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Mâcon 2002 - FLT : Mission Mâcon

par Mad_Dog

Mad Dog raconte par le détail le séjour du Front de Libération Télévisuelle à Mâcon, à l’occasion du premier Festival des Séries Cultes, qui s’est tenu du 29 juillet au 3 août 2002.

Mardi



Pour moi, tout commença le mardi 30 Juillet, à l’intérieur d’une cabine téléphonique. En face de moi, deux opérateurs de France-Telecom allaient et venaient sous la pluie, leur stupide camion bleu me bouchant la vue sur la place Molière. C’est à cet endroit précis que j’avais donné rendez-vous à 666. Évidemment, j’aurais pu sortir et me placer à un autre endroit, mais la cabine téléphonique restait le seul observatoire valable qui soit au sec. On y est à l’étroit, on monopolise la place de ceux qui veulent téléphoner, mais au moins on est au sec. Pour éviter de me faire chier, ma seule occupation était de regarder les voitures qui venaient du rond point d’en face, en espérant en voir une qui correspondrait à la description convenue.

Après 3/4 d’heure d’attente environ, une Clio bleue déboula, voulut se garer sur le côté, avant de remarquer la place et de se garer. C’était lui. Je pris mes affaires, sortis de la cabine, et bousculais une vieille un peu miro qui poireautait en toussant, depuis 1/2 heure, et me précipitai vers la voiture.Mais, à peine avais-je ouvert la porte que la déception pointa son nez. 666 n’avait ni cornes sur le front, ni queue de diable, ni même un costume de Spiderman.Non ! Aussi incroyable que ça puisse paraître, c’était un type normal.

Ça commençait mal.

Et cela continua mal.La route vers Mâcon fut des plus difficiles. D’abord à cause des 56 cartes, itinéraires et plans divers qu’il nous fallait pour joindre Mâcon. La galère fut atroce. Sous la pluie, la grêle, le vent, et autres saloperies, nous errions de routes en routes, de nationales à une voie en départementales boueuse, jusqu’aux étendues ne méritant même pas le nom de "sous-chemin intra-communal", tellement elles étaient impraticables. Sans parler des camions qui avaient colonisé le reste des routes, roulant encore plus lentement qu’un cul-de-jatte à vélo, quasiment indépassables pour cause de longueur démesurée, avec des crétins au volant qui réussissent à booster leur tank pour atteindre 150 dès qu’on les double, et 15 quand on à le malheur de se foutre derrière.Le cauchemar de l’automobiliste sensé. Alors, pour se détendre, 666 s’amusait à compter les panneaux en carton représentant les tués des accidents de la route.

666 m’avait laissé la tâche de le guider grâce aux cartes et à l’itinéraire Michelin, et je croyait me débrouiller tant bien que mal. Il suffisait juste de prendre la D45 sur 0.12mètre, puis la Nationale 456 sur 15.26 en direction de "Tourcoing sur Lonoeuf" la N45 sur 75.4 Km... (attention, pas 75.5 ou 75.3 ) l’A745 sur l’Échangeur 85 sur 0.5centimètres, avant d’arriver sur la N78 en prenant la sortie "Lourdes-Lille-Nantes-Marseille" et de traverser la rue du Colonel Marlaf à St Jacques de Chonzberg..... et tout un tas de trucs à faire sur 5 ou 6 pages. J’en sais, rien, on abandonné lorsqu’on s’est retrouvé à 10 Kilomètre de Lorient, en tentant de prendre un raccourci nous rapprochant le plus rapidement de Marseille, là, où une déviation aurait pu nous propulser vers Strasbourg, où depuis le centre ville, une voie nous aurait ramené sur une route pouvant possiblement n’être pas trop loin de la route "Bordeaux-Toulouse". Ensuite fallait voir.

Malheureusement, 666 péta les plombs avant d’arriver à Nanterre, et décida de suivre les routes qui menaient peu à peu vers Mâcon. J’avais beau lui suggérer que c’était une idée qui ne marchait pas habituellement, et qu’il y avait toutes les chances pour qu’on se perde, il n’en fit qu’a sa tête..... et que...bon, on s’est effectivement retrouvé à Mâcon au bout du compte.

C’est une fois arrivé au centre de Mâcon, que j’ai eu une révélation.... J’étais déjà venu ici. Par mes parents, lorsqu’ils tentaient de faire le chemin Angers-Pornic. Comme quoi, on y était presque.

Le temps de sortir de la voiture, d’appeler Ozgirl au téléphone, et nous voilà arrivé au 88, où Sullivan, Amrith, Ozgirl, et Nicolas "Annusérie" étaient attablés. Oz était absent car il devait mettre les cassettes dans l’appareil pour la soirée"sitcom" qui devait avoir lieu le soir même. En passant, il devait aussi réparer le problème de propulsion sub-séquentiel des images qui fléchissait sur la machine.Après une ou deux déconnades d’usage, le FLT décida de se bouger et d’aller jeter un coup d’œil à la soirée "sitcom"......

