre Buffy, Drusilla recouvre ses forces et, surtout, Angel perd son âme et passe brutalement dans le camp ennemi. S’il est un événement qui aura eu des influences sur toute la série, c’est bien celui-ci. Angelus restera en effet le méchant le plus intéressant et le plus menaçant qu’ait eu à affronter Buffy. En partie parce qu’aucun autre Big Bad de la série n’atteindra son seuil de cruauté : là où beaucoup se contentent de massacrer, Angelus cherche avant tout à faire souffrir. Et sur ce plan là, on comprendra qu’il s’y connaît lorsqu’il torturera le corps et l’esprit des proches de celle qu’il a aimé avec un plaisir évident. Mais c’est aussi, et surtout, à cause du lien qui l’unit avec Buffy : en effet, il nous apparaît évident dès son retour que la Tueuse est plus forte que lui. L’enjeu n’est donc pas de savoir, comme pour le Maître, le Maire, Adam ou Glory, si Buffy pourra le vaincre physiquement, mais plutôt si elle pourra se résoudre à le faire.
Cette question est traitée avec brio dans l’un des épisodes les plus marquants de la série : « Passion ». Celui-ci, brillamment mis en scène avec notamment les inoubliables commentaires en voix-off d’Angelus qui ponctuent l’intrigue, multiplie les fausses pistes : tandis qu’on tremble tour à tour pour Willow et Joyce, on retrouve espoir avec l’intrigue de Jenny, qui travaille à restaurer le sort permettant de rendre son âme à Angel et se réconcilie avec Giles. C’est là que s’applique un des schémas caractéristiques de Joss Whedon et de la série et, comme j’aime bien donner des noms à tout, je l’appellerai : « Espoir - Déchéance ». C’est donc au moment précis où tout semble prêt à s’arranger que tout s’écroule autour des personnages : Angelus assassine sauvagement Jenny après une traque d’une rare intensité dans les couloirs du lycée, et détruit son travail. La suite de l’épisode est bouleversante : tout d’abord la découverte du cadavre par Giles, puis le passage, poignant, où Angelus observe avec un plaisir sadique les réactions de Buffy et Willow qui apprennent la nouvelle au téléphone. A la fin de l’épisode, la décision de Buffy est prise : elle tuera Angel à la première occasion. En sacrifiant intelligemment un personnage, les scénaristes ont élevé la saison à un nouveau niveau.

Vous l’avez compris, cet épisode est probablement l’un des plus sombres de la série. C’est là aussi l’une des caractéristiques de la Saison 2. Sans doute encouragés par la réussite de Prophecy Girl, les scénaristes n’hésitent pas à nous pondre quelques épisodes beaucoup plus sérieux que ceux de la précédente saison.
Par exemple dans l’excellent « Lie to me » en début de saison où Buffy est confrontée à la fois au passé d’Angel, par l’intermédiaire des atrocités qu’il a infligé à Drusilla, et à la trahison d’un vieil ami qui l’utilise comme monnaie d’échange pour obtenir l’immortalité. Mais, alors qu’il serait plus facile pour elle de le considérer comme un simple monstre, elle est confrontée à une réalité beaucoup plus difficile à accepter : le jeune homme souffre d’une tumeur cérébrale incurable, et, effrayé par le sort qui l’attend, il cherche simplement à s’en sortir par tous les moyens, tout comme Buffy lorsqu’elle a été confrontée à l’annonce de sa propre mort. Pour la première fois, notre héroïnes réalise que les gens ne sont pas toujours forcément bons ou méchants. Comme le conclura Giles à la fin de l’épisode, elle est tout simplement en train de grandir.
Mais attention, si certains épisodes sont plus sombres que la moyenne, ils n’en sont pas pour autant déprimants comme ceux de la Saison – achetez valium – 6. Parce que les personnages parviennent à garder leur optimisme dans n’importe quelle situation, mais aussi parce que notre héroïne finit toujours ou presque par trouver du réconfort auprès de sa famille ou de ses amis. Par exemple à la fin de « Innocence » : Buffy est persuadée d’avoir commis une horrible erreur en couchant avec Angel, et redoute le regard des autres. Elle sera d’abord réconfortée par son « père », Giles, qui lui assure qu’elle ne l’a pas le moins du monde déçu et que tout ce qu’elle recevra de lui dans cette épreuve sera son soutien et son respect, puis par sa mère, qui si elle n’est pas au courant des événements, lui assure qu’elle ne la trouve pas du tout changée preuve que finalement, comme l’explique Joss Whedon dans son commentaire de l’épisode, Buffy n’a pas perdu son innocence malgré tout ce qu’elle a subi et fait dans cette histoire et contrairement à ce que le titre pouvait laisser croire.
Bref, même si c’est par moment sombre ou très triste, la série parvient à garder sa fraîcheur et ne tombe jamais dans le déprimant. Et n’est-ce pas un signe de qualité pour la série, qui évite de sombrer dans le patho facile en continuant à nous faire rire même dans les pires moments traversés par nos héros ?

