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SEMAINE BUFFY :
Nous ne pouvions pas laisser partir la série sans un dernier au revoir. Une semaine de bilans, et de tops, pour quitter Sunnydale tout en douceur...
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BUFFY, SAISON 6
"Oh, Grow Up!" par Joma
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Oyez ! Oyez braves gens ! C’est donc à moi qu’a échu (enfin échu c’est vite dit, on s’est empressé de me refiler le bébé. Merci Mister C) la lourde tache de vous parler de la controversée saison 6. Controversée car elle provoque autant d’antipathie que de plaisir suivant les fans.

Pourtant, qu’est-ce qui pourrait distinguer cette saison du reste de la série ?
Voyons déjà ce qui se passe derrière les caméras.
La série change de Network, passant de WB à UPN. Sur le fond cela ne change pas grand chose, même si la série bénéficie d’une certaine rallonge budgétaire. Sur la forme, la série se permettra une certaine liberté sur quelques points, les allusions sexuelles se feront plus explicites par exemple. On n’est plus sur la chaîne qui diffuse 7th Heaven/7 à la maison, et ça se sent.
Ensuite, Joss Wheddon se met légèrement en retrait, offrant à Marti Noxon, pilier de la série depuis la seconde saison (19 scripts pour ses quatre saisons de présence), le rôle de coproductrice exécutive en charge de mener à bien cette saison 6.
Bien, passons devant la caméra.
Là aussi quelques petits changements, Anthony Steward Head (Giles) décide pour des raisons personnelles de s’éloigner un peu du show et n’apparaîtra plus qu’en "Guest Star" sur seulement 8 épisodes. Si la perte d’un personnage principal se ressent forcément, cela reste dans le thème principal de cette saison.

Bon, ben, cette saison 6 la voici.
Après sa mort dans le final de la saison 5 (métaphore de la fin de l’adolescence ?), Buffy se voit ressusciter par Willow, arrachée du paradis ou enfin elle avait trouvé la paix, et se trouve replongée dans l’enfer de la vie sur terre. Devant affronter ses peurs, un trio de nerds qui a décidé de prendre le pouvoir à Sunnydale, et finalement sa meilleure amie quand un des membres du trio ouvrira la boite de pandore en tuant accidentellement Tara, faisant perdre tout contrôle à Willow qui cherchera d’abord à se venger du tueur, puis enfin du monde entier, quand après avoir dépecé le meurtrier de Tara, cela ne lui apportera aucun réconfort.

Ouf !
Comme à chaque fois, les scénaristes se sont trouvés dans l’obligation de donner un nouvel angle à la série. Le parti pris a été de continuer sur la lancée de la fin de la saison 5, en accentuant le côté "tout va mal" pour souligner le dur apprentissage du passage à l’âge adulte, grandir et savoir prendre ses responsabilité n’est jamais aisé.
La photo elle-même de la série à tendance à tirer sur le rouge, et les tenues de cuir, ou d’autres matières, de couleur noire, semblent fleurir à Sunnydale, renforçant encore le côté sombre des histoires.

J’ais donc dit controversée car à mon avis, il a 3 choses qui pourraient poser problème à la vision de cette saison.
Tout d’abord, le thème principal se rapproche de celui de la saison 4 : nouvelle vie, nouveau départ. Thème qui n’avait guère plu à l’époque, et ne doit certes pas beaucoup toucher la cible principale de la série que sont les ados. Ils ont autre chose à faire que de se passionner pour les déboires à répétition, très terre à terre, d’une super héroïne dépressive.
Pour montrer cette loi de Murphy qui s’acharne sur nos héros, le côté soap, qui a toujours existé, est largement accentué. Multipliant les intrigues parallèles pour chaque personnage principal. Histoires toutes plus ou moins déprimantes, qui pourraient amener un certain ennui si ont n’entre pas dans le ton ainsi imprimé.

