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BUFFY, SAISON 4 |
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"You haven't even begun" par Ju |
Aimables lecteurs. Par un doux euphémisme, je désignerais simplement la saison 4 de Buffy comme ne faisant pas partie de la liste des préférées des fans.
Pour quelle raison ?
Est-ce que tout est vraiment à jeter ?
Voilà des questions auxquelles je vais tenter de répondre dans cet article.
Mais avant de commencer, voyons les principales intrigues de la saison.
Dès le premier épisode, on fait connaissance d'un groupe militaire secret, l'Initiative, qui a pour mission de capturer et d'étudier les démons. Spike, de retour à Sunnydale, en fera les frais, et les militaires lui implanteront une puce anti-violence dans le cerveau, l'empêchant de faire du mal aux gens. Le nouveau petit copain de Buffy, Riley, se trouve également faire partie du commando qui sévit sur le campus et la menace de l'année se révélera être une création de l'Initiative, un être mi-homme, mi-démon, mi-machine : Adam.
A cette histoire principale se greffent le départ de Oz de Sunnydale, mais également la séparation progressive des membres du Scooby Gang.
Il est maintenant nécessaire de voir les raisons qui font que les fans n'aiment pas cette saison, et les problèmes qui ont rendu cette saison moins bonne.
La saison 4 marque un tournant majeur dans l'histoire de la série.
En effet, la fin de la saison 3 marquait la fin d'une époque avec Angel quittant Sunnydale pour s'installer à Los Angeles (et être le héro de sa propre série). L'histoire d'amour entre le vampire avec une âme et Buffy qui avait tenu une grande place dans la série jusque là n'avait donc plus lieu d'être.

D'autre part, les années lycée s'était achevées avec l'explosion de Sunnydale High durant la cérémonie de remise des diplômes, au grand dam du créateur de la série qui avait d'autres passages horribles de l'adolescence à transformer en épisodes (Joss Whedon doit avoir passé 3 années vraiment traumatisantes). Mais le message était clair, s'en était fini du lycée pour nos héros, et ils devaient tous continuer à avancer dans leur vie. C'est une nouvelle époque qui commencent en effet pour eux, certains vont à l'Université comme Buffy, Willow et Oz, pour d'autres comme Xander et Giles, c'est l'heure de la remise en question. Leur seul point commun et qu'ils essayent tous avec plus ou moins de succès à s'adapter à leur nouvel vie post lycée.
La saison 4 offrait donc une double tâche aux scénaristes : trouver un nouveau personnage masculin fort suceptible de remplacer Angel dans le cur des fans, et trouver un nouvelle dynamique à une série qui évoluait désormais dans un environnement inconnu, entre nouveaux lieux, nouveaux thèmes et nouveaux personnages.
Les fans, tout comme les héros, perdent une grande partie de leurs repères d'un seul coup.
Cette hésitation envers ces tâches difficiles à accomplir se sont faites d'autant plus ressentir que les deux thèmes de la saison n'étaient ni les meilleurs, ni les mieux traités de la série.
Le premier, opposant la magie et la science, pouvait devenir très intéressant. Le problème vient vraiment de la façon dont il a été traité. C'est un véritable échec des scénaristes. L'opposition entre l'Initivative, représentant la technologie, et le Scooby Gang, symbolisant le monde de l'occulte avait tout pour fonctionner, et les différences de points de vue entre le Professeur Walsh et Giles en étaient la parfaite illustration.
Une fois le mystère autour de l'Initiative résolu, quand l'organisation secrète dont on ignore le but se transforme en un groupe d'étudiants le jour/super soldats la nuit
. ça devient franchement ridicule. Marrant d'ailleurs de constater qu'à partir du moment où leur identité nous est dévoilée, ils ne prennent même plus la peine de mettre leur cagoule en mission !
