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MA SAISON A MOI :
Tous les ans, les membres de la rédaction se réunissent autour du feu pour se raconter leur saison passée, à travers ses bonnes, ses mauvaises surprises, et ses grands moments. Ensuite, ils font brûler des marshmallows.
)
| Saison 2004/2005
| - Conundrum | - Joma
| - Ju | - Sullivan
| - Nasnet | - Yaya
| - Cicéron | - Tonio
| - Oz | - Hobbes
| - Feyrtys | - Eclair
| - Phil | - Jéjé
| - Lyssa | - Anthony
 

Cette année, j'ai décidé de :
- ne pas m'embêter à essayer de retenir les meilleures citations de la saison, je n'y arrive jamais de toute façon,
- ne pas m'embêter à faire les meilleurs acteurs de la saison, parce qu'ils seraient trop nombreux et que j'ai pas le temps,
- ne pas m'embêter à faire les meilleurs moments de la saison, parce que je n'ai pas de mémoire.

Voici donc en vrac mes impressions sur quelques séries vues cette année. Je n'ai pas cherché à être exhaustif, simplement à attirer votre attention sur quelques productions, plus ou moins réussies, qui auront réussies à me faire rester jusqu'au bout.

 

MA SERIE CHOUCHOU  :

Gilmore Girls
Après 5 années, Gilmore Girls réussit l'exploit de nous livrer une de ses saisons les plus abouties (même si, à titre personnel, j'avoue toujours un penchant pour la troisième). Lauren Graham est resplendissante dans le rôle d'une Lorelai enfin épanouie aux côtés de Luke tandis qu'Alexis Bledel réussit de mieux en mieux à interpréter Rory dans ce qui apparaît comme la description d'une douloureuse séparation entre la mère et la famille. Le dernier plan de la saison avec les deux réunies est extraordinaire à ce propos… et la scène finale ultra attendue correspond parfaitement à l'esprit Gilmore. Un régal de grâce et d'humour, comme chaque année.

 

ON NE L'ATTENDAIT PLUS  :

The West Wing
En fait, cela faisait longtemps que j'avais arrêté de regarder l'extraordinaire voyage du président Bartlett à la découverte de la realpolitik. Après une saison totalement désastreuse, j'étais curieux de voir si John Wells réussirait enfin à ne pas faire du sous Aaron Sorkin et à trouver une impulsion nouvelle pour The West Wing 2.0 de l'année prochaine.
Après un début de saison quelque peu poussif (et totalement fantasmatique), force est de constater que cette année de transition est une des plus excitantes de la série à mon sens. Certes, les épisodes situés à la Maison Blanche sont un peu rébarbatifs par moments mais les histoires de campagne sont tellement excitantes à suivre qu'on gomme volontiers ces quelques défauts pour se laisser emporter par cette plongée documentarisante dans l'univers grisant des spin doctors, qui font et défont la vie politique américaine.
La conclusion s'impose facilement : vivement que le vieux Bartlett soit remplacé par un des fougueux candidats au boulot de dans un an (et peu importe qu'il soit démocrate ou républicain !).

 

LA SF, Y'A QUE CA DE VRAI  :

Battlestar Galactica
Je fais partie de ceux qui avaient apprécié la mini-série sans retenue, sans chercher des poux dans la tête d'une première partie soi-disant plus lente. Vous imaginez bien que j'aurais aujourd'hui du mal à ne pas apprécier la splendide première saison du remake de Galactica. Il y a une tension extraordinaire dans cette production, une capacité des scénaristes à matérialiser en quelques scènes les principaux enjeux de l'épisode, une interprétation solide… Bref, il s'agit d'une grande série de science-fiction.
Et puis, rien que pour le générique, il faut regarder Battlestar Galactica  !


Doctor Who
Un autre monument de SF relancé cette saison, et quelle réussite ! Je n'avais jamais eu le courage de m'attaquer à une intégrale Doctor Who jusqu'à présent ; il faut dire qu'avec 700 épisodes au compteur, ça a de quoi rafraîchir les ardeurs… Et bien le relaunch de cette année m'a enfin donné la motivation nécessaire pour tenter le coup et m'attaquer à cette institution britannique. C'est dire la force de persuasion des 13 épisodes de cette nouvelle version, très intelligente et rythmée et dont le développement thématique continu est une des plus belles réussites du genre.
J'en profite pour conseiller de regarder Doctor Who Confidential par la même occasion, une série documentaire en 13 épisodes qui vous présente les principaux points de l'univers du Docteur. Indispensable si vous désirez vous y repérer facilement dans cette mythologie foisonnante.