Ainsi Buffy, ramenée d’entre les morts, traverse cette saison en se désintéressant de presque tout, passant le plus clair de la saison à se demander si ça vaut le coup de continuer.
Ne reprenant vie que dans les bras de Spike, l’utilisant comme un exutoire à son mal être. S’abandonnant dans une relation trouble, se basant plus sur une dépendance aux sensations, plutôt qu’aux sentiments. Ce qui nous donne en fin de saison, lorsque Buffy décide de se séparer de Spike, une allusion à la drogue qui semble beaucoup plus pertinente que celle de Willow et la magie ; mais on y reviendra.
On est désormais bien loin de la romance éternelle d’avec Angel qui faisait fantasmer les amateurs des premières saisons. Et ce n’est pas l’éphémère, et il faut le dire pas terrible, retour de Riley qui relancera le cœur de la tueuse. Au contraire, puisque cela mettra fin à sa relation avec le vampire, et mènera tout droit à la tentative de viol.
Car Spike est mauvais, autant nous que les scénaristes, l’avions oublié. Il faut bien avouer qu’il agit plus en humain qu’en monstre assoiffé de sang durant cette saison. D’accord la puce de l’initiative explique certaines choses mais pas tout, et comme cette saison aucune explication n’est donnée, le personnage perd un peu de sa force.
Muselé par l’Initiative dans la saison 4, amoureux de Buffy depuis la saison dernière, le vampire va donc avoir une partie de ce qu’il espérait : Il couchera bien avec la tueuse mais restera incapable de prendre son cœur, le négatif d’Angel en quelque sorte. Si l’amour rend aveugle, il peu aussi rendre fou, or il ne fait aucun doute que Spike est fou amoureux de Buffy. A trop vouloir croire qu’il peu la forcer à l’aimer, il tentera vraiment de la forcée, sans succès.
La prise de conscience de son acte agira comme un catalyseur pour Spike. Puisqu’il ne peu avoir Buffy par la force, le passif entre eux deux étant beaucoup trop lourd. Il tentera une autre approche en allant récupérer son âme (donnant ainsi à la série son seul cliffhanger inter saison). On a d’une certaine manière le passage à la l’âge adulte de Spike, en allant chercher son âme il fait le choix de changer et d’en assumer ainsi les conséquences.

Et puisqu’on vient à parler de Spike et de Buffy, deux des principaux persos, parlons de l'autre grande figure de cette saison : Willow Rosenberg.
La douce et tendre Willow est sans doute le personnage qui a le plus évolué dans la série, et cette saison 6 nous donne encore un aperçu d’une nouvelle facette de la personnalité de la sorcière.
Malheureusement, et c’est mon second point de friction, cela sera gâché par une orientation plus que discutable concernant la magie en milieu de saison. Voilà donc jetés aux orties quatre ans d’effort pour nous montrer que la magie c’est le pouvoir. Le pouvoir de faire le bien, en restaurant l’âme d’Angel par exemple, ou de se laisser dominer par lui et se faire corrompre en l’utilisant à mauvais escient ; comme en témoigne tout le début de la saison 6 jusqu’à "Wrecked (6x10)". Voilà l’épisode où tout bascule, quand on nous assène : la magie, c’est la drogue (et donc forcément son corollaire, la drogue c’est mal !). Montré, plutôt que suggéré, dans une métaphore grossière digne de "Beer bad (4x05)" (Marti qu’as-tu fais, bon dieu ?!).
Même si l’arc final recentre le sujet sur le pouvoir, aucune scène bien pensante sur la désintox de Willow ne nous sera épargnée.
Il y avait pourtant mieux à faire.
Depuis qu’elle utilise la magie, Willow n’a plus grand chose à voir avec la douce jeune fille du début. L’immense pouvoir magique qu’elle est capable de générer, et dont nous avons enfin un aperçu en fin de saison 5, semble déteindre sur sa personnalité. C’est elle de facto le leader qui dirige le scooby en l’absence de Buffy. Cette position lui donnant beaucoup plus d’assurance, trop peut être quand on voit la réflexion qu’elle se permet de faire à Giles après que celui-ci lui ait montré son irresponsabilité en ramenant Buffy dans "Flouded (6x04)" : "Vous avez raison, les magies que j’emploie sont très puissantes, je suis très puissante, et ce n’est peut-être pas une bonne idée de m’énerver".
Et surtout quand Tara dans "All the way (6x06)" lui demande si elle doit la fermer, Willow répondra par un cinglant : "C’est un bon début".
Cette colère et cette suffisance, ainsi que la culpabilité d’avoir ramené Buffy du Paradis, auraient dû être exploitées à fond. Il aurait sans doute été plus intéressant de montrer le glissement progressif de Willow vers le côté obscur de la magie, que sa plongée brutale suite au meurtre de Tara, même si celui-ci restera parmi les images choc de cette saison, le "your shirt" murmuré par Tara hantera encore longtemps mon esprit.
Mais surtout ce glissement progressif aurais permis l’élaboration d’un Big Bad sur toute la saison. Car oui, Willow est le méchant ultime de cette saison, écorchant Warren sans sourciller en prononçant un "bored now" qui nous renvoie avec délectation à la vampire Willow de "the wish (3x09)" et "Doppelgängland (3x16)", et en finissant par déclencher l’apocalypse pour en finir avec toute la peine du monde. Malheureusement, cela n’arrive, soudainement, qu’au 20éme épisode, un peu tard pour construire une mythologie.
Car ici apparaît le troisième problème, il n’y a aucune mythologie digne de ce nom, alors que c’est pourtant un des points forts de la série. Le Trio qui domine la saison, n’est là que pour offrir un dérivatif humoristique au malheur du scooby gang, en aucun cas nos trois nerds ne peuvent être pris pour des adversaires de taille face à Buffy.
Cette absence de menace surnaturelle permettant sans doute à Buffy, et aux autres, un peu plus d’introspection sur leurs problèmes quotidiens. Mais notre problème à nous téléspectateur, étant que sans grand méchant, on n’a pas de grande histoire.