D’ailleurs, tant qu’on est sur la perte de l’innocence ou le monde qui se contraste en grandissant, autant évoquer les fameuses métaphores sur l’adolescence de la série. La plus grosse, c’est bien sûr l’histoire Buffy qui couche pour la première fois avec son petit copain et le transforme en horrible monstre (la version extrême du « ne la rappelle pas »). La question « Qui je suis ? Qui est-ce que je voudrais être ? » revient aussi très souvent : dans « When She Was Bad » lorsque Buffy revient de vacances avec une toute nouvelle personnalité, dans « Halloween » où nos héros se retrouvent transformés en des personnages auxquels ils aimeraient ressembler, ou encore dans « What’s my line 1 & 2 » où Buffy se pose des questions sur son avenir et son rôle de Tueuse. On a aussi, en vrac, les filles qui se font violer sous l’influence de l’alcool (« Reptile Boy » où un serpent géant vénéré par un confrérie d’homme dévore des jeunes filles dont on a drogué les boissons), les méfaits du dopage et de la compétition poussée à l’extrême (« Go Fish » où un entraîneur n’hésite pas à faire ingurgiter des stéroïdes magiques aux nageurs du lycée, qui ont d’ailleurs droit à un traitement de faveur en raison de leurs capacités physiques, pour que l’établissement ait une chance de remporter une compétition sportive), l’arrivée d’un beau-père dans la famille (« Ted »)… Même la scène où Buffy révèle sa condition de Tueuse à sa mère, à la fin de la saison, ressemble fortement à un coming-out (entre les « As-tu essayé de ne pas être une Tueuse ? » et les « C’est parce que tu as manqué d’une autorité masculine forte à la maison. » de Joyce, et la colère de Buffy face à l’aveuglement dont a fait preuve sa mère durant tout ce temps, sans parler de la mise à la porte / fugue qui s’en suit). Bref, les monstres sont imaginaires mais les situations, bien qu’exagérées à l’extrême, sont souvent bien réelles !

Maintenant, avant d’aborder l’éblouissant final de la saison, j’aimerais parler un peu avec vous la musique. Dans son article sur la Saison 1, Ju vous a parlé des groupes qui jouaient au Bronze. Comme il l’a bien fait et qu’en plus, c’est pas trop ma tasse de thé, je vais plutôt m’attarder sur le compositeur qui travaillera sur Buffy de la Saison 2 à la Saison 4 : Christopher Beck, et dont les mélodies ont grandement participé à l’ambiance de la série. Les thèmes de Jenny, de Drusilla, du coma de Willow ou de la transformation d’Angel en vampire par Darla, tous ont considérablement renforcés l’impact des scènes qu’ils accompagnaient. Mais le must, celui dont tout le monde se souviendra, c’est bien sûr le célèbre thème de Buffy et Angel, dont « Close Your Eyes », la version entendue à la fin de « Becoming » vaudra d’ailleurs un Emmy à Christopher Beck.

