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MA SAISON A MOI :
Tous les ans, les membres de la rédaction se réunissent autour du feu pour se raconter leur saison passée, à travers ses bonnes, ses mauvaises surprises, et ses grands moments. Ensuite, ils font brûler des marshmallows.
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| Saison 2003/2004
| - Ju | - Joma
| - Feyrtys | - Tonio
| - Oz | - Eclair
| - Hobbes | - Yaya
| - Phil | - Cyrille Ibergay
| - Nicolas Rizo
 

C’est assez vaste car je dois être le membre du forum qui regarde le plus de séries télés mais aussi celui qui participe le moins, par manque de temps et par manque de choses à dire sur la plupart des productions américaines.
C’est aussi vaste car une saison ne se limite pas à ce qu’on regarde à la télévision américaine, c’est aussi une multitude de séries que l’on voit en France ou en DVD et dont la vision simultanée enrichit la critique. Une saison c’est aussi une série d’évènements personnels qui, lorsqu’ils vous tombent dessus, vous permettent de mieux comprendre des fictions qui vous laissaient indifférents avant. C’est aussi une somme d’expériences fictives qui trouvent ( ou trouveront ) écho dans votre vie ( ou dans d’autres séries) et qui comme le dit Martin Winckler : « Nous aident à grandir ». Une saison aussi c’est l’histoire d’un pays qui s’écrit et se réécrit devant des millions de gens qui ne demandent qu’à passer le temps, et mine de rien , c’est bien plus riche que nombre de choses que l’on enseigne à nos chères têtes blondes…

Et c’est pour toutes ces raisons que je vais prendre mon temps pour vous décrire Ma Saison à Moi en long, en large et en travers , en abordant principalement les séries les plus dénigrées par les EDUSIENS ( groupe assez élitiste d’après certains ), dans le but avoué de vous faire découvrir des séries qui méritent bien plus d’attention.


CELLES DONT ON NE PARLE JAMAIS : LES PRODUCTIONS BRUCKAMACHIN

Cold Case :
C’est la nouvelle drama de l’année et tout le monde la dénigre car c’est un produit de l’usine à bruckamachin… Et c’est un grand tort, c’est encore une fois une drama de qualité, bien sûr toujours coulée dans un moule bien précis et qui à le malheur de réussir, au moins au niveau de l’audience . Je comprends mal les motivations de ceux qui critiquent son traitement visuel ou musical, la série est magnifiquement filmée malgré l’abus ( devenu classique ) de filtres qui donnent artificiellement une identité aux séries et je parle même pas du choix musical qui est PARFAIT ! Toutes les chansons Pop/Rock de la BO sont choisies avec parcimonie dans la production musicale de l’année où se passe l’évènement à l’origine de l’épisode, c’est ainsi que l’on retrouve, assez génialement il faut l’avouer, des chansons qui font resurgir des dizaines de souvenirs propres à une période donnée… Ce qui explique aussi pourquoi le public de la série est assez âgé, les scénarios remontant jusqu’aux années 40, les souvenirs ( et le sens critique ) sont plus nombreux pour les téléspectateurs ayant traversés plusieurs décennies ! Et puis quels scénarios ! On est complètement absorbé dans ces histoires abordant avec maestria l’arrivée du disco, les agressions homosexuelles des années 50, le racisme des années 40, les expérimentations validées par le gouvernement dans les orphelinats tout en s’attachant à une unique et même chose : les conséquences des actes sur les individus . Car Cold Case se rapproche de Without a Trace lors du traitement des victime/coupable, l’approche est très humaine et se focalise principalement sur la succession d’évènements qui sont à l’origine du drame . La série essaye de nous faire comprendre ce qui altère le jugement et qui change à tout jamais les individus. Mais Cold Case possède un avantage de poids : le temps ! Chaque épisode apporte son lot de personnages ravagés par des années de remords ou de chagrin, des gens à jamais changés par un drame irrésolu … Certains ont voulu oublier, d’autres sont devenus fous avant d’abréger leurs souffrances … Assez ironiquement bruckamachin est devenu célèbre en produisant des films d’actions tous plus idiots les uns que les autres, mais gagne une certaine aura ( au moins chez moi ) en produisant des séries télés où la réflexion psychologique est au centre de chaque scénario… Et puis la série est écrite/crée/produite par une majorité de femmes … on en déduit ce que l’on veut.