Mais alors que cet arc n'était déjà pas super intéressant, tout se gâte avec l'apparition d'Adam. Il remporte haut la main le concours du méchant le plus hiddeux et le moins cool de tout le Buffyverse (et pourtant, avec ce que nous offre la saison 4 d'Angel, la compétition était rude). Son travail pendant la moitié de la saison consistera à tuer quelques personnes, puis à se planquer dans un labo secret pour se lancer dans des discours chiants visant à établir qu'il est l'être parfait, puis pour préparer ses plans diaboliques de fin de saison. Le problème, c'est qu'en plus d'être un méchant pathétique, ses plans manquent nettement de classe !
Son but ultime est de créer d'autres êtres comme lui en bouts d'humains et de démons qu'il aura obtenu en provoquant une bataille gigantesque. Personne ne le regrette quand Neo/Buffy viendra lui botter le cul et lui arracher son cur d'uranium, source de sa force.
Oui. Un cur d'uranium. C'est nul.
Pour en finir avec ce thème, on peut ajouter que sa conclusion est loin d'être satisfaisante. Il en ressort une morale que tout le monde avait saisi il y a un moment : magie et technologie ne doivent pas être mélangés. Ce sont deux mondes distincts qui ne doivent en aucun cas s'affronter, sous peine de Big Bad demeuré.
Chouette
L'autre thème majeur de la saison 4 est l'éloignement qui survient entre les amis de lycée quand on rentre à la fac. Encore une fois, c'était un thème intéressant qui n'a pas été assez bien exploité.
On rentre dedans dès le premier épisode de la saison, The Freshmen, où on découvre une Buffy bien fragile qui a vraiment du mal à s'habituer à sa nouvelle vie. Willow et Oz sont comme des poissons dans l'eau à l'université, Giles a d'autres occupations, et ce n'est que grâce à un discours réconfortant de Xander, de retour d'un "voyage initiatique" qu'elle retrouve confiance en elle.
Mais ce thème se poursuit tout au long de la saison.
Xander n'allant pas à la fac, il se retrouve à l'écart de Buffy et Willow. Il passe toute l'année sans savoir ce qu'il veut faire de sa vie. Il vit dans la cave de ses parents, passe de boulot en petit boulot sans rien faire de concret. De plus, le personnage perd une grande partie de l'intérêt qu'on lui porte au fur et à mesure que son humour disparaît. On rit plus souvent de lui qu'avec lui.
Giles de son côté n'est plus bibliothécaire, pas plus qu'il n'est l'Observateur de Buffy. On le découvre donc, tout comme Xander, sans véritable but dans la vie, passant toute la journée à tourner en rond chez lui, se sentant inutile, et les autres l'informent à peine de ce qui se passe dans leur vie.

Pour ajouter à cet isolement, tout le monde se trouve de nouveaux amis et de nouvelles occupations à l'extérieur du groupe : Xander entame une relation avec Anya, Buffy sort avec Riley pour notre plus grand bonheur, Willow "fait de la magie" avec Tara, et Giles
regarde le soap "Passion" avec Spike.
Le vrai problème de la saison vient de là. On perd peut notre attachement envers les personnages, on se sent moins concerné par ce qui leur arrive, Xander et Giles deviennent même carrément pathétique, tandis qu'on s'attriste de voir que Buffy et Willow ne sont plus aussi amies qu'avant.
De plus, alors qu'un bon clash entre les personnages a toujours apporté un peu d'ambiance à la série, il ne se passe rien de tel pendant quasiment toute la saison. Les personnages continuent à tenir leurs réunions, comme si de rien n'était, mais on sent qu'ils s'éloignent et s'ignorent de plus en plus. Cela apparaît clairement lorsqu'on voit la facilité avec laquelle Spike utilisera les non-dits qui existent entre eux pour les mener à une violente dispute dans The Yoko Factor.
En tout cas, cet éloignement est sans doute l'une des raisons qui rendent cette saison moins bonne. Voir un Scooby Gang, autrefois soudé, se déchirer sans s'en rendre compte, n'est pas vraiment ce qu'on recherche en regardant Buffy.
