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SEMAINE BUFFY :
Nous ne pouvions pas laisser partir la série sans un dernier au revoir. Une semaine de bilans, et de tops, pour quitter Sunnydale tout en douceur...
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BUFFY, SAISON 3
"Five by Five" par Hobbes
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Aimables lecteurs.
Ce n’est pas parce que je suis un fan de Buffy que j’adore aveuglément la série. Comme beaucoup, il y a les saisons que j’aime, et les saisons que je n’aime pas. Ainsi, si je pourrai vous dire beaucoup de bien des Saison 1, 2, 5 et 7 de la série, j’aurais beaucoup plus de mal à vous entendre vanter les mérites de la 4eme ou la 6eme sans réagir. Avec Buffy, j’ai toujours eu un avis tranché…
Ou presque. Car, et toujours comme beaucoup de fans, il y a une saison dans l’univers de Buffy que je n’arrive ni à vraiment aimer, ni à vraiment détester. Veuillez s’il vous plaît accueillir la Saison 3 !
Pourquoi nous laisse-t-elle des sentiments aussi partagés ? Quels sont ses points forts et ses points faibles ?
Voilà ce que je vais tenter de vous expliquer dans cet article.

Mais avant tout, il est peut-être important que vous sachiez que la Saison 3 reste malgré tout celle durant laquelle la série a réalisé ses plus gros taux d’audience sur la WB, et aussi celle pendant laquelle elle a atteint la popularité qu’on lui connaît.

Maintenant, parlons un peu des intrigues de la saison.
D’abord, les deux principales, celles qu’on suit à peu près du début jusqu’à la fin. La première, c’est bien sûr celle qui tourne autour de Faith, la nouvelle Tueuse élue après la mort de Kendra, qui, après avoir combattu aux côtés de Buffy pendant une grande partie de la saison, se rangera dans la dernière partie aux côtés du Maire de Sunnydale, un chic type qui a prévu de devenir un pur (comprenez gros) démon avant la fin de l’année. La seconde, c’est la relation impossible entre Buffy et Angel qui finiront par réaliser que, malgré tout l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre, ils ne peuvent pas être ensemble. A ces deux piliers se greffent d’autres intrigues liées notamment à Giles et au Conseil ou aux couples formés par Xander et Cordelia et Oz et Willow.

Maintenant que vous maîtrisez les bases, parlons un peu plus en profondeur de la saison.

Son premier défaut, c’est sans doute qu’elle tarde à démarrer. Le début est en effet plutôt laborieux et il faut attendre le 7eme ou le 8eme épisode pour que la qualité décolle et se rapproche de celle des 2 premières saisons de la série. L’un des plus gros reproche que je ferai à ce début de saison, c’est qu’il s’obstine à détruire tout ce qu’on avait acquis avec la Saison 2 : Buffy revient de sa fugue à Los Angeles, elle est réadmise au lycée, une nouvelle Tueuse arrive à Sunnydale, Angel revient des Enfers, les couples Xander / Cordelia et Oz / Willow volent en morceau… Il ne manquerait plus que Joyce reçoive un choc sur la tête et oublie que sa fille est la Tueuse pour qu’on reparte vraiment à zéro !
Bien sûr, certains de ces retours en arrière sont nécessaires pour que la série ne change pas totalement de direction, mais ils s’enchaînent souvent de manière trop rapide (Angel revient des Enfers après seulement 3 épisodes d’absence…) ou trop artificielle (le Scooby Gang a passé l’été à suer pour protéger la ville des vampires, mais c’est seulement après le retour de Buffy que Faith arrive à Sunnydale) pour qu’on ait le temps de bien les digérer avant de passer aux suivants. Du coup, on a presque l’impression que les scénaristes bâclent ce début de saison en condensant au maximum la mise en place des différentes intrigues pour pouvoir passer aux choses sérieuses.
Et ce ne sont ni la plate et brève romance entre Buffy et Scott, ni le comportement de bête sauvage adopté par à son retour par Angel (qui se remettra d’ailleurs avec une incroyable rapidité (un épisode !) du choc psychologique que lui ont infligé ses deux siècles passés en Enfer) qui me feront changer d’avis sur la question !

Bref, un début raté, où même Faith ne m’intéressait pas plus que ça, et qui avait de quoi m’inquiéter pour la suite de la saison !

Heureusement, après le très bon « Revelations » qui voit le Scooby Gang apprendre le retour d’Angel et bouleverse un peu les relations de tout ce beau monde (notamment entre Faith et Buffy, ce qui sera révélateur pour la suite de la saison), le niveau de la saison remonte beaucoup.