Without a Trace :
La série est encore plus intéressante que Cold Case et je me ferais un plaisir de vous dire pourquoi mais pour changer je vais vous décrire un épisode qui critique parfaitement la peine de mort, la coordination entre les différents services faisant régner l’ordre et la loi, et les sociétés qui font du Pro Bono pour la publicité, et le tout en 42 minutes !
Le père d’un condamné à mort disparaît deux jours avant l’exécution de son fils, nos enquêteurs essayent de comprendre pourquoi cet homme qui semble avoir trouver un moyen de sauver son fils s’est évaporé. Bien sûr ils arrivent assez vite à épingler les inconsistances du dossier ( un braquage de supérette lors duquel le vendeur et deux parents ont trouvés la mort devant les yeux de leur fille de 5 ans ) et remontent les différentes pistes qui pourraient aider à retrouver le papa disparu. Et assez vite le scénario se révèle être en béton et en profite pour lâcher des critiques sur la société judiciaire américaine : l’accusé est mal défendu par un avocat soucieux de la publicité que l’affaire apporte à son cabinet, et victime d’un DA qui a voulu trouver un coupable pour ce crime médiatique malgré les erreurs et oublis des policiers s’occupant de l’enquête… Car il s’avère que les témoins qui avaient vu s’échapper deux coupables ont été mis de côté, que le seul témoin confondant est l’auteur d’un crime similaire ( on a oublié de vérifier son passé ) et que le seul témoin oculaire de l’affaire n’a pas été interrogé car elle n’avais que 5 ans au moment des faits… Bien sûr la résolution est heureuse pour le disparu mais reste ouverte pour l’accusé, ayant avoué sa culpabilité pour un crime qu’il n’a pas commis ( afin que ses parents arrêtent de perdre leur temps à le sauver ) : il est dans de sales draps… Et c’est aussi pour cela que l’épisode frôle le génie lors de sa dernière minute : les cinq enquêteurs sont réunis dans le silence autour de leur téléphone pendant prés de 40 secondes avant que l'épisode se termine. Cette fin nous laisse seul avec notre avis, sans nous donner de réponses, signe d’une grande série qui cherche à rendre ses téléspectateurs moins cons après 42 minutes passées avec eux…

CSI :
Persuadé d’être le seul à regarder CSI à EDUSA, je peux bien vous raconter n’importe quoi sur la série ça ne changera ni votre vision sur la série, ni votre envie de regarder un nouvel épisode. Et puis je vous comprends, cette saison 4 est un peu moins riche que les saisons précédentes, certains acteurs secondaires ont été introduit assez sommairement et les anciens ont été très mal utilisés, les scénarios sont de moins en moins riches ( après 4 saisons de CSI ont commence un peu à être à cours de meurtres astucieux ) et la saison à souffert d’une mauvaise diffusion… Et oui car même si les épisodes sont toujours indépendants, les storylines qui courent sur toute la saison sont de plus en plus visibles et ont souffert de deux épisodes déprogrammés au dernier moment . Tout cela est assez ironique quand on sait que la série a sonné la ( malheureuse) fin des séries feuilletonantes ! Mais loin de moi l’idée de dire que CSI est morte ou devenu une daube, c’est toujours aussi intéressant ( peut être parce que ce que je fais la même chose au labo, je vous l’accorde ) et passionnant à regarder !