Sinon, une pensée émue pour Enterprise qui se retire… enfin, serait-on tenté de dire.

 

PUTAIN, 30 ANS  :

Saturday Night Live
Ca n'a peut être plus la force comique d'il y a 15 ou 20 ans mais ça réserve toujours son lot de bonnes surprises et il faut toujours regarder avec beaucoup d'attention les émissions humoristiques lors des périodes d'élection (comme cette année…). La trentième saison du SNL n'était donc à manquer sous aucun prétexte… d'autant plus lorsque une petite starlette se plante en direct au moment d'interpréter sa chanson avec le plus merveilleux play-back de l'histoire de la télévision. Ca ne se voulait pas drôle à la base, mais c'est finalement un moment extraordinaire.

 

CELUI QUI SE PRENOMMAIT DREW  :

Whose Line Is It Anyway ? / Drew Carey's Green Screen
Il n'est pas sûr qu'on retrouve beaucoup d'improvisation ces prochains temps à la télévision, donc je profite de ma saison à moi pour rendre un dernier hommage à Drew Carey, le Pape du genre.
La dernière saison de Whose Line a été diffusée en catimini sur ABC Family, tandis que Green Screen n'a eu droit qu'à 5 ridicules apparitions sur la WB mais ces émissions resteront comme un théâtre de l'absurde indispensable à une télévision de qualité. Cette mode est passée mais j'espère que vous serez aujourd'hui nombreux à avoir la curiosité d'y jeter un œil.

 

CELUI QU'ON ESPERAIT NE PLUS VOIR REVENIR  :

Presidential 2004
Avec l'abondante campagne pro-Kerry dans nos vieux pays d'un vieux continent (qui ne servait pas à grand-chose : je rappelle que les européens ne votent –encore- pas lors des élections américaines), lorsque G W Bush a été réélu le choc a été rude pour nombre de personnes.
Pourtant, si nos spécialistes s'étaient penchés plus avant sur ce qu'il se passait à la télévision américaine lors de la campagne, la surprise aurait été moins énorme… au point de ne plus être du tout une surprise. On a beau s'appeler Jon Stewart ou Bill Maher, difficile de rivaliser avec la machine de guerre du GOP et ça, ça ne date pas d'aujourd'hui. Toujours est-il que les présidentielles 2004 furent passionnantes à suivre, tant par les débats entre candidats (plus sur la forme que sur le fond, où ils n'avaient semble-t-il rien à dire) que par les émissions spéciales et la formidable orchestration de l'actualité par les rédactions (adieu à la réputation de 60 Minutes  !). Un modèle d'élection médiatique et non plus politique qui provoquait un sentiment d'étouffement extraordinaire. A méditer pour la suite des événements (parce que le petit Nicolas, futur président de la république, il a tout bien intégré lui !).

 

LES VRAIS FAUX EVENEMENTS DE L'ANNE :

Lost
ZZZzzzzzz… Qu'est-ce que je me suis embêté ! C'est incroyable de réussir à faire chier son téléspectateur au bout d'une poignée d'épisodes sur un sujet aussi excitant.
J'ai l'impression que, pour moi, JJ restera à jamais le créateur de Felicity , et c'est déjà très bien finalement. Non, mais franchement : les sangliers, ils sont passés où ? Ils les ont tous mangé au bout de trois jours ?


Desperate Housewives
Pas de doute, c'est très sympa, même si ça peine un peu en milieu de saison (mais bon, avec des saisons aussi longues, ça n'est même pas étonnant). Les actrices sont biens, les intrigues amusantes, la musique rigolote. J'aime pas trop le générique, mais c'est pas très grave parce qu'il est tout de même mieux que le cauchemar que constitue celui de Grey's Anatomy .
La bonne nouvelle en fait, c'est que ça marche si bien niveau audience. Avec un peu de chance, ça ouvrira la porte des networks pour d'autres idées toutes aussi particulières à la base.