Après 1/2heures, et en s’éclipsant pendant le générique de "Sex & The City" le petit groupe sortaient de la place en pestant contre les sitcoms anglaises. Nicolas, qui avait profité d’un questionnaire d’opinion pour le quotidien des séries du lendemain, en avait profité pour accoster 3 blondes, 1 mère de famille et une demi-douzaine de suédoise, était rongé par le remord de ne pas avoir pris suédois en deuxième langue au lycée. Et personnellement j’avais du mal à me remettre des coups que m’avait filé 666 lorsque je lui avais suggéré qu’on aurait gagné 5 ou 10 minutes, si on aurait tenté de rejoindre Mâcon en passant par Monte-Carlo. Pour se remettre de tout ça, un coup au "Magic Rock Café" ou quelque chose comme ça n’était pas superflu.

Enfin, la détente fut moindre lorsque nous avons découvert que ce bar diffusait du R’n’b en boucle. Comme on était beaucoup trop crevé pour bouger, nous sommes restés à souffrir en terrasse du bar. Un type du nom d’Alain Carrazé, ainsi que quelques officiels, nous rejoignirent au bar. Je ne sais pas trop ce qu’il faisait dans la vie, mais apparemment il avait des trucs à dire. Il nous parla de son chat, d’un type appelé "Jimmy", du film "Twister", des photos de son chat, d’un type appelé "petit" qui apparemment se dopait à 40% avec Sarah, et tout un tas de chose que j’ai eues du mal à comprendre, mais qu’il fallait pas que je répète. Lorsqu’il eut terminé, le bar avait fermé ses portes, les serveurs remettaient les chaises et les tables dans la salle, et lui terminait son discours en parlant des frères Bogdanoff. C’est là que je compris que cette personne était peut-être importante, et permettrais de savoir qui étaient ces fameux frères Bogdanoff, pour qu’un "sel ou poivre" du Burger Quiz leur fut attribué. Je fit juste un "Ah ouais, les frères Bogdanoff ?" et Alain m’expliqua à peu près qui ils étaient. Voyant que je venais de faire repartir la machine pour au moins deux heures, Amrith s’apprêta à m’étriper, lorsqu’une personne fit un bruit de patin à roulette derrière son dos, et s’arrêta. C’était un type aux cheveux longs, qui descendit un pied de son skate, et demanda à Ozgirl si elle n’avait pas une clope. Après une réponse négative, il se remit sur son skate et repartit. Amrith était scié.... Il venait d’apprendre que le Skateman était debout jusqu’a deux heures du matin. Rien que pour cette nouvelle, ça valait le coup d’attendre dehors.

Puis, une fois qu’Alain eut terminé, (et que je compris en gros qui étaient les frères Bogda... heu non, en fait, pas du tout !), 666 nous ramena, moi et Nicolas (que je venais à peine de connaître) au camping de Mâcon.

En effet, j’avais commis l’erreur de me dire "Bon, à Mâcon, pas la peine de te faire chier à réserver une chambre d’hôtel ou autre, tu t’arrangeras bien sur place", et je m’étais retrouvé à faire du camping avec Nicolas "annuséries", ce qui ne me dérangeait pas outre mesure.
J’avais oublié une chose non négligeable qui me revint lorsque j’ai vu pour la première fois la tente de Nicolas..., (planquée entre 3 caravanes hollandaises, et la tente d’Anglais mal embouchés qui nous demandaient de « shut-up-er » notre gueule parce qu’on faisait trop de bruit en discutant !). C’est à ce moment là que je me suis souvenu de ce que pouvait être une tente 2 places. J’avais fait une erreur fatale en oubliant un détail de grande importante, nécessaire à la survie de tout campeur :

"UNE TENTE 2 PLACES NE PEUT CONTENIR QU’UNE ET UNE SEULE PERSONNE !"

Hé oui, c’était une règle communément admise : il fallait diviser par 2 le nombre de personnes qui était indiqué sur la boîte. Ainsi les tentes 4 places étaient appelées "Tente pour Couples", les 8 & 12 places, des "Tentes Familiales" et sur les tentes 20 places était marqué en bas de la boîte "Bande de Pervers." ! Quant aux tentes 1 place, la boîte était souvent trop petite pour en écrire le terme complet, qui était "Tente spéciale pour nain unijambiste manchot dont la tête est capable de rentrer à l’intérieur du corps". D’ailleurs, elles étaient la plupart du temps introuvables dans les magasins, les chefs de rayons les rangeant souvent par mégarde dans le rayon des mouchoirs. (Une amie à moi m’a dit que c’était une question de matelas gonflables et que dans une tente 2 places on pouvait tenir facilement à 3, sacs compris, mais comme je suis de mauvaise foi, j’évite de la croire.)