The Amazing Race :
J’entends déjà les quolibets : « ll est passé à l’ennemi, il regarde des merdes et pense que c’est l’avenir, prochain arrêt la Star Academy… » Mais je vous arrête de suite, The Amazing Race c’est, et je pèse mes mots, FABULEUX. Pour ceux qui ne connaissent pas c’est la carte au trésor de France 3 puissance 4 milliards : 11 équipes de 2 personnes, reliés par des liens forts ( c’est à dire qu’on puissent les voir à l’écran se marrer et s’engueuler toutes les heures ) vont parcourir le monde ( 50 000 miles par saison, une dizaine de pays ) et les deux gagnants empocheront un million de dollars. Ce qui est jouissif dans cette émission ( série ne s’applique pas et c’est assez logique ) c’est que ça utilise les travers de la REAL TV pour exister ( Bruckamachin à vendu le truc comme Survivor dans le monde ) mais que c’est tout autre chose : un jeu où l’intelligence, la gentillesse, la patience, la connaissance du monde, des cultures et des langues sont les seuls atouts pour gagner ! Tout le contraire de la Real TV où la bêtise et le mensonge sont les seuls moteurs émotionnels. Bien sûr chaque année on tape dans le facile : une équipe de jumeaux, un couple séparé, des mamans qui veulent prouver au monde qu’elles savent faire autres choses qu’élever leurs gamins, des tops models, des amis d’enfance ou de fac, bref le lot quotidien de chaque émission qui donne la chance aux gens d’avoir leur quart d’heure de gloire… Mais à la fin de chaque saison c’est bizarrement les amis qui se connaissent très bien, qui se lancent des vannes et s’aiment bien qui gagnent, les scénaristes ( et croyez moi, pour préparer un épisode il faut des scénaristes capable d’imaginer des épreuves propres à chaque région du monde ! ) n’auraient jamais pu imaginer meilleur moyen pour donner leur vision du couple. Je serais presque tenté de voir une métaphore dans le show : pour réussir dans la course ( la vie ) , il faut être deux ( un couple, quelque soit la nature du couple ), être à l’écoute de son coéquipier ( sa moitié ) et des autres équipes ( ses proches ) tout en sachant les écarter pour gagner ( pour ne pas être étouffé ), être intelligent, humble, et habile communicateur ( comme dans le vie , non ? ). Et si après vous me dites que c’est comme la StarAc , je vous éclate, ok ?


LES BOMBES DU CABLE

Elles sont tellement nombreuses que je ne sais pas par où commencer… Bien sûr le câble jouit d’une liberté de ton et profite d’un besoin d’audience plus faible pour développer des univers à l’opposé de ceux des networks, mais on est bien forcé de constater que ce n’est pas la seule raison qui explique ce succès critique et économique. Les dirigeants des chaînes câblés font généralement confiance à des auteurs reconnus, des maisons de productions avec de l’expérience et laissent carte blanche aux créateurs tout en leur donnant la certitude de pouvoir travailler dans la durée, soit tout le contraire de la politique des Networks.

Rescue me :
Le nouveau chef d’œuvre de Denis Leary, qui après avoir décrit à merveille les désillusions des policiers américains dans The Job, nous entraîne dans le monde très fermé des pompiers victimes du 11 Septembre. La série est la dernière survivante des dramedies où l’on rit autant qu’on pleure, où les 42 minutes de l’épisode sont une joie sans commune mesure avec le reste de la production télévisée , un peu comme Ed ou Once & Again. Une série où les blessures des personnages sont le moteur narratif de dizaines de storylines toutes reliées par un seul et même évènement : le 11 Septembre. Une série remplie de trouvailles géniales ( les échanges téléphoniques entre le héros et son père sont sous-titrés avec leurs vrais sentiments ), magnifiquement filmée ( le traitement visuel et le cadrage font pâlir tellement ils sont remplis de génie ), superbement écrite ( les dialogues regorgent de citations toutes plus drôles et dramatiques les unes que les autres ) et réaliste lorsqu’elle pointe du doigt le malheur et la douleur de ses personnages. Chaque épisode est un bonheur d’une rare intensité à la télévision et on est persuadé de voir une très grande série même aprés 6 épisodes ! Et c’est très largement la meilleure série de l’année toute chaînes confondues, la meilleure depuis…