Tiens, revenons à Buffy. Si les affaires de cœur de notre Tueuse ne vont pas forts, que dire de ses responsabilités d'adulte. Pour Buffy, ce n’est pas une sinécure.
Elle ne sait pas le plus souvent comment réagir, ou plutôt, elle ne sait que se reposer sur Giles lorsqu’il est là. Mais celui-ci conscient qu’il représente un frein pour l’épanouissement de sa protégée décidera finalement de partir, espérant qu’en coupant ce cordon ombilical, cela forcera Buffy à grandir et prendre enfin ses responsabilités. Peine perdue.
On peut presque faire le parallèle avec sa condition de tueuse. Buffy ne veut pas de ce rôle d’adulte qui lui est tombé dessus depuis la mort de sa mère, et elle pensait bien y avoir échappé dans "the Gift (5x22)". On sent bien que cette situation lui pèse, même si elle le cache derrière un masque de normalité. Il est d’ailleurs marrant de constater que dans "Gone (6x11)" lorsque Buffy n’est plus obligée de ce montrer comme la-petite-adulte-responsable puisqu’elle devient invisible, elle se lâche littéralement, se permettant des farces d’ados dignes du Trio.
Quant à sa relation avec ses amis et sa famille, rien n’ira comme il faut. Ne se sentant plus vraiment connecté à ce monde, elle est incapable de s’apercevoir des malheurs de sa sœur, qui se sentant abandonnée s’adonne à la kleptomanie.
Au passage, Michelle Trachtenberg n’a guère été gâtée par les scénaristes, son personnage traverse cette saison en pleurnichant tout du long, et voit ses problèmes réglés en un épisode avant l'arc final.
Quant aux membres du scooby, elle aura tendance à se détourner d’eux, les éloignant volontairement de ses états d’âme. Il y a d’ailleurs un manque de communication flagrant entre elle et eux, comme le lui reprochera amèrement Xander.

Ah Xander !
Lui aussi se retrouvera à des années lumières de ce qu’il était adolescent. C’est pour moi le personnage qui a le plus les pieds sur terre. Un boulot, une relation stable.
Mais la stabilité n’empêche pas les doutes. Plus que les autres, Xander est rempli d’incertitudes. Il doit faire face à ses nouvelles responsabilités de futur marié, sans les pouvoirs qui servent a ses amis de béquille lorsque tout va mal. Comme tout le monde il n’a aucune certitude sur sa vie future, si ce n’est la vision de sa famille.
Famille qu’il n’a de cesse de fuir pour ne pas lui ressembler. C’est pourtant cette vision familiale qui expliquera le fait qu’il plante Anya à l’autel. Ainsi son incapacité à voir sa famille autrement qu’un naufrage affectif causera la perte de son futur mariage. Et le rapprochera de son autre famille, celle du cœur, le scooby gang.