Enfin, bref, toujours est-il que c’était ça, ou une nuit sous une probable flotte. Je suis rentré à l’intérieur et j’ai posé mes affaires. Une fois mon duvet par terre, je m’installais à côté du matelas de Nicolas, entre mon sac de couchage, ma paire de pompes et mon petit sac à dos. Autant dire qu’une fois là, je me sentais un peu comme ces types à la télé qui sont capables de s’enfermer dans des boites d’1mètre cube... sauf que ces veinards devaient avoir plus de place que moi.

Et, surtout, je ne me plaindrai pas du sol à la dure. C’était de ma faute, je n’avais qu’à amener un matelas gonflable. M’enfin, si j’en avais amené un, il aurait fallu que je le gonfle dans la tente avec un gonfleur, ce qui fait qu’il aurait aspiré l’air autour de lui pour le mettre dans le matelas, et qu’ en trois coups de pompes on serait morts étouffés, par privation d’air.

J’étais donc posé, la tête à 15cm de mes pompes de la veille, le fessier pas loin d’un chargeur de batteries très menaçant, la tête posé en équilibre sur deux sacs qui devaient contenir une batterie de couteaux "Kwin Zun", une collection d’Oursins, et une quinzaine d’enclume, mon corps placé dans une position que même la secte des Contorsionnistes de l’Auto-Kama-Sutra prohibait. Toujours est-il qu’allez savoir pourquoi, je n’ai pas réussi à bien dormir cette nuit là.


Mercredi



Le matin, ce fut le cri des chia... petits enfants qui me réveilla. Peu après Nicolas, je m’habillais et passais devant la famille des Anglais mal embouchés, avec pour idée de me faire un petit déjeuner convenable, au restaurant du camping : "Le Tipi". Une espèce de bar-restau, ni minable, ni chic, qui diffusait Europe2 et possédait une ambiance de bistrot pas trop crade, et suffisamment reposante pour me sortir de mon état de "Head-in-the-ass" que je trimbalais depuis ce matin. Le type du bar nous renseigna : on avait le choix entre café ou chocolat, avec des croissants. Je pris le chocolat par défaut, puisque boire du café m’était hautement déconseillé, sauf cas exceptionnels. J’étais tellement réactif à la caféine que deux tasses dans la journée pouvaient me pousser à faire les pires conneries par nervosité. Et je ne voulais pas me retrouver avec une caissière en train de hurler comme une truie, des forces d’assauts en train de me braquer et deux négociateurs d’otages en train de me dire "Fait pas le con", comme les dernières fois. Non, pas aujourd’hui.

Nous prîmes donc nos tasses et nos croissants, vaguement posés sur le comptoir par le barman, nous installâmes et lurent la feuille de chou locale posée sur une table à journaux. Selon le journaliste, Guy Marchand aurait eu du retard à cause d’une opération chirurgicale qu’il n’avait pas pu retarder au dernier moment. Arf ! Les journalistes inventent vraiment n’importe quoi !
On se marra un coup avec Nicolas.

15 minute plus tard, après la douche, toilettage et brossage de dent d’usage, nous fîmes un dernier tour à la tente pour prendre les affaires avant de partir. Les Anglais nous avaient lâché entre temps. D’ailleurs, tout le monde nous avait laissé, et notre tente était la seule parmi une terre désolée et stérile.

Un tour au Auchan pour acheter du "nécessaire à sandwich" pour ce midi, et on était partis.
C’est sur le coup de 10h30, que je pris enfin conscience de la galère dans laquelle je m’étais fourvoyé. Là, où 24h plus tôt j’étais vaguement en train de faire un questionnaire sur Friends avec ma sœur, je me retrouvais catapulté dans une petite salle de la mairie de Mâcon, transformée en salle de rédac d’un quotidien gratuitement distribué sur la place du marché. Là, entouré par des membres du FLT et une demi-douzaine de trentenaires-quarantenaires, fans de Star Trek, du Prisonnier et de Chapeau Melon, Ozgirl expliquait à tout le monde le plan du journal, un plan de bataille, en assignant les tâches à diverses factions. Oz, qui était parti faire du café pour une trentaine de conseillers de la Mairie, passa 5 minutes dans les rangs pour nous ré-expliquer le schmilblick, nous dire à quel point il fallait que ça parte dans l’urgence, et partit s’occuper de l’écriture d’un demi-milliard de cartons d’invitations pour le festival de l’année prochaine.

Une fois toutes les tâches assignées, tout le monde se mit crayonner et à écrire comme des tarés, je me rendis compte de la terrible réalité... J’étais tout seul, entouré de gens qui bossaient ! Pour que personne ne s’aperçoive de mon inutilité effective, je pris une feuille de papiers, commençai à écrire des conneries, puis à faire des crayonnés grossiers de la tête d’Amrith et de Sullivan.