Grey's Anatomy
Tout le monde s'excite sur cette série, sauf Conundrum. Et bien, une nouvelle fois, je vais rejoindre l'avis de mon beau-père : Grey's Anatomy , c'est nul. Déjà, le générique est horrible, et ça, ça aide jamais à rentrer dans la série. Mais surtout, c'est du déjà-vu, et en mieux.
Allez, je ressors mes VHS de Gideon's Crossing, au moins il y a André Braugher dedans…

 

LES VRAIES REUSSITES DE LA SAISON  :

Veronica Mars
A long time ago… Rien que le générique nous garantit un petit bijou. Je ne vais pas insister outre mesure, d'autres le feront bien mieux que moi. Simplement insister sur le fait que cette production n'est pas à prendre pour ce qu'elle n'est pas : ce n'est pas une production HBO, ce n'est pas le successeur de Buffy, ce n'est pas la série qui offrira une suite à Twin Peaks, ce n'est pas une révolution formelle… Non, c'est simplement une série totalement décomplexée, qui joue avec ses téléspectateurs, ses personnages et ses nombreuses références sans jamais nous prendre pour plus bêtes que nous ne sommes. Il ne faut pas s'attendre à une série qui changera votre vision du monde mais simplement à une production qui vous offrira une heure de divertissement intelligent et bien écrit. Et ça, c'est déjà beaucoup.


House
Monk appliqué à la médecine. C'est rafraîchissant à défaut d'être très original, puisque sur la forme, ça demeure un whodunit assez classique (on chasse le microbe et non une personne, mais ça reste un meurtrier). La personnalité du docteur House est pour beaucoup dans le succès de la série, mais il est parfaitement épaulé par des seconds rôles bien caractérisés (à commencer par ses trois assistants souffre-douleur).
Comme Monk, on peut être à peu près certain que la qualité demeurera relativement stable d'une saison à l'autre, ce qui est toujours agréable à savoir lorsqu'on démarre une nouvelle année télé…Donc même si vous n'avez pas vu la saison 1, lancez vous avec la saison 2, vous ne le regretterez pas (et vous aurez vite fait de vous remettre à jour des intrigues feuilletonnantes) !


Law And Order : Trial By Jury
Le spin-off absolu. La quintessence de l'univers Law And Order. Et ces cons de NBC qui annulent la série après treize petits épisodes.
Je vois pas ce que je pourrais dire d'autre en fait. Ils auraient pu virer Criminal Intent et ce déjanté de D'Onofrio ou Special Victims Unit et ses sordides histoires d'éjaculation précoce mais non, il a fallu qu'on nous enlève le spin-off qui réussissait à être meilleur que la série mère.
Non seulement c'est une des vraies réussites de la saison, mais c'est aussi un des pires ratages en terme de déprogrammation de la part de NBC. La vie est dure parfois.

 

LA SERIE QU'IL Y A PLUS QUE JOMA ET MOI QUI AIMONS  :

The OC
Puisqu'on vous dit que c'est un soap bordel !!! Exactement comme l'an dernier, ils expérimentent toutes les combinaisons possibles et c'est cool. Il y a certaines histoires très prévisibles, mais les dialogues sont toujours savoureux et les personnalités évoluent dans tous les sens… Logique pour un prime time soap en fait.
Vous vous souvenez d'Oliver ? Mais si, le gars qui nous avait tant fait chier en saison 1… ben là, pareil, Oliver de la saison 2, c'est la boite de nuit toute pourrie qui casse le rythme d'une partie de la saison. Mais l'ensemble reste fidèle à ce qu'on a vu l'an dernier, je vous assure : C'est la concurrence plus forte qui vous fait perdre vos repère, voila tout.