Et puisque j’en parle, et avant d’aller plus loin laissez-moi vous parler du second thème de la saison : La famille.
L’idée de famille est très présente cette saison, sans doute pas autant que pour la précédente, mais elle est là, en filigrane. Il ne fait aucun doute que le scooby gang est une famille. En tout cas, beaucoup plus que la famille traditionnelle dont le show ne renvoie pas une image flatteuse, que se soient les parents divorcés de Buffy, ceux absents de Willow, ou la famille aux dysfonctionnements certains de Xander.
Bien sur, il s’agit plus d’une famille de cœur comme celle de "Friends", que ce soit dans sa forme la plus simple : deux parents (Tara, Willow) et un enfant (Dawn) vivant sous le même toît, voir carrément communautaire au gré du passage des "invités" (Spike, Giles, etc…)
Il semble aussi que l’idée de divorce, après la rupture Tara/Willow, ainsi que ses conséquences comme la garde des enfants, ait effleurée les scénaristes, mais cela n’a pas été plus loin que le dialogue équivoque entre Dawn et Tara dans "smashed (6x09)", au moins ça n’a pas rajouté une nouvelle storyline.

Mais c’est pourtant ces liens familiaux qui sont à la base de tout.
C’est parce que Buffy les a oublié qu’elle se détache du monde.
C’est parce que Warren a brisé ceux de Willow qu’elle bascule vers le côté obscur.
C’est parce que Xander n’y croyait pas qu’il a foiré son mariage.
Mais c’est grâce à ces mêmes liens et à leur amour pour Willow que Xander, et Giles revenu d’Angleterre pour l’arrêter, la ramèneront vers la lumière.
C’est parce que Spike en a désespéramment besoin pour approcher celle qu’il aime, qu’il va se chercher une âme.
Et c’est parce que Buffy en voyant Dawn en danger en prendra conscience, qu’enfin elle changera sa manière d’appréhender le monde. Elle ne devra plus simplement être une sœur ou la sauveuse du monde, mais bien une mère, son discours de "Graves (6x22)" nous en fait bien prendre conscience. Car désormais c’est ce qu’elle devra devenir pour Dawn, pour la guider dans cette nouvelle vie, elle qui entrera au lycée et découvrira alors le nouveau monde que Buffy a connu il y 6 ans. La boucle est ainsi bouclée.

Il semble fastidieux de se pencher ainsi sur chaque personnage, mais il n’y avait pas une histoire, mais des histoires.
Et pour les contrebalancer, ont suit les péripéties humoristico-pathétiques du Trio. Trois adolescents attardés (qui sommeille en chacun de nous), dont les dialogues sont remplis de référence à la pop culture, et plus particulièrement à la SF et au fantastique. Ce qui nous gratifie de quelques dialogues ou scènes bien cultes.
Ceux-ci ne sont pas des inconnus, tout au moins deux d’entre eux, car Andrews Wells n’est que le frère de Tucker Wells qui élevait des chiens de l’enfer dans "the prom (3x20)" et accessoirement a perturbé la troupe de théâtre avec des singes volants. Evénement dont personne ne se rappelle vraiment, même pas les spectateurs, puisque non montré dans la série, tout comme Andrew qui fait là son apparition (et je ne connais personne qui s’en plaindrait), même si ce n’est pas la première fois que l’on voit Tom Lenk dans la série, puisqu’il était Cyrus de la bande de vampires d’Harmony dans "Real me (5x02)". Warren Meers à lui bien rencontré Buffy dans "I was made to love you (5x15)" où il s’était fabriqué une petite amie robotique, quant à Jonathan Levenson, il est présent depuis le début de la série, d’abord en tant que figurant , puis en tant que personnage à part entière dans "Earshot (3x18)" et "Superstar (4x17)".
Ils sont l’antithèse du scooby pour la saison, comme représentation de l’archétype même de l’adolescent. Ne pensant jamais aux conséquences de leurs agissements, agissant dans l’instant, l’insouciance personnifiée, et le dénis totale de leurs responsabilités. Utilisant leurs pouvoirs pour assouvir leurs fantasmes les plus vils : Filles, filles, filles… avec accessoirement quelques gadgets bien débiles…Ou bien cool, ça dépend des points de vue. Mais à force de croire que la vie n’est qu’un jeu, ils en oublient le sens des réalités, mettant des vies en danger dont la leur pour finir.
Néanmoins, jamais l’humour qui les caractérise ne les quittera, désamorçant le plus souvent la gravité des épisodes de la saison. Excepté pour Warren, clairement montré comme le plus violent après "Dead things".
Outre le Trio, la série n’oublie pas de se moquer d’elle-même et de se mettre en perspective, comme elle le fait depuis le début.
Que ce soit sur une réplique dans "Once more with feelings" : Dawn a des problèmes, on doit être mardi (mardi étant le jour de diffusion au USA), une scène comme dans la seconde partie de "Grave", lorsque Buffy et Giles partent en fou rire après que Buffy lui ait raconté tout ce qui c’est passé dans la saison. Ou carrément des épisodes avec "Tabula rasa (6x08)" auto parodie des idées de la série, ou "Normal Again (6x17)" qui remet en cause tout l’univers de Buffy, avec le postulat que tout ce que nous avons vu n’est que le délire d’une jeune fille à l’esprit malade interné en Hôpital psychiatrique. Voire même en offrant à Amber Benson ça seule place au générique dans l’épisode ou elle meurt.

