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La page du FLT : E¶SODE 04 - Janvier 2003

par le Front de Libération Télévisuelle

D’octobre 2002 à mars 2004, l’association Front de Libération Télévisuelle a tenu une rubrique régulière dans le Magazine de la Culture Série : E¶SODE. On trouvera ci-dessous la reproduction in extenso de l’article paru dans E¶SODE 4, daté de janvier 2003.

FLT : Front de Libération Télévisuelle (http://www.leflt.com)
Apolitiques, attentifs et cyniques, nous oeuvrons sur le web depuis déjà plusieurs années. Dans le monde impitoyable de la télévision, où l’argent et la bêtise trônent en maîtres absolus, les ninjas masqués du FLT veillent au grain pour défendre les séries que vous aimez.


L’Histoire est un serpent qui se mord la queue.
Au Vème siècle, lorsque l’antique civilisation romaine a entamé son déclin social, les citoyens commencèrent à passer toutes leurs journées dans les arènes publiques. L’humiliation, la torture délectable des esclaves et gladiateurs était devenu le loisir principal de la nation impériale. Mais très vite, cet amusement odieux et voyeuriste prit le pas sur la culture spirituelle et intellectuelle en vigueur dans Rome. Le taux d’éducation chuta brutalement, la futilité et la bassesse humaine avaient condamné les portes de la connaissance, à tel point que les citoyens étaient devenus de purs gnous lobotomisés par la bêtise. On connaît la suite. Remplacez les arènes par la télévision et les esclaves par les rats de laboratoire de Loft Story ou les pigeons de Ca Peut Vous Arriver, et vous comprendrez que France 2002 est sur la pente la plus abrupte qui soit. FLT pôle de résistance à la culture de l’inculture, bonne année !
Les chaînes ont la stratégie dans l’âme, la logique innée dans leur grille. Primo, on produit une historiette nommée Age Sensible. Secondo, on l’annule en plein milieu de saison. La raison invoquée par France Télévision ? Manque d’audience bien sûr. Néanmoins, on s’étonnera peu qu’une série destinée aux adolescents ne fasse que des scores limités lorsqu’elle est justement diffusée à l’heure où son public potentiel est en cours de mathématiques. La jugeotte n’est malheureusement pas stimulée par la redevance que palpe France 2. De son côté plutôt que de diffuser la dernière saison de Sliders, M6 nous fait grâce de ses nouvelles et douteuses séries françaises, financées via les fonds de tiroirs profitant aussi aux grandioses téléfilms roses de la chaîne. Aux USA, pays où Smallville terrasse 24, les nouvelles séries se cassent la figure comme des dominos, la lutte pour les espaces publicitaires attractifs faisant rage et éliminant Birds Of Prey de la course de Warner Bros. Le monde des séries est en période d’ébullition et les conflits de pouvoir entre créateurs et patrons des réseaux font que même les ex-pompes à fric comme David E. Kelley voient leurs fictions dégringoler. L’avenir médiatique international est des plus menaçants car l’économique y possède le veto ultime : « Money, money, money ! ».
Pendant ce temps sur le câble, les licenciements se multiplient et le public empapaoute les concernés de critiques assassines. Certains journalistes font même circuler des rumeurs de disparition prochaine de Canal Jimmy, tandis que Game One se décompose comme du beurre. En bref, la crise culmine mais qui est le coupable du séïsme intégral ? RTL9, qui monopolise les audimats de par sa position privilégiée. On s’explique : avec un siège incrusté dans les plaines du Luxembourg et non pas en France, RTL9 n’est que très peu soumise aux lois nationales et à ses quotas destructeurs. Résultat, la chaîne câblée leader se voit en mesure de diffuser autant de programmes américains qu’elle le désire, érectant fièrement ses antennes de blatte pendant les funérailles des concurrents. Sans la pression d’une législation contestable les choses sont de suite plus faciles. Le wagonnet que RTL9 pousse dans la mine du PAF possède la direction assistée. Consolation, le FLT en profite pour féliciter CinéFaz de son impeccable diffusion de l’excellente Jeremiah. Next.
Le CSA, chevaliers de la table hexagonale, nous ont récemment offert leur nouvelle signalétique anti-violence. Désormais, nous avons droit à deux rappels par film et bien évidemment à des logos circulaires encore plus voyants en bas de notre écran. Ainsi, nous assimilerons une bonne fois pour toutes que Massacre A La Tronçonneuse et Oz ne sont pas des fictions destinées aux enfants, car dans notre infâme idiotie de simples civils nous ne l’avions toujours pas remarqué. Heureusement, le CSA réfléchit pour nous... et vous fait regretter d’avoir économisé trois ans pour un système Home Cinema sachant que maintenant votre écran de télé est en proie aux graffitis sauvages. Peu importe, César choisit ce qui est bon pour son peuple et lui aussi adore les combats de gladiateurs dans l’arène de la honte.