Heureusement, mon ennui ne dura pas. D’abord, parce qu’en mordillant mon stylo, je sentis soudainement un craquement, et je passai la demi-heure suivante à chercher si je m’étais ou non pété une dent. Ensuite, parce qu’après l’allure d’hystérique, les divers cris de panique dans la salle de rédac, et les "Oh mon Dieu, on y arrivera jamais", l’atmosphère s’était vachement détendue. Je ne sais pas pourquoi, à un moment il y en a un qui a parlé série télévisée et tout le monde s’est engouffré dans la brèche pour papoter. 1 heure après, ça parlait « Phrase culte de série », « Éducation », « James Bond » (en 5 mns j’avais entendu un groupe qui parlait de Moonraker ; puis qui soulignait que Timothy Dalton était l’un des meilleurs James Bond, et un autre groupe discuter sur James Bond tout en évoquant le catastrophique Timothy Dalton.) et « Monde cruel de l’Internet », les guerres de concurrence entre les sites ou entre les noms de domaine n’étant pas si éloignées des affaires d’espionnage et de contre-espionnage entre pays.

Puis, après tout ça, tout le monde part dans un café du coin, pendant qu’on fournit à Oz les articles qu’il a à taper. Étant occupé à nettoyer au Karcher l’ensemble des salles de la mairie en s’excusant, il dit qu’il tapera ça à l’ordinateur entre 13h52 et 14h23, extensible à 14h25 s’il à un trou dans son emploi du temps. Le mangeage de Sandwich se fait sous la pluie à l’abri des parasols de la terrasse du café.

C’est à 14h00 que le bordel commence vraiment, d’abord, par l’installation du site sous la pluie. C’est dur, c’est chiant, il faut monter plein de panneaux avec des images de séries dessus et assembler les quelques 75 panneaux formant l’intégrale du résumé de la DDT, que l’on colle au fond du stand.
Voyant qu’on est en train de bosser, les types qui ont ouvert un stand de dégustation de fromage frais pas très loin, nous demandent diverses petites aides. Comme leurs frigos bouchent l’accès à notre matériel, on ne peut faire qu’accepter de porter leur mastodonte frigorifique, leurs tréteaux tordus, ainsi que de poser leurs fromages sur la table et de décharger un plein camion de caisses de fromages. Un type nous a demandé si on pouvait pas aussi les dépanner en vendant des trucs sur le stand pendant 3 heures ou 4, mais là, on était pas d’accord. On aurait bien appelé Oz pour voir s’il acceptait, mais il était déjà occupé à vendre deux cent soixante-quinze boîtes de gâteaux au chocolat pour financer l’achat urgent d’une machine à écrire au bureau de rédaction de la mairie.

Une fois le stand monté, il ne restait plus qu’à se poser sur une chaise, et à attendre qu’un inconscient traverse la place du marché sous la pluie pour qu’on lui foute le grappin dessus. C’était pas gagné, mis à part Skateman qui a traversé la place sous la pluie pour glisser et s’écraser sur un camion de déménagement. Évidemment, Oz passait de temps en temps sous la pluie battante pour nous voir, avant de repartir à la mairie pour négocier la présence de Lance Henriksen au festival de Mâcon 2005, mais bon, mis à part ça, c’était pas gagné.

Alors, tous les prétextes étaient bons pour se divertir sous la pluie :

- Choisir des rubriques idiotes pour un dessiné-c’est-gagné (qui n’aura finalement pas lieu)

- Aller voir les stands des autres fans-clubs.

- Faire le con avec ma peluche en forme de chien.

- Se faire interviewer par Radio-France International.

Et encore, ça ne durait pas longtemps, la plupart du temps ça discutait mollement en attendant un mieux. Gaël, un jeune stagiaire en son et lumière, venait même nous rejoindre pour dormir sur les sièges à côté. A un point, l’ennui était tellement total que pour s’occuper, Amrith et Sullivan prirent la liste des épisodes d’« X-files » et s’amusèrent à les commenter un par un, de l’apparition de Gorge Profonde en passant par l’accouchement de Scully, tout en commentant l’apport de David Nutter, Kim Manners ou Rob Bowman sur la série et les petits détails qui font que la scène 15 de « Tunguska » est mieux que la scène 23 de « The Erlenmayer Flask », en passant au traditionnel jeu du "C’est qui le plus fort, José Chung ou Eugène Tooms ?"