Nip/Tuck :
Qui aurait cru qu’une série retraçant la vie superficielle de deux chirurgiens plastique pouvait en quelques épisodes devenir une très bonne série et lors de sa deuxième saison devenir une des plus grandes séries de la décennie ?
Bien sûr je m’emporte un peu et nombreux seront ceux qui me contrediront mais personne ne sort indemne de Nip/Tuck . La série est d’abord repoussante car elle montre en très gros plans des opérations, ER à coté c’est de la gnognote !
Elle choque ensuite en traitant de façon assez cru la vie sexuelle de chaque personnage . Et il y a à faire entre le père qui tombe amoureux d’une patiente et qui dit à son collègue «  I loved you the most »  avant de partouzer avec lui, la mère qui aimerait bien se taper son « study-partner » et qui couche avec le collègue de son mari, le fils amoureux d’une fille qui préfère les filles mais qui ne rechigne pas devant les partouzes, le fils qui va coucher avec le life coach de sa mère, et le collègue qui saute sur tout ce qui bouge malgré son âge, qui va au Sexoholics Anonymous pour faire l’amour, qui est amoureux de la femme de son meilleur ami, qui s’investit dans la vie de son fils avant de se le faire voler mais qui en échange gagne un autre fils… On nage en plein soap mais on est frappé par la maîtrise scénaristique de l’affaire : le sexe est utilisé avec intelligence pour rendre encore plus fort la présence de chaque personnage et pour dramatiser un peu plus les épisodes ( et pour exciter le spectateur mais c’est finalement peu quand on le compare aux autres enjeux ) . Chaque épisode devient très vite un roman à plusieurs niveaux de lecture .
Lors de la deuxième saison chaque épisode a un thème ( la crise de la quarantaine, l’orgasme féminin, la séparation du couple, la religion, la famille… ) qui se retrouve lors de l’opération ( un peu comme le mort de chaque épisode de Six Feet Under mais ici l’astuce est utilisée encore plus visiblement ) mais aussi dans les storylines de chaque personnage . Quelquefois des paroles anodines en début d’épisode peuvent avoir des significations multiples pour les personnages et les spectateurs tout en resurgissant à la fin d’un épisode dans un contexte totalement modifié.
Les dialogues, les acteurs, les scénarios sont d’une perfection qui fait souvent verser une larme et la critique du monde dans lequel évolue la série est d’une justesse rarement atteinte . Les patients de Troy/McNamara sont tous à la recherche d’une perfection impossible à atteindre, constamment relayée par les médias et rendu soi-disant accessible aux plus fortunés. En particulier une catégorie de la population devenue accro son image, excès symbolisé par un personnage qui se fait opérer tous les mois chez Troy/McNamara avant de mourir en tentant de se rendre plus belle pour son futur petit-fils… Une population qui essaye d’oublier la mort en conservant sa jeunesse, qui essaye d’améliorer sa vie à coups de bistouri plutôt que de changer/trouver/penser à ce qui les rends malheureux. Nip/Tuck est une magnifique série qui abuse de la superficialité pour la dénoncer, qui reflète les peurs d’une société (principalement la mort et le rejet ) dans la vie de ses deux personnages principaux qui sont réunis par un lien que tous leur patients recherchent . Bref Nip/Tuck est la meilleure série de l’année derniére et la meilleure depuis …

The Shield :
Et cette troisième saison est la meilleure de la série et fera taire tous les théoriciens du FLT qui clament que S3 rime avec descente aux enfers. Articulée autour de trois axes majeurs : l’argent volée aux arméniens, la recherche d’un serial killer et les conséquences d'un viol, la série va exploiter à merveille tout ce qu’elle a bâti en deux saisons. Chaque tension entre les personnages est un modèle d’étude psychologique, certaines scènes vont très loin lorsqu’elles montrent le désarroi que l’on peut tous ressentir lorsque nous sommes seuls ou mal entourés. Et le capitaine Aceveda s’est bien senti seul durant cette saison, tout comme Dutch abandonné par sa coéquipière, ou Vic encore plus incapable d’aider sa famille ou sa strike team. Et encore plus nombreux ont été les personnages qui ont perdu leurs illusions, à l’image de la strike team qui s’effondre, de Redneck qui se marie avec la pire des connes, d’Aceveda qui voit le vrai visage de sa femme, de Vic lâché par tous et qui trouve un peu de réconfort dans les bras d’une collègue incapable de larguer son ex… Une saison menée de mains de maîtres qui transcende les frontières du Cop Show classique et qui fera date dans l’histoire du câble américain tout comme dans la mémoire de ceux qui la regardent .