Du moins, c'est mon avis.
Outre l'exploitation de ces deux thèmes, un autre reproche qu'on pourrait faire à la saison 4 réside dans certains de ses personnages secondaires.
Et quand je dis ça, j'en vise deux en particulier.
Notre premier gagnant est Spike.
Ouste, horde de fans, je ne retirerais pas ce que je viens de dire, le Spike de la saison 4 est une abomination ! Le fait est que j'aimais beaucoup Spike (et Dru) pendant la saison 2, et j'étais très déçu de voir qu'il n'apparaissait que dans un seul épisode de la saison 3. Or, en voyant que Spike devenait régulier pour la saison 4, je pensais tenir mon remplaçant convaincant d'Angel ! Mais il n'en est rien. Il n'avait plus grande chose à voir avec le Spike qu'on a connu.
Comme l'a dit Whedon dans une interview, en réintégrant Spike à la série, ils voulaient en faire un nouveau Cordélia
c'est à dire que c'est à lui que revenait la jolie coiffure, et les vacheries au Scooby Gang. Mais en passant sur la table d'opération de l'Iniative, Spike n'a pas fait qu'hérité d'une puce, ils lui ont carrément retiré tout ce qui faisait sa personnalité, le réduisant au rôle de rigolo de service.
Même si il prend de l'importance en fin de saison, il faudra quand même attendre la saison 5 pour que Spike redevienne un personnage intéressant.
Notre deuxième gagnant est bien sûr Riley.
J'ai parlé tout à l'heure du départ d'Angel. Son remplaçant, Monsieur Riley Finn, est à lui seul LA véritable catastrophe de la saison 4. Il est abominablement nul !
Manquant complètement d'humour (j'exagère à peine, il m'a fait rire UNE fois dans la série, quand il avoue à Buffy qu'il est lesbienne), toujours à ressasser ses vieilles histoires dans son Iowa natale, d'une petitesse d'esprit incroyable (ce n'est même plus du manichéisme à ce niveau là), sexiste, niais, boyscout, mais aussi intégriste religieux, pervers, et violent envers les animaux et les enfants
bon, peut être pas cette dernière partie, mais le reste est vrai
on se demande vraiment ce que Buffy lui trouve !
Ca, pour un remplaçant qu'on voulait différent d'Angel, c'est une réussite ! Par contre, si ils voulaient le rendre intéressant, ils auraient peut-être du songer à lui donner une personnalité !
Et encore, si on ne nous obligeait pas à subir ses états d'âme , ses petits copains de l'Initiative (j'ai toujours pensé qu'il y avait une grande tension sexuelle entre lui et Forrest), et son frangin Adam durant toute la saison, ça serait peut être mieux passé. Mais non, les ¾ des épisodes y sont consacrés
et on retrouve bien là la grosse faiblesse de la saison : son arc principal est complèment raté.

Néanmoins, sans chercher à justifier ces nombreux problèmes, il est important de souligner que la saison 4 a souffert de ce qui se passait derrière les caméras.
Tout d'abord, et sans doute celle qui a le plus marqué les fans (enfin pour moi, c'est le cas), le départ de Seth Green de la série. L'histoire entre Oz et Véruca était en effet prévue pour s'étendre sur toute la saison. Mais Green voulant concentrer sa carrière sur le cinéma, il demande à partir en début de saison, ce qui entraine l'accélaration de son arc, et le départ de Oz dans des adieux déchirants laissant Willow maintenant seule. On perd du coup un personnage que j'adorais, et avec lui le seul couple amoureux de la série. Avec le départ d'Angel, c'est celui de Oz qui met fin à la période fleur bleue de la série.
Dans le même ordre d'idée, Maggie Walsh devait à l'origine être la vraie Big Bad de la saison (Adam étant simplement son instrument), mais c'est une fois encore le départ de l'actrice, Lindsay Crouse, qui a transformé les plans de la saison. Nous, on a hérité de Frankenstein junior, et on a perdu une méchante prometteuse et intéressante en bien des points, notamment dans sa relation mère/fils avec Riley, et sa rivalité avec Giles.