Une autre faiblesse de cette saison, c’est peut-être ses personnages. Ou plutôt, certains de ses personnages. Ainsi, si Xander, Willow, Oz et Giles sont toujours aussi efficaces et que Faith devient rapidement culte pour beaucoup de fans, Buffy, Angel et Cordélia ont un peu plus de mal à nous convaincre.
Attention : aucun n’a perdu totalement son intérêt, disons plutôt qu’on observe une certaine baisse de régime.
D’abord, Buffy, puisque c’est l’héroïne. Les diverses épreuves qu’elle a subies dans la Saison 2 semblent l’avoir fait grandir trop vite et elle apparaît dans l’ensemble plus mature et plus sérieuse… C’est d’ailleurs dans cette saison qu’elle commence véritablement à assumer son rôle de Tueuse : d’abord en acceptant son identité de Tueuse dans le Season Premiere « Anne » (elle ne dit pas « Je suis Buffy » mais bel et bien « Je suis Buffy la Tueuse de vampires ») et en revenant remplir sa mission à Sunnydale. Ensuite, on l’entendra beaucoup moins se plaindre qu’auparavant de sa destinée, et elle semblera même assez consternée par la perte de ses pouvoirs dans « Helpless ». Et si elle aura quand même droit à quelques rechutes (notamment lorsqu’elle aimerait aller dans une université loin de Sunnydale), elle s’apercevra aussi que son travail est plus reconnu et apprécié qu’elle ne le pensait lorsqu’elle recevra un prix spécial lors du bal de promo. Malheureusement, tout ça la rend un peu moins drôle et attachante qu’avant. Mais peut-être n’est-ce qu’une illusion créé par la proximité de Faith, qui représente véritablement le côté obscur de Buffy.

Ensuite, Angel : c’est peut-être parce qu’on ne peut pas s’empêcher de regretter un peu Angelus, mais il se révèle bien souvent lourdingue et ennuyeux. Toujours sérieux, toujours sombre, toujours à pleurnicher sur les crimes qu’il a commis… Même sa relation avec Buffy prend une tournure désagréablement larmoyante ! Heureusement, Joss Whedon saura s’arrêter à temps, c’est à dire avant que le couple Buffy / Angel finisse par définitivement lasser les fans, et enverra Angel voler de ses propres ailes dans son spin-off bien à lui, où il se révélera heureusement beaucoup plus intéressant.

Mais il ne partira pas seul, puisque Cordelia le suivra dans son exil. D’ailleurs est-ce un hasard, puisqu’elle avait elle aussi perdu pas mal d’intérêt cette saison après sa rupture avec Xander et ne semblait plus avoir de place dans la série ? Toujours est-il que chez Cordelia aussi on assiste à une grosse baisse de régime : elle apparaît moins, n’a souvent aucun rôle a jouer dans l’intrigue, semble avoir régressé puisqu’elle se comporte à nouveau comme dans la Saison 1, son béguin inexplicable pour Wesley ne passionne pas… Seule son intrigue de fin de saison, lorsqu’on découvre que son père est ruiné et qu’elle travaille secrètement dans un magasin de vétement pour se payer une robe de bal, reviendra remonter un peu le niveau. A part ça, on est soulagé de la voir quitter la série pour Angel, où elle évoluera de manière beaucoup plus intéressante.

Bon, pour la suite de la saison, ça peut se résumer comme ça : de très bons loners, et des épisodes mythologiques ratés.

Par loners, j’entend tout épisode n’étant pas directement rattaché à la mythologie principale de la saison, c’est à dire à l’évolution de Faith et au Maire. Ainsi, après le très bons « Revelations », on enchaîne sur l’excellent « Lover’s Walk » qui marque le (bref) retour de Spike à Sunnydale et en fait voir de toutes les couleurs à tous les couples de la série dans une dernière partie riche en émotion. Et même si la séparation définitive de Xander et Cordelia qui s’en suit reste pour moi une déception, je dois avouer que c’est extrêmement bien fait ! Et puis, à l’époque, rappelez vous, Spike portait encore des chemises, n’avait pas de puce, et voulait à tout prix tuer Buffy, donc son rôle dans l’épisode était à lui tout seul un événement !

Puis il y a « The Wish », épisode culte qui introduit pour la première fois Anya (que personne n’imaginait voir réapparaître un jour d’ailleurs). En exauçant un vœux de Cordelia, celle-ci nous transporte dans un univers parallèle où le Maître et toujours en vie et règne sur Sunnydale, où Xander et Willow sont ses loyaux disciples vampiriques, où l’absence de Giles a rendu Buffy aussi froide et insensible que Faith… Complètement culte je vous dit !