Dead Like Me 
Difficile de parler d’une série qui pour parler de la vie, parle des morts. Une série qui abuse de la vision naïve de la vie de son héroïne pour pouvoir toucher les spectateur . Une série qui à chaque épisode nous fait comprendre la fragilité de la vie et des rapports humains, qui nous rappelle notre dernière échéance pour mieux nous faire vivre ce qui la précède, tout cela en étant drôle, sensible et interprété avec brio par un groupe d’acteurs presque inconnus. Presque car à la tête de cette macabre équipe on retrouve le plus fascinant des acteur américain : Mandy Patinkin qui, malgré de vilains gilets en laine, éclaire toutes les scénes de son talent.
Et la série ne se contente pas de critiquer la bêtise des rapports humains, elle critique aussi la vie de bureau ( on pourrait même dire la vie professionnelle tellement les problèmes de notre pervenche sont présents, au même titre que le chômage choisi par les autres personnages ). Ces scènes sont d’une cruauté assez étonnante et rythment les occupations extra-professionnelles des personnages, peut-être pour nous montrer que faire passer son travail en premier est la plus grande des erreurs.

Monk 
Après avoir vu le début de la saison 3 on est tout triste d’avouer que cette fournée est très largement inférieure aux précédentes saisons. Certains épisodes sont géniaux mais il manque l’ingéniosité du crime qui fait réfléchir notre TOCé préféré . Peut être sommes-nous devenus habitués à ses excès, ce qui le rend presque normal et acerbe notre sens critique. Le début de la saison 2 était parfait, la fin de la S2 déjà moins bien et avec le départ de Sharona on peut largement s’interroger sur l’avenir artistique de la série… Heureusement la série fait de très bonnes audiences donc on peut encore espérer que The MONK puisse redevenir aussi bien qu’avant, Chance que n’as pas eu …

Touching Evil 
Autre cop show génial, preuve que l’adaptation d’une série anglaise peut être de qualité même en l’adaptant aux contraintes américaines. La série gagne énormément avec un cast quasi parfait, Creegan est l’enquêteur le plus intéressant depuis Monk, lui aussi partagé entre ses souvenirs familiaux et ses devoirs, partagé entre ses sentiments d’avant et ceux d’aujourd’hui, mais toujours avec une fausse naïveté le rend fascinant. Fascinant pour les spectateurs mais aussi pour sa partenaire, toute aussi parfaite dans son rôle de contre poids à la folie de Creegan. Les 13 épisodes de la série sont très noirs, très inquiétants et peu optimistes sur la nature humaine mais ils sont tous captivants du début à la fin, tous reliés par la vie de Creegan, faisant tous naître nombres de questions sur la vie de chaque personnage sans pour autant faire un roman dessus ( souvent un acteur regardant une photo pendant 10 secondes suffit à lever ces questions ! ) Et puis la série se termine sur une note presque heureuse où nos deux personnages se rapprochent autant qu’ils le peuvent, dans un plan de toute beauté. Même si nous sommes tous déçus par son annulation, la série peut se targuer d’avoir réussi ce que peu de téléfictions peuvent afficher à leur palmarès : une saison magistrale.