C’est à 16h23 qu’un incident vint arrêter leur petit jeu. Outre le fait que la pluie avait cessé
de tomber depuis près d’un quart d’heure, un homme rentra sur la place du marché, ce qui leur provoqua immédiatement un écartement considérable de l’appareil rétinien. Sullivan poussa un léger cri, et l’ensemble des membres du FLT regarda ce qu’il pointait du doigt. Ozgirl ouvrit grand la bouche, 666 se leva de son siège, Nicolas fit un énorme "Oh" avec la bouche, je me dressais sur mes papattes en arrêt, et aussi incroyable que ça puisse paraître, Amrith enleva ses lunettes de Soleil. Skateman se tenait debout et marchait sans son skateboard ! Derrière lui, Oz passait d’un pas pressé, tentant de détourner un bus fou remplis de bombes ultra-puissantes, ne pouvant évidemment aller à moins de 70km heures sinon il explose, et se dirigeant dans le centre ville de Mâcon.
Ozgirl pris une photo pour immortaliser ce moment. Ça valait le coup d’attendre 3 heures à se faire chier.

Le beau temps revenu, Sullivan pouvait enfin brancher son lecteur de CD pour diffuser du Mark Snow.... Enfin, quand le lecteur marchait. Entretemps une rumeur passe chez tous les participants, Georgette fêterait son anniversaire aujourd’hui, Oz dépêché sur place dit qu’il s’en occuperait, avant de s’occuper par téléphone de la venue de la bagnole de Nestor Burma sur le festival.

Personnellement, malgré les remontrances d’Amrith qui voulait que je garde la boutique au lieu de m’amuser, je me perdais dans les rues de Mâcon afin de rejoindre le lieu où était diffusé un épisode d’une série anglaise pas connue : "The Prisonner". Après m’être bien planté en cherchant pendant 20 minutes, on me conseilla de suivre Alain, Nicolas et 6 fans du Prisonnier qui avaient été dépêchés là pour l’occasion. (Un septième voulait venir, mais il fut emporté par une grosse boule blanche avant d’avoir pu ouvrir la bouche !). Sur le chemin, Alain leur faisait comprendre qu’il y avait pour eux toute la collection de "Destination Danger" qui allait sortir en DVD avec des bonus ahurissants et des suppléments à tomber par terre, et des interviews à tomber une deuxième fois au sol, pour le plaisir. Après un ou deux détours, nous arrivons dans une salle des fêtes bien connue des Mâconnais, mais qui pour les gens qui ne sont pas du coin, ressemble vaguement à une baraque assez pourrie mais normale dans une rue absolument normale. Bonjour pour trouver.

C’est à 18h00, après avoir vu l’épisode du Prisonnier et écouté les commentaires enthousiastes de Nicolas qui voulait s’acheter le DVD sur-le-champ, que nous sommes revenus sur la place du marché de Mâcon. Là, un signe discret nous prévint qu’il fallait faire le tour par derrière et éviter de marcher sur les points bleus posés par terre. Nous fîmes le tour, mais à peine avions nous demandé des explications que Georgette arriva sur la place et posa le pied sur le rond bleu.

ET LA, un nuage de confettis, directement largué par hélicoptère, descendit du ciel, un parterre de fleurs se mit à pousser sur le bitume, formant les mots "Joyeux Anniversaire Georgette" ! Légèrement émue, Georgette s’avança légèrement. De là, Les Pets Shop Boys sortirent de nulle part, suivis des petits chanteurs à la croix de bois et tous chantèrent en cœur "Joyeux Anniversaire, nos vœux les plus sincères !" pendant 5 minutes. Pendant ce temps là, des clowns équilibristes parcouraient la place du marché en jonglant, un cortège de majorettes suivi d’une troupe d’éléphant traversait la place en balançant des serpentins qui reflétaient de leur couleur doré, le ciel multicolore où s’épanouissaient des feux d’artifice.

Puis, Georgette fut portée sur une estrade plaquée or et amenée devant un micro. Elle avait les larmes aux yeux et accepta le bouquet de fleurs tendu par Oz (pendant que les Pets Shop Boys, les éléphants et tout le bordel foutaient le camp discrètement !). Puis, d’une voix émue elle dit : "Merci ! Je vous aime tous !". Puis, elle prit Oz, l’embrassa sur la joue, et lui demanda sur-le-champ s’il ne voulait pas qu’elle l’adopte ! Personnellement, j’étais par terre, en train d’applaudir à tout rompre, les joues en feu, pleurant toutes les larmes de mon corps.
"Oh, mon dieu ! Que c’est beau, c’est le plus beau jour de ma vie, c’est tellement mérité pour elle ! Après ça je peux mourir en paix ! Ce fut une si belle chose....Il y a une chose que je me demande, c’est "Mais qui c’est cette Georgette ?""