On passera en vitesse sur le décevant « Amends », centré sur Angel et sa culpabilité...

Je parlerai aussi de « Gingerbread ». Pas parce que c’est un excellent épisode, il est en fait assez moyen, mais plutôt parce que le thème évoqué est aussi inquiétant qu’intéressant. En effet, dans celui-ci, une association de parents bien pensants (dirigée par Joyce qui essaye tant bien que mal de se trouver une place dans la vie de Buffy) décide de contrôler les lectures des lycéens, éliminant les livres « inadaptés » de la bibliothèque du lycée et allant jusqu’à organiser des fouilles de casiers. Comme je l’ai dit l’épisode n’est pas génial, mais l’idée fait froid dans le dos parce qu’on sait bien qu’elle est loin d’être surnaturelle aux Etats-Unis.

Il y a aussi « Helpless », qui marque mine de rien un tournant majeur dans la série. Buffy y est soumise a un test cruel par le Conseil, visant à la priver de ses pouvoirs avant de la confronter à un dangereux vampire pour évaluer ses capacités de Tueuse (et éventuellement éliminer une Tueuse qui ne serait pas assez efficace pour faire place à la nouvelle génération ?). Mais, bien pire encore, elle y est confrontée pour la première fois à la trahison de Giles. L’épisode est riche en émotion, et nous fait voir le Conseil sous un jour nouveau, surtout lorsque Giles se retrouve viré à la fin pour s’être trop attaché à sa Tueuse qu’il aime « comme un père ».

Je dois aussi vous parler de l’inoubliable « The Zeppo », peut-être le meilleur épisode de toute la saison. Pas parce que la Bouche de l’Enfer menace une nouvelle fois de s’y ouvrir, non, mais parce que l’épisode tout entier est vu à travers les yeux de… Xander ! Vous l’aurez devinez à ma description, on est là pour rigoler ! C’est peut-être d’ailleurs la seule fois de la saison où les scénaristes ont osé se moquer de Buffy et Angel, qui ont une scène de patho absolument hilarante dans l’épisode. Pendant cette nuit très spéciale Xander va conduire une décapotable bleue lagune, fréquenter des zombies psychopathes, sauver le monde et, accessoirement, perdre son pucelage avec Faith. Autant vous dire que, pour quelqu’un qui apprécie un minimum le personnage, c’est inoubliable !

Vous en voulez encore ? Pourquoi pas « Doppelgängland » où Vampire Willow se retrouve accidentellement projetée dans le vrai Sunnydale ? C’est signé par Joss Whedon lui-même (à la belle époque où il avait le temps de réaliser des épisodes normaux de temps en temps) et c’est là encore absolument hilarant. On notera d’ailleurs que Vampire Willow, en plus de porter des tenues de cuir noir très moulantes, manifeste une attirance très marquée pour la gente féminine, ce qui ne manque d’ailleurs pas d’intriguer la vraie Willow. Connaissant la suite de la série, c’est toujours amusant à remarquer !

Enfin, pour finir avec les loners, le très bon « Earshot » dont la diffusion fut repoussée aux Etats-Unis à cause du massacre de Columbine. En effet, dans cet épisode, Buffy est contaminée par un démon et se met à entendre les pensées des gens. Au début, ça donne lieu à pas mal de scènes amusantes (Devinez à quoi pense Xander tout le temps ?) mais ça vire vite au cauchemar quand Buffy n’arrive plus à contrôler ces intrusions dans sa tête et apprend qu’une personne de l’établissement a prévu de tuer tous les élèves le lendemain (d’où la non diffusion temporaire de l’épisode, assez compréhensible d’ailleurs…). C’est un peu le dernier vrai épisode « lycée » de la série, et c’est très bien fait : certaines pensées sont amusantes ou absurdes, d’autres beaucoup plus déprimantes (« Je hais mon corps ») , la plupart des figurants lycéens sont ramenés pour l’occasion quand le Scooby Gang enquête sur l’identité du tueur, et Jonathan a même pour la première fois de la série un rôle important… Normal, c’est du Jane Espenson !

Bon, aux vues de cette liste de très bons épisodes, vous devez comprendre pourquoi je me trouve incapable de juger cette saison véritablement mauvaise. Maintenant, abordons le côté où ça coince : la mythologie.