Significant others, Tripping the rift, Penn & Tyler : Bullshit !, Chappelle’s Show, Curb your enthusiasm, Real time with Bill Maher :
Toutes ces séries sont très différentes mais ont plusieurs points communs : elles sont drôles, bien écrites, font réfléchir les spectateurs et sont toutes diffusées sur le câble !
Certaines ne sont pas des fictions ( Penn & Tyler : Bullshit ! et Real time with Bill Maher ) mais sont à l’image de ce que la télé doit être, un lieu où la réflexion et la discussion prime sur le spectaculaire. Ces émissions sont très proches de notre Arrêt sur Image car elles prennent du temps pour dénoncer ce qui ne va pas. Si cette dernière dénonce les travers de la télévision, Penn & Tyler s’attaquent à tout ( l’industrie de la mort ou du sexe, la voyance, le recyclage, les programmes en 12 étapes… ) et Bill Maher prend un malin plaisir à se concentrer sur la politique et la culture médiatique. Et ces deux séries sont primordiales dans ma saison car ce sont elles qui font le trait d’union entre les autres séries et l’actualité américaine !
D’autres creusent dans des sentiers abandonnés par les networks : l’animation, la science fiction et le sketch show. Tripping the Rift est un mariage hasardeux entre l’animation et la science fiction mais s’avère très drôle, souvent en utilisant des propos et des dessins inutilisables par Futurama , bridé par la FOX. Quant aux aventures de Dave Chappelle , c’est probablement la demi-heure la plus drôle sur Comedie Central même si, il faut l’avouer, la plupart des fous rires sont motivés par des vannes racistes et du Pipi/Caca que les Nuls n’auraient pas renier. Mais comme c’est bon on en redemande.
Les deux restantes (Curb Your Enthusiasm & Significant Others ) sont des OVNIS . Ce sont des séries où presque tout est improvisé, seul le sens général des scènes est donné aux acteurs. Et pourtant ce manque d’écriture ( qui à mon goût est largement exagéré ) est à l’origine de deux séries extrêmement riches critiquant l'hypocrisie des relations humaines. Deux petits bijoux très drôles et qui en une demi-heure vous font préférer votre vie à celle des autres !


LES SERIES DES NETWORKS

Une fois qu’on a abordé les meilleures séries il nous reste les autres…

The OC, Arrested Development, Joan Of Arcadia, Tru Calling :
A mon avis ce que la saison nous a amené de meilleur avec Cold Case, bien sûr tout n’est pas du même niveau.
Arrested Development est une sitcom de génie, à l’écriture parfaite et qui se termine par une révélation qui me fait encore rire ! Et puis comme tout le monde en a parlé je passe à la suite.
Joan of Arcadia a le malheur d’intégrer Dieu comme personnage principal et ça agace certain, mais là où la série tire son épingle du jeu c’est lorsqu’elle traite des rapports humains, de l’adolescence et de la façon dont chacun peut facilement améliorer sa vie et celle des autres, tout le contraire de Nip/Tuck finalement. Mais oui ça parle de religion et de spiritualité, mais pas comme on pense qu’une série CBS va le faire, juste pour montrer à quoi sert la religion : rassurer les gens qui en ont besoin ! Et au fait, le season finale change toute la perception de la série et vous, détracteurs, ne serez pas déçus.
Tru Calling est la dernière série fantastique du Prime Time US, bien sûr ce n’est pas parfait mais ça reste un très bon divertissement qui se paye le luxe de traiter des conséquences des actes de chacun sous couvert d’astuce scénaristique. Bien sûr la plupart des EDUSIEN n’y voit qu’un gâchis pour le Buffyverse, une perte de temps pour ceux qui la regardent, mais pour moi c’est une des séries que j’ai préféré cette année même si les scénarios semblent recopiés sur des dizaines d’autres séries et que certains acteurs ressemblent à des cafetières…
Quant à The OC ça me rappelle certaines choses… Les soirs où tu dragues une fille comme ça ( ou que tu continues de regarder une série un peu con ) avant de t’apercevoir que la fille est vraiment belle (comme toutes les filles du cast ), intelligente ( comme Adam Brody et les scénaristes ) et que tu passes du bon temps avec elle. Bien sûr certaines de ses amies sont des boulets ( le reste du cast masculin de moins de trente ans ) mais comme sa famille est sympa ( le cast de plus de trente ans ) tu la gardes au chaud et tu attends avec impatience de la voir. The OC ou la grande métaphore de la vie !