Ensuite, tout le monde se dispersa, Oz, laissa glisser un "sacrée Georgette, un rien l’émeut" avant de partir pour... pour nettoyer tout le bordel qui restait sur la place, avant l’arrivée de la voiture de Nestor Burma. 3 Tonnes de Confettis on met pas ça dans sa poche.
(Ellipse pendant laquelle la voiture de Nestor Burma arrive, puis pendant lequel on replie le stand)

A la pizzeria le repas tourne court rapidement. D’une part, parce qu’il manquait Oz, qui bossait au bouclage du magazine (normal qu’il y soit encore, vu tout ce qu’il avait eu à faire.). Puis, en milieu de repas, c’est au tour de Sullivan après un coup de téléphone, d’aller jeter un coup d’œil à l’écriture du quotidien. Il fut rapidement suivi par Ozgirl et par Amrith. Personnellement, j’étais plutôt content, j’avais le droit à un dessert gratuit, et tant pis si le côté "FLTien" de la table était en train de se disloquer. En les attendant, 666, Nicolas et moi prirent un pot à "R’n’B Land" avant de repartir sur la place Centrale de Mâcon.
Et c’est là que l’on voit à quel point il faut faire des courbettes pour attirer du public. En effet, ce soir pour la projection du "génialissime" "Charlie & ses Drôles de Dames", un écran 2 fois plus grand avait été installé, et la place de Mâcon était noire de monde. La seule prestation valable fut avant ce film, lorsque ce sacré Alain Carrazé réussit à dire que ce film était mauvais, tout en faisant croire qu’il disait qu’il était bon. (le truc étant assez subtil, il commence d’abord par présenter "Drôle de Dames" sous des aspects peu flatteurs, mais non injurieux, qui fait comprendre en filigrane que la série à un concept insignifiant qui la destine à un public de voyeurs. Ensuite, il dit que c’est une bonne adaptation, fidèle à la série.).

Ensuite, je vis 5 minutes du film. Pendant ces 5 minutes, le respect que j’avais pour Cameron Diaz depuis "Being John Malkovitch" s’effondra, le respect que j’avais pour Bill Muray depuis "’un jour sans fin" s’effondra lui aussi, ainsi le respect que j’avais pour les grimaces de Lucy Liu..... dans "Ally Mc Beal" et "Payback", et le respect que j’avais pour Drew Barrymore depuis..... Non ! Je n’avais aucun respect pour Drew Barrymore ! :-D )

En fin de compte, Ozgirl et Sullivan arrivèrent à notre rescousse en nous proposant d’aller au bar, avec sous le bras, l’édition du second numéro du journal des fans clubs (mais en fait le premier) sorti un petit peu trop tard. Seuls 666 et Amrith manquaient, étant en pourparlers avec des officiels Mâconnais, et Oz, occupé à abattre avec un allume-gaz, un couteau suisse et trois manches à balais une armée de Zombie qui s’apprêtait à bouffer les spectateurs des projections du soir.

Après quelques discussions à mourir de rire sur un possible compte rendu parodique du festival de Mâcon, 666 et Amrith nous rejoignirent, ainsi qu’un peu plus tard, Oz, exténué, les habits en lambeaux, une tête de Zombie encore accroché à son mollet gauche. Il commanda un verre de Martini (rouge) au bar. Tout le monde était crevé par sa journée, et personne ne voulait ravoir de discussion tardive comme avec Alain l’autre soir. Puis, cela commença à parler site Web, et avenir du FLT.....3 heures plus tard on y était encore, avec des projets plein la tête pour l’avenir.

Cette nuit là, une fois rentré au camping, notre tente perdue entre deux camping-cars hollandais et 3 tentes canadiennes, j’étais archi-heureux. J’imaginais déjà ce que pourrait être le FLT dans 5, 10 ou 30 ans, anticipant sur les futurs combats contre des chaînes de télévision tentaculaires, devenant les héros de la masse opprimée, des enfants et des aveugles en bas âges, marchant tels des héros sur tout ce que la planète connaîtra de monstres lobotomisateurs. Le FLT contre TF1, le FLT contre M6, le FLT contre AB Production, le FLT contre la conspiration des Visiteurs, le FLT sauvant la planète d’une météorite géante venue s’écraser sur la France.....etc....


Jeudi



Il était 8h45 lorsqu’il fallut se lever. C’est dommage, j’avais à peine entrevu les possibilités d’extension du FLT pour l’année 2130, lorsque le groupe possèdera sa propre base spatiale autour de Mars, employant nuit et jour quelques 458618 salariés à plein temps, qui mangeront, vivront et copuleront au nom de l’entreprise. Un peu désabusé, et un peu crevé, je me levai dans l’idée de prendre mon petit déjeuner au "Tipi".