Et puisqu’on parle d’épisodes, il m’est impossible de passer à côté du chef d’œuvre de la saison, j’ai nommer Once more with feelings, aka le musical, aka OMWF, aka once more.
Mais avant tout, je dois remonter le temps jusqu'à la saison 4, jusqu'à Restless. Car c’est dans cet épisode que tout à commencé. L’expérience positive de la chanson de Giles lors de son rêve, montrera à Joss Wheddon que ce type de chanson est possible dans Buffy, et qu’il est surtout capable d’en écrire. L’idée d’un épisode musical se développera tout doucement, et Joss passera à l’acte l’été suivant la saison 5 en écrivant paroles et musique ; bien sur, il faudra la réorchestration de son complice Christopher Beck pour finir le travail, mais tout est là. Le cast va alors passé plusieurs semaines à travailler chant et danse en préparation du tournage et de l’enregistrement des chansons. L’ambiance des comédies musicales des années 50/60 imprègne tout l’épisode et même le générique a été changé pour garder le ton.
Mais OMWF n’est pas qu’une réussite technique, même si l’apparition des camions de pompier au moment exact du "let it burn" dans "walk through the fire" a du représenté un beau défi. De plus, les chansons ne sont pas qu’un simple gadget pour frimer.
Non, "once more" est plus que ça, c’est la clé de cette saison. L’épisode des révélations, au même titre que "Hush" pour la saison 4. D’ailleurs il peut être vu comme l’équivalent et l’antithèse de "Hush". Comme lui, "once more" permet au scooby gang de vraiment communiquer, impossible de se cacher derrière un mensonge, puisque chaque chanson reflète vraiment les pensées du chanteur. L’antithèse, car la ou dans "Hush" on commence à communiquer dans le silence, dans "once more" on communique mais en chantant.
Mais là où "Hush" ne servait que de catalyseur once more va un peu plus loin.
"I’m under your spell" par exemple ne parle pas seulement de l’amour qu’a Tara pour Willow. La chanson peut aussi être comprise littéralement, surtout que l’on sait qu’effectivement Tara subis un charme de Willow qui lui a fait oublier une dispute, donnant au refrain un goût amer. Je suis sous l’effet de ton charme, rien que je ne puisse faire, tu as pris mon âme avec toi, ton charme à tellement bien marcher finalement j’ais su que tout ce dont j’ai rêvé était vrais.
Il paraît aussi évident, à contre coup, en écoutant "I’ll never tell" que jamais le mariage entre Anya et Xander ne pouvait marcher et que le désastre de "Hell’s bell (6x16)" était prévisible, trop de non dit entre eux deux ne pouvant amener que des catastrophes.
Dans "Rest in peace" Spike reconnaît lui que cela ne mène à rien d'être avec Buffy et qu’il en souffre plus qu’autre chose. Pourtant, il va s’acharner pour se rapprocher d’elle, augmentant sans aucun doute sa souffrance lorsqu’il se fera rejeter, avec les conséquences que l’on sait.
La reprise "under your spell/Standing" par Tara et Giles nous donne déjà la future direction des histoires pour Willow et Buffy, leur "rupture" respective étant inévitable.
Quant à "something to sing" c’est un résumer de la vie de Buffy, une grande claque pour ses amis qui réalise qu’ils ont fait une bourde monumentale, et en même temps, donne quelques indices pour la fin de saison. Buffy ira mieux quand elle cessera de se cacher derrière son masque de tueuse, mais ça, il faudra attendre l’épisode 22 pour qu’elle s’en aperçoive.