Attention, je ne dis pas qu’elle est mauvaise comme celle de la Saison 4 !
Le duo de méchants formés par le Maire et Mr Trick manquait certes de charisme, mais dès que Faith entre dans la danse, ça n’est plus du tout le cas. La relation paternelle qu’entretiendra le Maire avec elle, qui rappelle d’ailleurs beaucoup celle que Giles entretient avec Buffy, sera vraiment fascinante et les deux personnages en gagneront beaucoup d’intérêt. De plus, pour des méchants, ils s’avèrent étonnement sympathique. Sans son envie de dominer le monde, le Maire ressemblerait à n’importe quel bon père de famille, et Faith se révèle extrêmement attachante et fragile en sa présence, ce qui contraste avec ses scènes en solo où elle se révèle impitoyable. De plus, le mystère sur l’ascension est suffisamment bien entretenu pour nous garder en haleine pendant toute la saison.

Mais voilà, les épisodes mythologiques se révèlent désespérément ratés. Que ce soient les très moralisateurs « Bad Girls » et « Consequences », où Faith tue par accident un être humain et décide de se tourner vers le mal pour échapper à sa culpabilité ou « Trahison » qui malgré ses nombreux retournements de situation et le faux retour d’Angelus ne décolle jamais vraiment, on est déçu. Ce ne sont pas les thèmes qui sont mauvais, mais bel et bien le traitement.

La Saison 3 se permet même le « luxe » de rater son Season Finale.
Si la première partie est très correcte, et se conclut par un excellent duel Faith / Buffy, la seconde déçoit, notamment par le manque de subtilité de sa fin (un serpent géant en images de synthèses plutôt raté, l’explosion du lycée, le départ mal mis en place d’Angel et une scène finale bizarrement pas dans le ton).
En fait, le plus marquant de cet épisode, c’est probablement son début où Angel boit le sang de Buffy pour sauver sa vie.


La Saison 3 est aussi connue pour être l’une des plus sombre de la série, se situant juste derrière l’indétrônable Saison 6 sur le podium de la dépression.
C’est dû en premier lieu aux thèmes abordés : tout d’abord l’évolution de Faith. On avait déjà vu, dans la Saison 2, un proche de Buffy passer du côté de l’ennemi. Mais ici, la situation est quelque peu différente : alors qu’Angel était en d’un certain point de vue une victime et ne pouvait pas être considérer comme responsable des crimes d’Angelus, Faith choisit délibérément le mal, incarné cette saison en la personne du Maire, et c’est d’ailleurs ce qui rendra son personnage si intéressant.
Ensuite, il y a l’évolution de la relation entre Buffy et Angel, qui réaliseront au fil des épisodes que leur couple, tellement idéalisé dans la Saison 2, n’a aucun avenir. On a dépassé le stade un peu utopique du « Love is forever » pour passer au plus réaliste « parfois, même quand on s’aime, ça ne fonctionne pas ». Mais nos deux tourtereaux auront bien du mal à accepter l’évidence, et c’est finalement Joyce qui les forcera à regarder la vérité en face, prenant enfin ses responsabilités de mère dans cette histoire. La rupture aura lieu dans l’un des derniers épisodes de la saison : « The Prom ». Angel y réalise enfin qu’il n’a aucun avenir avec Buffy et lui annonce qu’il va aller créer sa propre série à Los Angeles. La séparation est émouvante : triste, puisque c’est la fin d’un couple auquel on était malgré tout resté attaché et un véritable déchirement pour notre héroïne, et malgré tout heureuse, puisque paradoxalement, c’est dans cet épisode que Buffy réalisera combien elle est aimée à Sunnydale en recevant le prix spécial de « Protectrice de la Promotion » et qu’Angel viendra partager une dernière danse avec elle. Dommage que ces horribles caniches de l’enfer viennent un peu gâcher l’épisode, qui reste malgré tout très bon si on est sensible à la mécanique « Buffy et Angel s’aiment pour toujours, mais y a une tuile ».
Enfin, d’autres thèmes assez sérieux sont abordés cette saison : d’abord avec les révélations plutôt inquiétante sur la vraie nature du Conseil et le renvoi de Giles, mais aussi avec les interrogations de nos héros sur leur avenir après le lycée (Cordelia voit son avenir de millionnaire s’écrouler, Xander ne peut pas aller à l’université, Buffy est coincée à Sunnydale…).
Bref, cette saison est plus sombre que les précédentes. Ce n’est pas forcément un défaut (les meilleurs épisodes d’Angel sont les plus sombres) mais l’échec relatif des épisodes mythologiques et la réussite des loners plus légers me pousse malgré tout à croire que cette ambiance lourde n’a pas vraiment joué en faveur de la saison.

 

 

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