Everybody loves Raymond, The King of Queens, Two and a half men, Grounded for Life :
Je sais que j’aurai du mal à vous convaincre de la qualité de certaines sitcoms CBS mais il faut tenter le coup.
Everybody loves Raymond est une sitcom familiale où le seul sujet d’un épisode peut être une remarque sur un autre personnage. On pourrait penser que c’est peu de chose alors que, comme dans Seinfeld, la série fait énormément à partir de rien. Et la dernière saison est encore plus drôle ( oui , drôle ! ) que les précédentes en utilisant juste quelques personnages qui ne font rien d’autre qu’essayer de contrôler la vie des autres. Et la saison est délicieuse quand elle dépeint des scènes qui sentent la vérité ( en tout cas se rapprochent de ma réalité quotidienne ) et c’est peut être la seule force de Raymond , arriver à jouer sur les souvenirs de vie familiale des spectateurs. C'est aussi la raison pour laquelle les jeunes n’ont que faire de cette série old school.
The King of Queens , c’est tout autre chose . C’est la description de la bêtise quotidienne de l’américain sauvé de la pauvreté par sa femme , des vannes très méchantes qui souvent ricochent sur la carapace de crétinerie des personnages, des épisodes centrés sur la possibilité d’avoir une femme à chaque étage ( une pour le sexe, l’autre pour la nourriture ). C’est souvent bête mais aussi très drôle alors on pardonne facilement la loudeur de certains épisodes.
Two and a half men c’est la série qui demande le plus de courage . Les sept premiers épisodes sont mauvais à vous faire pleurer, après la saison s'améliore grâce à Charlie Sheen qui s’accapare la vedette. En s’impliquant réellement dans la vie de son neveu et en lui expliquant les rudiments de la vie masculine. La série commence vraiment à gagner en intérêt lorsque d’autres personnages sont introduits ( la femme de ménage, la grand-mère ) et d’autres oubliés ( la voisine ). La deuxième meilleure nouvelle sitcom de l’année après Arrested Development même si personne ne va me croire…
Grounded for life a la chance de ne pas être diffusée par CBS mais je ne sais pas si être un fleuron de la WB est vraiment plus valorisant. Et pourtant la série reste drôle même si le concept qui a rendu sa première saison génial est peu à peu abandonné. La saison a aussi eu la chance d’avoir presque trente épisodes ce qui permet aux plus mauvais de passer inapercu. Par contre on peut regretter que les personnages se soient pour la plupart assagis et aient arrêté de picoler… C’est aussi dommage que le grand-père ait disparu une bonne partie de la saison pour aller jouer dans Married with the Kellys et que la plupart des épisodes de la saison aient été mélangés avec les épisodes non diffusés de S3 mais ça reste de très bonne facture et surtout , c’est hilarant !

CELLES QUI SONT PARTIES

Friends 
Dix ans pour ça … Une dernière saison à peine drôle, qui joue sur ce qui lui reste ( la bêtise de Joey ) et qui trouve le moyen de faire un clip show dans une saison de 18 épisodes. Dernière fournée d’épisodes qui signe bien la descente aux enfers de la série, tout le contraire de …

Frasier 
Une dernière saison en apothéose, drôle à en pleurer, émouvante et toujours aussi théâtrale, donnant une vrai conclusion à tous ses personnages et une note d’espoir pour son héros principal. Et le tout se termine par un épisode d’une heure d’une perfection exquise, qui nous rappelle les onze ans passés avec les Crane avec une petite larme à l’œil. Et puis je ne parle même pas du plaisir de voir LaPaglia surgir comme au théâtre alors que sa série passe juste après sur la chaîne concurrente !

The Practice 
Après 7 ans de recyclage de scénarios et d’utilisation de mauvais personnages secondaires, Kelley fait le ménage et recentre la série sur un total inconnu : Alan Shore (excellent James Spader) . Et mon dieu que c’est bien, la série n’a jamais été aussi captivante depuis ses deux premières saisons et le mystère entourant ce personnage donne un nouveau souffle à la série. Dernier souffle en fait car Spader bouffe tout sur son passage, écrasant tous les autres personnages et poussant la série à sa perte au point que les cinq derniers épisodes de la série ne soient qu’un énorme backdoor pilot pour sa nouvelle série ( Boston Legal, Spin Off de The Practice ). Et la série s’en va en laissant un goût amer dans la bouche de ses fans de la première heure car après huit ans passé à suivre la série, le series finale n’accorde pas plus de quinze minutes aux nouvelles carrières des cadres de l’office, tout le reste étant dédié à Spader et son nouveau cabinet. Fin très triste pour une série qui avait ramassé toutes les louanges de la profession lors de ses deux premières saisons.