Pour en finir avec les défauts de cette saison, il est nécessaire de faire un petit point sur les cross-overs. En effet, même si Angel a désormais sa propre série, ça ne l'empêche pas de faire deux apparitions dans Buffy durant la saison 4.
Et on ne peut honnêtement pas dire que ce soient de belles réussites.
Le premier Pangs, pourtant écrit par ma chouchoute, Jaaaaaaaaaaane Espenson, est vraiment mauvais. Pour se concentrer uniquement sur Angel, il se contente d'arriver à Sunnydale sur un prétexte bidon (vraiment), d'être prétexte à une ou deux bonne blagues (c'est Jaaaaaaaaane quand même) et de tuer quelques esprits indiens. Chouette
.
La deuxième partie de ce cross-over dans la série Angel est nettement meilleure. D'ailleurs, tous les cross-overs sont meilleurs à Los Angeles pour cette année là !
La seconde apparition d'Angel dans cette saison est un peu moins contestable, même si la raison de sa présence à Sunnydale est toujours aussi artificielle : il vient pour s'excuser auprès de Buffy (suite à un très bon cross-over
chez Angel encore une fois). Là où c'est moins contestable, c'est qu'on retrouve un Angel vraiment Angel, qui offre une bonne conclusion à l'histoire entre Buffy et lui, et qui en bonus vient casser la gueule de Riley. Et ça, c'est toujours une bonne nouvelle !

Avec tout ça, je pense avoir fait le tour de ce qui n'allait pas dans cette saison 4. On va maintenant voir que tout n'est pas à jeter, loin de là.
D'abord, même si l'arc général de la saison est mauvais, elle dispose néanmoins de nombreux épisodes idépendants qui valent vraiment le coup.
On peut notre le premier retour de Spike à la recherche du Graal des vampires dans The Harsh Light of Day (c'est limite si on aurait pas préféré ça comme arc principal), où les scoobies découvrent avec horreur que Giles possède une télévision, l'hilarant épisode d'Halloween Fear, Itself avec Anya déguisée en lapin et un retournement de situation de taille, le départ de Oz dans Wild at Heart, l'épisode muet Hush, le retour de Faith, plutôt réussi, dans le double épisode This Year's Girl/Who are You avec l'échange de corps, le très bon Where the Wild Things Are où on apprends avec autant de stupeur que le scooby gang que Giles chante très bien, le très émouvant (et malheureusement temporaire) retour de Oz dans New Moon Rising, et enfin le génialissime épisode final, Restless.
Avant de revenir sur les deux épisodes forts de la saison, il reste deux personnages dont je n'ai pas parlé, et qui pourtant font partie des bonnes choses que nous a apporté la saison.
En effet, même si le retour de Spike et l'arrivée de Riley sont décevants, et qu'on a perdu beaucoup quand Oz parti, il est bon de penser que le départ de ce dernier a quand même été bénéfique à la série, puisqu'il a entrainé la création du personnage de Tara.
Gentille, douce, timide, elle ressemble à la Willow des premières saisons. Même si elle n'est pas encore celle dont on tombe immédiatement amoureux (non, ça c'est quand on l'entend chanter dans la saison 6), elle apporte une nouvelle dimension au personnage de Willow, et leur scène de " magie " de Who Are You restera une des plus sensuelles de la série.
Il est amusant (et encore
) de voir comment l'homosexualité d'un des personnages principaux est passée sur la chaîne même qui diffuse 7 à la Maison aux Etats-Unis. Durant toute la saison 4, on ne voit rien directement à l'écran, tout est suggeré à travers la métaphore de la magie. Ce n'est qu'un an plus tard, dans The Body, que leur premier baiser sera montré.