Voilà c’est fini.
Après tout ce que je viens de vous dire, vous attendez sans doute que je vous dise que la saison est indéfendable, tout juste sauvé par un épisode ; d’ailleurs même Joss Wheddon reconnaît que la saison 6 n’est pas au niveau. Et bien non, je ne peux pas.
Bien sur tout ce qui va suivre est purement subjectif.
J’aime, car malgré toutes les erreurs, la construction de la saison restent cohérentes, et que j’y trouve mon compte. Reprenons :
Même si la mythologie sur le big bad est inexistante, l’arrivée de Darkwillow n’a rien d’un hasard, tout ce qui touche au Trio est fait pour nous amener au moment où Warren tire sur Buffy et Tara. Toute la saison Warren tente de se construit un monde ou il est le roi, et Buffy cassera son jouet à chaque fois, il finira par perdre toute mesure. Et le fait qu’il utilise un revolver n’a rien d’innocent dans un pays où quasiment chaque famille à une arme à feu, et où des ados peuvent faire un carnage dans un lycée parce que la vie ne leur convient pas. Comme pour "The body" le monde surnaturel où évolue le scooby gang n’a rien à voir avec la mort d’un personnage, notre monde est définitivement plus dangereux que celui des vampires, démons et autres monstres.

Quand à Darkwillow ça reste un des big bad les plus intéressants de la série, car comme l’a dit conundrum hier, elle a un lien très fort avec Buffy et encore plus avec nous pauvres spectateurs, et ça nous touche. Et puis son traitement est là aussi intéressant. Ses motivations ne sont pas totalement égoïstes, c’est pour faire cesser toute les peines, y comprit la sienne, qu’elle sauvera la terre en la détruisant. Elle cherche bien à détruire le monde, mais, par exemple, contrairement à Angelus, qui le fait parce qu’il ne le supporte pas, ou Glory, qui veut ouvrir son portail sans penser aux conséquences, ses actes sont poussés par une certaine pitié (bien tordue je vous l’accorde) envers notre monde.
Et puis, ce n’est pas la force brute, représentée par Buffy, qui réussit à la vaincre, mes des sentiments. En clair pour certain cas, la violence ne résout pas tout, et il fallait oser pour le final remplacer Buffy the vampire slayer par Xander the witch–hunter.

Et puis faut avouer que tout ce qui touche au Trio me plit en deux, et le côté sombre ne me dérange pas. Faut croire que je ne dois pas respirer la joie de vivre. Non, plus sérieusement, le côté soap fait partie intégrante de mon plaisir à suivre la série. Je reviens chaque semaine car je retrouve des gens que j’apprécie et que je veux savoir ce qui va leur arriver.

Finalement, reste la relation Buffy/Spike. Pour une fois où une série dite d’ados ne nous balance pas un truc bien guimauve, je suis plutôt content. Certains ont pu trouver perturbant de voir l’héroïne de la série, manifestation du girl power qui caractérise la série, être sous une telle dépendance envers un homme… Enfin sa représentation. Mais justement, outre le fait que ça la rende quand même plus humaine, Buffy arrive à contrôler cette relation, elle trouve la force de dire non. La scène de la tentative de viol elle-même peut être vue comme un résumé de cette relation. Au début Buffy le repousse sans vraiment le vouloir, ça semble rester dans la limite de leur relation conflictuelle, c’est au moment ou il devient trop entreprenant qu’elle refuse et que ça enrage Spike, malgré le fait qu’elle semble perdre pied, c’est quand même Buffy qui se débarrasse du vampire, reprenant en main le cours de sa vie. L’honneur est sauf Buffy reste l’héroïne.

Je sais bien que tout ce que je viens de dire ne convaincra personne. Chacun à déjà son opinion sur cette saison, il n’empêche qu’il faut la voir comme un élément d’un tout. Quelque soit ce qu’on en pense, la saison a sa place dans la série, apportant sa pierre à l’édifice de la série.
Et puis, le cliffhanger final annonce une excellente saison 7, mais ça, c’est une autre histoire que Sullivan vous racontera demain.

 

 

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