Boston Public 
Je m’étais habitué à ce que chaque nouvelle saison soit plus mauvaise que la précédente, mais je n’étais pas près à arrêter de suivre cette série qui survivait sur de très beaux restes. La saison avait assez bien commencé, les nouveaux personnages semblaient intéressants, les scénarios partaient dans la bonne route mais la Fox a choisi de l’enterrer le vendredi. Bien fait pour eux maintenant ils n’ont rien pour la remplacer que ce soit le lundi ou le vendredi !

Miss Match, Line of Fire, Wonderfalls, Karen Sisco, Jake 2.0, LA Dragnet
Toutes ces séries ont la particularité d’avoir été tuées dans l’œuf après quelques épisodes très prometteurs car elles ne rassemblaient pas assez de téléspectateurs, souvent à cause d’une très mauvaise programmation. Et pourtant il y avait du bon voir même du génie ( dans Wonderfalls et Line of Fire ). Certaines étaient un peu trop formatées pour réussir comme LA Dragnet, un peu trop légères comme Jake 2.0, un peu trop féminines, romantiques ou poétiques ( Miss Match, Wonderfalls, Karen Sisco ) ; mais toutes méritaient plus d’épisodes pour raconter leurs histoires . Et bien sûr dés leur annulation des programmes de Real TV qui ne coûtent rien à produire fleurissent dans les cases laissées vacantes par ces séries avortées…


CELLES QUI SONT TOUJOURS LA... ET QUI DEVRAIENT PENSER A LA RETRAITE!

ER, The West Wing, Third Watch :
Si les dramas supervisées par Wells sont toujours passionnantes à regarder, elles ont énormément perdues de leur sublime ! ER souffre de son cast en constante expansion qui noie les bonnes recrues au milieux des boulets, TWW a abandonné l’idée de faire de la politique depuis que Sorkin a quitté le navire et se transforme semaine après semaine en soap à la Maison blanche, et Third Watch est devenue un simple cop show feuilletonnant. Je regarde toujours avec beaucoup de plaisir mais aussi de regret quand je me rappelle les frissons lorsque je regardais les premières saisons de ces trois séries…

That ‘70s show, Malcolm in the Middle, The Bernie Mac Show, The Simpsons, Will & Grace :
Quand aux sitcoms de la FOX ce n’est pas plus glorieux, elles sont toutes devenues l’ombre de leur premières saisons et n’apportent que peu de rires lors de 21 minutes qui sont souvent très très longues. Allez , ça se passera mieux l’année prochaine .

24, Alias, Smallville :
Un mélange de bêtise et d’ignorance a dû frapper les scénaristes de ces trois séries lors de l’écriture de leur troisième saison. J’ai beaucoup aimé la saison de 24 mais c’est tiré par les cheveux et souvent à deux doigts d’être ridicule. Frontière qu’Alias et Smallville ont traversé lors de leur premiers épisodes alors on s ‘étonne forcément moins. Cette saison d’Alias a plutôt bien commencé ( malgré une résolution de cliffhanger pitoyable ) avant de se noyer dans un puit sans fond, et les scénaristes sont devenus vachement copains avec ceux de Smallville ( qui habitent depuis très longtemps dans le même puit ) qui n’ont réussi à pondre qu’un seul bon épisode cette année, une histoire qui bien sûr se passe dans le passé …


MES ACTEURS PREFERES

Tous les acteurs américains sauf la majorité du cast d’ALIAS…


MES CITATIONS PREFEREES

The OC 
"Seth :When you lost your virginity, I was playing Magic : The Gathering
Ryan : You're still playing Magic : The Gathering !
Seth: Not as much ! "

“ Who are you calling a bitch ? bitch ! “

“Summer : I'm busy studying...naked !!
Seth : And that’s supposed to keep me away ? “


Wonderfalls
“ I'm done fighting. From now on, I'm Fate's bitch.”


Nip/Tuck
“ Let’s go build a clitoris”


Rescue Me
“ Donald trump is gay ? “

“Being gay could be great : if your guy loves sports, it’s all about ballgames and blowjobs ! “

“ I was at your baptism and I didn’t drown you , so think about who owns who !”

“ You know that thing I’ve said I don’t like ? I’ll let you do it !”

“ – You let him finish the nutjob ?
- The guy was giving me a blowjob, I didn’t want to be rude ! “

 

 
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