 

LES GROS DELIRES  :

Sailor Moon Live
Je n'aime pas du tout le dessin animé Sailor Moon. Je sais pas pourquoi, je n'y suis jamais arrivé… Pourtant, j'en ai regardé de l'animation quand j'étais môme (je garde un souvenir ému du jour où j'ai enfin compris ce qu'il se passait dans Ranma ½), mais rien à faire : les aventures d'une blonde qui se déguise en marin pour en appeler à la lune, tout ça avec un chat qui parle, c'était trop pour moi.
Ceci étant dit, j'avoue humblement que quand j'ai appris qu'une version live (avec de vrais humains qui parlent, en chair et en os !) avait été produite, je me suis jeté dessus goulûment. Je n'ai pas été déçu : les effets spéciaux sont foireux, les acteurs catastrophiques, les histoires du grand n'importe quoi… C'est ainsi assez jouissif dans son genre très spécial et il faut y aller avec un état d'esprit bien particulier pour l'apprécier pleinement. Soit vous êtes d'accord pour voir une demi-heure nonsensique et tant mieux pour vous, soit vous crachez sur une énième « japoniaiserie » et dans ce cas, tant pis pour vous !


Invasion Iowa
Le capitaine Kirk qui rentre dans sa ville natale pour préparer la population à une invasion extraterrestre, vous en rêviez ? William Shatner l'a fait !
Soyons clair : c'est mal réalisé, vulgaire, bête, méchant… Franchement con en fait. Mais qu'est-ce que ça peut être drôle de regarder une petite ville de l'Amérique profonde devenir totalement dingue à l'approche d'une équipe d'Hollywood ! Ca serait méchant de ma part de vous conseiller de regarder ce monument de sottise à la gloire de Big Bill mais si vous avez quelques heures à perdre pour une sorte de programme hybride entre télé-réalité et comédie déjantée, n'hésitez pas, c'est du très haut niveau dans l'absurde.


Mine All Mine
J'adore les anglais. Enfin, non, pas vraiment. J'adore l'Angleterre. Enfin, non, pas vraiment non plus. J''adore les productions televisées anglaises. Oui, là ça convient mieux.
Bon, pourquoi me direz-vous ? C'est simple : ils sont capables d'écrire des séquences humoristiques à nul autre pareil. Mine All Mine en est la parfaite illustration. Ca part d'un postulat totalement anarchique (un vieux patriarche un peu cinglé possède sa ville natale grâce à un parchemin moyenâgeux) et les situations les plus invraisemblables s'enchaînent à toute vitesse. On pourra regretter une fin un peu bâclée, mais les personnages sont tellement bien campés, la musique si entraînante et les gags tellement énormes que, finalement, on prendra cette production pour ce qu'elle est : une énorme bouffée d'air frais dans un paysage audiovisuel encore bien tristounet cette année malgré des tentatives très honorables ( Committed …).


The Simple Life
On en est à la troisième saison et c'est ultra-répétitif, mais j'y peux rien, ça me fait toujours rire. Balayons un faux argument tout de suite : il s'agit bien une comédie entièrement scénarisée et pas d'une vulgaire émission de télé-réalité. Cette production ne se prend absolument pas au sérieux, et les deux héroïnes jouent parfaitement de leur image pas très glorieuse pour mettre une distance salutaire lors des pires conneries qu'elles réalisent.
Et puis j'adore Nicole Richie et sa personnalité absolument cradingue (et non, vous voyez, c'est pas Paris Hilton qui me fait regarder The Simple Life moi !).


Fat Actress
J'avoue que je me demande encore ce qu'il faut en penser… Observer une actrice exploser, littéralement, en simili-direct, ce n'est pas tous les jours que ça arrive. Pathétique ? Obscène ? Surprenant ? Réjouissant ? En tous les cas, c'est un véritable OVNI, un produit bizarre qui n'a pas réussi à trouver son public (et ça, ce n'est pas très surprenant…).
Soyons clair, ce type d'hybridation entre fiction et réalité marchera difficilement à grande échelle, et c'est tant mieux à vrai dire. Ca offre un terrain d'expérimentation, d'innovation très intéressant à condition de ne pas le survendre. C'est peut être ce qui a entraîné la perte de Fat Actress . Très franchement, personne ne pleurera sa disparition.

 

La conclusion
Une saison de bonne facture globalement, avec de belles réussites et beaucoup de bétises comme d'habitude.
J'espère que la forme inhabituelle ne vous aura pas gêné… de toute façon, il faudra vous y habituer parce que ma nouvelle attribution pour l'année prochaine m'amènera à multiplier les interventions dans ce style. Et d'ici là, profitez bien de toutes ces splendides productions télévisées !

 

 
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