D'autre part, après le départ de Cordélia pour Los Angeles, la place était libre pour une nouvelle copine de Xander malpolie qui sortirait des conneries embarassantes à longueur d'épisode. Mais plutôt que de créer un nouveau personnage, les scénaristes ressortent et développent Anya, qui était déjà apparue dans la saison 3 à plusieurs reprises. Je suis peut-être de parti pris (je déteste cordialement Cordélia), mais pour moi Anya remplit parfaitement son rôle. Souvent très drôle (sa condition d'ex-démon aidant), obsedée par le sexe, se désintéressant de tout ce qui ne concerne pas Xander
tout simplement rafraichissante.
Enfin, toute saison de Buffy à son ou ses chef d'uvres. La saison 4 ne déroge pas à la régle avec deux épisodes écrits et réalisés par Joss Whedon : Hush et Restless.
Hush est un petit bijou en bien des points.
Le pitch est simple : les gentlemen arrive à Sunnydale et volent les voix de tous les habitants pour pouvoir recueillir les 7 curs humains dont ils ont besoin, en toute tranquilité. Résultat, aucune parole prononcée durant les ¾ de l'épisode. C'est ce qui fait la particularité de l'épisode, et qui lui vaudra d'être nominé pour le meilleur scénario aux Emmy Awards
bon il ne l'a pas gagné, mais c'est la seule nomination sérieuse de la série aux Emmys, alors ça fait plaisir !
Mais il ne faut pas réduire l'épisode à sa particularité, il y a aussi tout ce qui en découle : la situation inédite que le Scooby Gang doit affronter, l'humour qui y est lié, les compositions musicales incroyables (sans paroles, c'est tout ce qui reste avec les images), l'ambiance pesante qui règne durant tout l'épisode, et la PEUR !
Oui, Hush est sans doute l'épisode le plus flippant de la série, et les gentlemen n'y sont pas pour rien. Sans doute les méchants les plus réussis de la série, ils sont sympathiques, courtois, ont une hygiène dentaire parfaite et s'applaudissent même avec une grande délicatesse quand
un d'entre eux retire le cur d'un pauvre innocent incapable d'hurler avec un scalpel. Tout simplement cool !
Petit arrêt sur le message que veut faire passer Whedon avec cet épisode : c'est quand on s'arrête de parler qu'on peux commencer à communiquer.
Cela s'appliquera à tous les personnages durant l'épisode : Buffy et Riley s'embrasseront pour la première fois, Giles comprendra que sa vie est trop étrange pour Olivia et Anya réalisera que Xander n'est pas avec elle que pour le sexe, mais qu'il tient vraiment à elle. Un bien beau message s'il en est. Sacré Joss.
Oh ! C'est aussi la première apparition de Tara dans la série!
Avec ça, j'ai tout dit.
Pour finir, mon épisode préféré de la saison 4, Restless.
Contrairement aux années précédentes, le dernier épisode de la saison 4 ne comprends pas de combat gigantesque opposant le bien au mal durant lequel de nombreuses personnes souffrent et meurent, jusqu'à ce que l'apocaplypse soit stoppée. Cet épisode existe bien, c'est Primeval, mais ce n'est pas lui qui conclut la saison.
Peut-être découragé par le final plus que moyen de la saison 3, où l'arc peu passionnant de la saison en cours, Whedon voulait un final complètement différent. Quelque chose de plus proche des personnages, un bilan des 4 années écoulées pour faire le point sur leur évolution, tout en s'intéressant à ce qu'ils craignent, et où ils vont.
C'est la raison pour laquelle chaque acte de Restless nous transporte dans le rêve d'un membre du Scooby Gang. D'abord Willow, Xander, puis Giles et enfin Buffy. Le seul point commun les liant est qu'ils seront attaqués un par un par l'esprit de la première Tueuse, la Primitive.
Chaque rêve nous renseigne sur la psychologie des personnages, leurs craintes, et leur interrogations sur qui ils sont, mais nous donnent également de nombreux indices sur ce qui les attends.
