1x08 : Crash
Bon, je fais un petit double post puisqu'entre temps personne n'a réagi. Donc je vais parler de l'épisode d'hier soir. Eh bien, pas de surprises, une fois de plus j'ai bien aimé, je le dis tout de suite. Pourtant, une fois de plus, l'enquête policière est assez banale et le crime commis - l'arnaque à l'assurance - n'est pas non plus très novateur. Mais le concept puzzle est cette fois-ci très bien utilisé puisque la narration est vraiment éclatée. J'en veux pour preuve le fait que l'on retrouve la scène du début dans le segment de Joël qui se situe environ à la moitié de l'épisode. On fait plusieurs fois des allers et retour entre ce qui s'est passé au moment de l'accident et ce qui se passe après, et c'est très bien foutu. Ca demande un peu plus d'attention que les précédents épisodes mais ce n'est pas plus mal.
De plus, tous les aspects de l'affaire sont assez bien exploités, entre la couverture médicale, la couverture médiatique, l'enquêtre elle-même et la couverture politico-judiciaire. J'apprécie d'ailleurs énormément la scène avec David McNorris qui renvoie Joël et Fonceur car leur dossier n'a aucune chance d'aboutir, tout en précisant bien qu'il apprécie leur indignatio mentale. Sur le coup le téléspectateur peut penser que c'est dégueulasse, que la politique ne devrait pas interférer de cette manière dans les enquêtes de la police, mais le fait est que sans cette intervention du charismatique adjoint du procureur, nos deux amis insprecteurs auraient commis une sacrée bourde puisque le cerveau de l'affaire n'est pas celui qu'ils pensaient.
Mais ce qui m'a le plus plu c'est le message de l'épisode, et la caractérisation assez spéciale des personnages cette semaine. Cette fois, on ne se centre pas sur un personnage en particulier mais on fait un parallèle entre leurs vie. Nous avons d'un côté les "gentils" comme Fonceur, Joël, Andrea et Teresa, que l'on voit tous quatre au réveil au début de leur segment. Le but est de montrer que leur vie n'est pas facile tous les jours, que la solitude pèse, ce qui est souligné par la phrase d'Andrea : "personne n'aime se réveiller seul". Mais la solitude ne concerne pas seulement ceux qui n'ont personne dans leur vie, mais touche également des personnes comme Joël qui ont "tout pour être heureux" comme le dit maladroitement Fonceur à un moment, mais qui n'ont pas la vie forcément plus rose. J'ai beaucoup aimé ce petit gimmick par rapport aux personnages principaux.
A l'inverse, il y a les "méchants" de l'histoire, même si cela est complètement relatif. Ce qui relie Cesar, Vicky et le conducteur du semi-remorque, c'est que ce ne sont pas salauds intégrals. Ils ont tous en commun une vie difficile et se sont tournés vers l'illégalité pour réussir. Pour Sean et Cesar, c'est la volonté de prendre leurs responsabilités et de nourrir leurs familles respectives qui les pousse à faire des extras pour joindre les deux bouts. Vicky, elle, se débat dans un monde de requins et plus ou moins de machos et a trouvé en ce réseau d'arnaques à l'assurance un moyen de réussir. Mis à part Hugo qui n'a aucune circonstance atténuante, on ne dépeint donc pas des criminels mais des gens normaux qui ont des difficultés et qui ont franchi la ligne jaune des interdits, mais on peut les comprendre. Une fois de plus, Boomtown montre qu'elle n'est pas manichéenne mais humaine, tout simplement.
D'ailleurs, on joue là-dessus aussi avec les sentiments ambivalents des différents personnages. Je pends comme premier exemple Sean, le conducteur du semi, qui est torturé car la voiture qui s'est encastrée sous son camion a tué les deux parents du petit garçon de 7 ans. Ce n'est pas sa faute, mais en même temps cela aurait très bien pu se produire car il conduit sous l'emprise de stupéfiants... La faute, c'est en partie celle de Cesar qui a accepté le deal. En voulant aider sa famille, il a privé un enfant de la sienne... Fonceur lui, est désolé que Vicky soit le cerveau de l'affaire, mais il doit se résoudre à l'arrêter. Au passage, on remarque que c'est la première fois - enfin il me semble - qu'un même personnage bénéficie de deux segments dans le même épisode.
Bref, c'était une fois de plus très bien écrit, et là je crois qu'on a compris que j'ai beaucoup aimé. La prochaine fois je fais pas aussi long, promis !