Ce fut une serveuse pas très jolie, et plutôt désagréable qui apporta le chocolat sur le comptoir. Je pris sous son nez le journal traînant sur le comptoir... Nous étions dans un petit encadré à la une. Sur la photo, Oz, de dos, sur la place du marché, semblait se précipiter vers les stands (en réalité, il se précipitait vers la maison qui se trouvait derrière, pour sauver une mère et ses deux enfants d’une maison en flamme, et éteindre l’incendie car les flammes faisaient un reflet gênant sur l’écran.). En page intérieur, un article plutôt élogieux faisait la gloire du festival de Mâcon, le journaliste semblant dire qu’il était à genoux devant un tel festival, la langue pendante et bavant devant une telle merveille.

Comme hier, lorsque nous revinrent à la tente, elle était debout, entourée de..... vide, la seule tente restante du camping, ridicule et minuscule, semblant s’écrouler à peine la moindre goutte d’eau tombant sur sa toile.
Car il pleuvait.... Et bien en plus !

Alors imaginez-vous vous à deux, vous taper 3/4 d’heures de marche, sous la pluie, avec une dizaine de baguettes qui se cassent la gueule sous le bras, pas un endroit pour s’abriter et UN SEUL parapluie. Sans oublier les voitures et les camions qui passent à côté de vous et qui ne sont même pas capables de s’arrêter pour prendre 2 auto-stoppeurs. Est ce que selon vous ça serait rigolo à raconter ? Non ! Et bien c’est pour cela que je n’en ferai pas mention...

C’est complètement ruisselants de pluie et nageant dans nos propres habits que nous avons débarqué dans la salle de rédac. Après un rapide bonjour et le branchement du portable sur une des prises, ( ou comment profiter sans scrupule de l’argent du contribuable Mâconnais pour recharger une batterie de portable...) je me dévouais pour faire les brèves. Au moins, ça m’occuperais, et je pourrais en profiter pour faire des private-jokes. Au bout de 5 minutes c’était réussi, l’une des mes brèves ayant fait marrer Amrith. Ce qui est un exploit en soi !

Après les discussions habituelles en salle de rédac, et Oz qui passa en vitesse, histoire de voir ce qu’il se passait, puis de repartir sauver la vie d’un Mâconnais de 83 ans pour qu’il puisse aller aux projections du lendemain, le soleil pointa le bout de son nez, et on décida de se taper nos sandwichs dans le même café qu’hier.

La congrégation Star Trek/Babylon5 se trouvant trop peu nombreuse, réussit à recruter deux nouveaux membres sur la journée. Dont une, qui débarquait de Hollande, n’avait plus de contact avec personne, et était arrivé sur un coup de tête en lisant l’article dans Génération Série (je sais pas si vous voyez l’article de GS, mais il ne doit pas faire plus de 5 lignes, et il n’est fait aucune mention de ST ou de Bab5, juste le mot "fan-club" timidement posé là.).

On a eu aussi droit à l’arrivé de Seb et de son pote (Et là, il m’arrive un truc affreux.... j’ai plus le nom du pote de Seb ! Donc, jusqu’à ce qu’on me l’ai redonné, ou qu’il me revienne, je mettrais en rouge la mention Pote à Seb. C’est d’autant plus crétin que c’est un gars que j’ai trouvé hyper-sympa !) transportés par la voiture à 666. Le tapis rouge fut déroulé, Seb sortit de la voiture, s’approcha du bar, et fut embarqué en vitesse par Oz et Ozgirl.
En effet, il y avait la soirée "Justice à New York" ce soir et n’ayant aucune info, c’était Seb qui devait se taper tout les articles sur Law & Order pour le quotidien des fans-clubs. Et fallait qu’il se dépêche parce que c’était bientôt l’heure de bouclage prévue, et Oz n’avait pas que ça à faire, il devait négocier la présence de Sarah Michelle Gellar pour doper de 40% l’affluence au festival de Mâcon 2007.

Pendant ce temps là, ça se la coulait douce au bar. On faisait de notre mieux pour attendre le plus longtemps possible avant de monter notre stand. (On s’était fait entubé une fois pour soulever des frigos, ils vont pas espérer qu’on recommence). De plus, un stand de Fleuriste-charcuterie, et un stand de dégustation de papier-peint mangeable, s’étaient ouverts en plus des autres stands sur la place du marché de Mâcon.

Et ce jour là, alors qu’on s’attendait à se faire chier, qu’on avait tous amené des bouquins de 500 pages, des bibles de mots croisés, que chacun pensait écrire sa petite conférence dans son coin, ou bien pioncer, tout simplement.... Il y avait des gens ! Et parfois ils s’arrêtaient pour regarder le stand. Et parfois, il y avait des gens qui posaient des questions... pertinentes en plus ! Je me souviens qu’on est tombé sur une mère et son fils avec lesquels on a un peu échangé nos points de vues. Amrith et Sullivan sont aussi tombés sur la perle rare, un type qui adorait Millennium, sans trop connaître X-Files.
En plus, le quotidien des fans-clubs s’étant tiré à trop d’exemplaires hier, on donnait le magazine à la sauvette, au coin de la rue, faisant connaître au monde Mâconnais notre message d’espoir...