On découvre que Willow craint être toujours la même intello coincée qu'à l'époque du lycée . Ce doute peut à lui seul justifier le fait qu'elle se lance de plus en plus dans la magie (pour être plus cool), entrainant les conséquences qu'on connaît dans la saison 6.
De son côté, Xander a peur d'être toujours un train derrière les autres, d'être mis de côté, et il craint surtout de ne pas réussir à devenir quelqu'un d'autre que son père. Les problèmes familiaux de Xander, notamment ses rapports avec son père, joueront un rôle majeur dans sa fuite de son mariage avec Anya dans la saison 6.
Giles quant à lui se pose des questions sur la direction qu'il doit donner à sa vie. Après avoir passé toute la saison chez lui comme un retraité, ou un chomeur, il se demande si il doit être un Observateur, un père pour Buffy, ou totalement autre chose. C'est dans la saison 6 (décidement
) que ce problème atteindra son paroxysme, entrainant le départ de Giles pour l'Angleterre.
Enfin, Buffy s'interroge sur sa condition de Tueuse. Qu'est ce que cela signifie ? Est-ce que la Tueuse est d'origine démoniaque ? C'est vraiment son rêve qui trouvera le plus d'écho dans les saisons suivantes, et son face à face avec la Primitive soulève de nombreuses questions qui seront abordées par la suite (en grande partie dans les saison 5 et 7). En effet, ce qui sépare Buffy des Tueuses traditionnelles, c'est qu'elle n'agit pas seule, elle a des amis, une famille, mais ce n'est pas ainsi que la Tueuse doit vivre. Quoi qu'il se passe, elle est toujours seule.
On peut légitimement soupçonner que ces thèmes reviendront pour la fin de la série.
Si le fond est soigné, la forme l'est aussi.
Chaque fantaisie dans la réalisation prouve à quel point Whedon s'est amusé avec en faisant Restless. Visuellement, cet épisode est magnifique, les couleurs, l'exposition, la lumière, les cadres inhabituels, les extérieurs dans le désert
tout est fait pour nous plonger dans l'histoire, dans les rêves.
De plus, les musiques par Christopher Beck, le compositeur attitré de la série pour les premières saisons, sont tout simplement magnifiques, et jouent un rôle important dans la fabrication de l'ambiance de l'épisode. Le thème de la Première Tueuse restera un des plus envoutant de la série.
Des petites choses que vous ne savez pas forcément, ça vous dit ?
Comme vous êtes sans aucun doute de grands fans de Buffy, appliqués, qui font bien leurs devoirs, je vous épargnerais le long paragraphe sur "Be back before dawn" qui annonce l'arrivée de qui vous savez, sur notre ami le sympathique Homme au Fromage (qui ne veut rien dire, rien du tout, nothing, nada), ou sur le fait que Chris Beck et les Four Star Mary apparaissent dans le rêve de Giles.
Ce qu'on sait moins, c'est que selon la rumeur de nombreux personnages récurrents de la série devaient apparaître dans l'épisode. Par exemple, la salle de classe du rêve de Willow devait mettre en scène Larry, Cordélia et Amy. Dans le rêve de Giles, c'est Jenny qui devait pousser la poussette vide à la place d'Olivia, ce qui explique qu'on la voit pleurer un peu plus tard dans la crypte. Enfin, c'est Faith qui annonçait l'arrivée de Dawn à la place de Tara dans la chambre, et c'est Angel qui prêtait sa voix à la Première Tueuse dans le désert.
Au final, seuls Oz, Harmony et Snyder font une apparition spéciale dans cet épisode.
Bien que beaucoup dénigrée, il est important de ne pas juger cette saison 4 en tant qu'un tout.
Oubliez donc le robot naze et le petit copain ridicule, et essayez plutôt de vous concentrer sur les nombreux épisodes indépendants qui, eux, sont très bons et méritent d'être vus et revus avec plaisir.
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