Ce qui me permet d’enchaîner sur le Finale de la Saison 2 : le magnifique double épisode « Becoming ». Beaucoup de fans le considèrent comme l’épisode ultime de la série, et j’en fais partie. Pourquoi ? Parce que tout est parfait dans cet épisode, où plutôt tout nous semble parfait. Ainsi, on oublie complètement l’aberration relative de ce démon Acathla qui apparaît pour la fin de la saison comme par magie et sans aucune once de continuité à l’horizon, pour se concentrer sur ce qui nous intéresse vraiment : les personnages et les développements inattendus dans leur relation. Et de ce côté là, on est servi !
La première partie de l’épisode prend son temps pour mettre tous les pions en place : on a droit à de nombreux excellents flash-back sur le passé d’Angel et d’Angelus, Willow découvre la disquette sur laquelle Jenny avait enregistré le sort pour restaurer l’âme de celui-ci et le groupe se divise sur la marche à suivre, Kendra revient à Sunnydale pour annoncer une apocalypse imminente… Et, comme dans tout bon double épisode qui se respecte, tout s’accélère dans les dernières minutes pour nous laisser sur un « To be continued » insoutenable ! Je m’emporte, mais quiconque a vu l’épisode me comprendra. Donc, alors que Buffy croyait être la cible d’Angelus et l’affrontait dans un combat singulier, celui-ci organise une attaque contre ses amis. Et c’est un massacre (c’est d’ailleurs le nom donné au thème de Christopher Beck qui accompagne toute la scène) : Xander se fait casser le bras, Willow est mise dans le coma après s’être reçue une étagère sur la tête, Giles est kidnappé, puisque c’était lui la cible de l’expédition, et Kendra se fait tuer par Drusilla en essayant de défendre tout ce beau monde. Et, comme si la situation n’était pas assez compliquée, lorsque Buffy arrive trop tard sur les lieux, la police l’accuse de meurtre !
Mais croyez moi, ce n’est rien à côté de la seconde partie : alors qu’Angelus torture Giles pour savoir comment réveiller Acathla, Buffy doit s’allier momentanément à Spike pour vaincre son ancien amant, avoue sa condition de Tueuse à sa mère, se fait renvoyer du lycée par Snyder, et est trahie par Xander lui même qui ne lui révèle pas que Willow tente à nouveau de restaurer l’âme d’Angel. Mais qu’est-ce qui reste à notre Tueuse lorsque tout s’est écroulé autour d’elle ? C’est elle qui répond : « Moi ». Et c’est vrai.
Tout ça mène bien sûr à une conclusion tragique, selon le même schéma « Espoir - Déchéance » que j’ai évoqué plus haut. Angel récupère bien son âme, oui, mais trop tard : Acathla est déjà en train de se réveiller, et ce n’est pas son ennemi mais son amant que Buffy doit sacrifier pour sauver le monde, dans ce qui restera probablement l’une des scènes les plus tristes et émouvantes de toute la série, scène qui d’ailleurs grandement contribué à rendre le couple mythique parmi les fans.
Et si Buffy a été assez forte pour vaincre seule toutes les épreuves et aller jusqu’au bout de son devoir, c’est aussi dans la solitude qu’elle ira noyer son chagrin, en quittant Sunnydale dans les dernières secondes de l’épisode. Bref, un grand moment de télévision, et la conclusion parfaite d’une excellente saison !

La Saison 2 est donc, à mon goût, la meilleure de la série, loin devant les autres que j’aime pourtant pour la plupart beaucoup. Avec son intrigue constamment surprenante, ses couples géniaux, ses personnages adorables, son nombre étonnant d’épisodes cultes, sa capacité incroyable à nous faire passer du rire aux larmes d’une semaine à l’autre, ses méchants situés tout en haut de l’échelle de The Kief’, son côté kitsch encore relativement présent et assumé, et bien sur sa fin tragique, elle m’a complètement comblé la première fois que je l’ai vue, et continue encore aujourd’hui. Bref, à découvrir impérativement si ce n’est pas encore fait : s’il y a bien une saison qu’il faut voir dans la série, c’est celle là.

 

 

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