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La page du FLT : E¶SODE 02 - Novembre 2002

par le Front de Libération Télévisuelle

D’octobre 2002 à mars 2004, l’association Front de Libération Télévisuelle a tenu une rubrique régulière dans le Magazine de la Culture Série : E¶SODE. On trouvera ci-dessous la reproduction in extenso de l’article paru dans E¶SODE 2, daté de novembre 2002.

FLT : Front de Libération Télévisuelle (http://www.leflt.com)
Apolitiques, attentifs et cyniques, nous oeuvrons sur le web depuis déjà plusieurs années. Dans le monde impitoyable de la télévision, où l’argent et la bêtise trônent en maîtres absolus, les ninjas masqués du FLT veillent au grain pour défendre les séries que vous aimez.


Un grand philosophe dont nous tairons le nom a dit un jour : « Le FLT c’est chouette. »
Presque trois ans après sa formation originale, le FLT se voit désormais offrir la possibilité de se faire connaître d’un plus large public via la fabuleuse revue que vous tenez entre vos mains tremblantes d’excitation. De quoi faire taire pas mal de malotrus.
On commence par la grande action du mois. Le réseau câblé américain Sci-Fi a annoncé l’annulation de la série Farscape, excellente série de science-fiction dont nous attendons d’ailleurs toujours la diffusion de la Saison 3 sur Série-Club suite aux promesses non tenues de la « chaîne des séries ». Nominée aux Saturn Awards, d’une qualité soutenue et détentrice de bons scores d’audimat, insuffisants semble-t’il, Farscape n’a pas été abandonnée par ses fans qui ont lancé une grande campagne de sauvetage sur le net. C’est ainsi que, pour la première fois, plusieurs reportages furent consacrés à la série sur la chaine d’information CNN ! Du jamais vu dans le monde des séries télévisées. Action à suivre sur le site du FLT.
Ce sale coup des squales américains ne pourra néanmoins pas gâcher notre plaisir de voir arriver de nouvelles séries plus ou moins intéressantes sur les chaînes hexagonales : Alias et Oz sur M6, Gilmore Girls sur France 2, et surtout 6 Feet Under et l’incroyable 24 sur Canal +, à coup sûr les deux séries de l’année. Gageons cependant que si M6 est en position de nous offrir une soirée du mercredi aussi prestigieuse que le trio Alias, X-Files et Oz, c’est qu’elle a fait des économies sur son abominable Trilogie du Samedi et son infâme Seven Days, série de pure consommation insipide. Et puis, une cent-quarante-deuxième rediffusion de Buffy constitue un bon rapport coût-recette. Tout ceci pour dire que TF1 se traîne toujours, alignant spin-off de Law and Order sur spin-off de Law and Order en guise d’originalité, et déprogrammant en plein milieu de saison ses séries du samedi après-midi pour y placer sa Star Academy. Mais soyons compréhensifs : entre diffuser deux pauvres petites séries de rien du tout ou bien révéler à la face du monde des artistes aussi talentueux et charismatiques que ceux de la Star Academy, le choix est vite fait. Vive la grande musique, vive TF1.
Bref de façon globale, la télévision française a une rentrée des séries plutôt appréciable ; les gens n’auront plus d’excuses s’ils loupent certaines oeuvres essentielles du petit écran. Mais en ce qui concerne le câble, l’heure n’est pas à la rigolade, plutôt à l’effondrement généralisé. La concurrence, les rachats, les budgets en baisse et toutes les combines des hommes sans visage suicidaires créent de plus en plus de problèmes pour les chaînes : Série-Club se vautre dans les rediffusions et dans une VF des plus traîtres ; Canal Jimmy, elle aussi VFisée, adopte une nouvelle direction totalement absurde qui nous vaut une fantaisiste rediffusion de la peu estimée Dynastie. « C’est la panique ! C’est la panique ! » dirait notre rédac’chef.
Le FLT n’est pas seulement une association dont les membres adorent s’échanger des photos érotiques et des cartes Pokémon, il s’agit aussi d’un groupe de ninjas qui réfléchissent sérieusement à l’avenir de la télévision. Car ouais, la télé française est réellement médiocre. La façon dont nous, french people, fustigeons la télévision américaine, dont nous nous moquons de son contenu est d’autant plus grotesque que nous la copions allègrement. Mais seulement dans ses travers les plus lamentables : car si nos chaînes nationales rechignent à ouvrir le porte-monnaie lorsqu’il s’agit de financer des séries françaises innovantes, en revanche elles vendraient jusqu’à leur slip pour acheter la dernière émission Real Tv à la mode aux USA. En résumé on critique la télévision outre-Atlantique, mais l’on ne cherche à l’imiter que dans sa connerie la plus manifeste, sourire aux lèvres et hypocrisie sur la table.
Pour terminer, il faut bien admettre qu’en France les séries télévisées sont encore considérées comme du sous-cinéma bas de gamme et non pas comme une culture à part entière. Mais les choses changent peu à peu. Et un jour prochain, Vérité illuminera de sa prestance la stratosphère médiatique devant un peuple incrédule : ce magazine entre vos doigts postule à la place de premier apôtre des séries.