Mais, un peu plus tard, un autre événement plus important encore et historique se profilait à l’horizon. Non pas l’arrivée de la bagnole du prisonnier, qu’Oz avait été cherché directement en Angleterre pendant un trou dans son emploi du temps, mais aussi l’arrivée de Skateman, à pied, sur la place du marché Mâconnais. Là, c’était trop, il fallait qu’on amorce le contact ! Nicolas a pris son courage à deux mains et a été expliquer au Skateman la profonde vénération qu’on lui vouait. Et c’est là que Skateman est arrivé, tout simplement, visiter le site du FLT et rencontrer son public avec la plus profonde humilité qui soit.

Mais, aussi, ce que l’on ne savait pas, c’est que le Skateman était suivi par une armée de Skate-Disciples. Et parmi les Skate-Disciples de Skateman, se trouvait un type hyper fin et pertinent, un futur Jean-Paul Sartre dans le domaine de la réflexion, un futur Voltaire dans le domaine de la dénonciation, un futur Raymond Devos dans le domaine du jeu de mot, et de surcroît un fin connaisseur de séries télévisées, capable d’analyses aussi innovante que recherchées. Je me souviens encore de lui, lorsqu’on lui a expliqué le concept des séries télévisées de qualité, ce qu’il avait répondu :
"Et Highlander, c’est vachement bien ça Highlander. Putain, dans cette série, c’est trop fort, MacLeod il se tape trop de meufs, et que des bombes !"
Ému par une telle dialectique, je ne pus qu’aller dans son sens :
"Ouais, c’est vrai. Et en plus, comme il a vécu des millénaires, c’est sûr qu’il s’en est fait énormément !

- C’est vrai, comment qu’il se tape trop de meufs Highlander. A mon avis, ce mec là il a une trop grosse queue pour attirer les filles comme ça !"
Ho mon Dieu ! Quel esprit, quelle finesse, quelle pertinence ! J’en pleurerais presque !

Dommage qu’il ne soit pas resté plus longtemps que 5 minutes, on aurait sûrement évoqué la beauté conceptuelle d’Alerte à Malibu, et de son culte mammaire !

Après cela, séance détente et photo pour tout le monde ! Et va-z’y que ça se photographie dans toutes les positions, et va-z’y que ça prend des souvenirs, etc... Une drôle de personne arrive à ce moment là, et attend patiemment qu’on ait fini de faire les couillons pour parler. On apprendra quelques minutes plus tard qu’il s’agissait de Kato, qui était arrivé de Suisse avec ses enfants ! (Bon, je ne sais pas comment je vais faire pour être drôle avec ça.....).

Malheureusement pour lui, tout le monde était overbooké ! Amrith devait quasiment surveiller deux stands à la fois, pendant qu’ Oz passait son temps au téléphone pour rapatrier une famille Mâconnaise coincée à Bangkok afin qu’elle puisse assister au festival, et allant à droite à gauche pour aider au journal, aux projections, au confort des invités et au bonheur des employés de Mairie, pendant que Sullivan et Ozgirl bossaient leurs exposés respectifs, et pendant que moi et 666 étions occupés à la projo de Farscape. Moi pour voir en quoi cette série est géniallissime (et d’être épaté et accroché dès le premier épisode !) 666 pour voir l’accueil d’un public lambda face à cette série.

Ensuite retour au stand, pour regarder la conférence de Nicolas. J’appris aussi qu’un salopard de journaliste de France3 avait osé faire son boulot en allant interviewer Amrith sur le stand du FLT. Amrith avait demandé à ce qu’on brouille son visage, qu’on trafique sa voix pour qu’elle ressemble à celle d’un Daft-Punk, et qu’on le filme à contre-jour. Le type de France3 s’en foutit éperdument et continua à le filmer pendant qu’il protestait. Pendant qu’Amrith partit faire un attentat à l’antenne locale de France3 et qu’Ozgirl parlait avec un gars à lunettes, je restais sur mon siège pour renseigner les gens qui auraient l’idée saugrenue de voir notre stand. Personne ne demanda de renseignements, mais je remarquais du coin de l’œil deux abruties qui sont passées lire les panneaux et qui ont fait (d’un air plus ou moins dégoûté) "Oz ? C’est quoi ça... je connais pô !". J’étais prêt à me foutre de leur gueule en tentant de leur expliquer qu’il s’agissait d’un autre spin-off de la série Buffy, consacré au personnage d’Oz, mais elles ont eu la mauvaise idée de partir avant que j’y pense.

Le véritable Oz de Mâcon, quant à lui, vint nous apporter les "quotidiens des fans-clubs" à distribuer, et qu’il venait de se taper intégralement à la machine parce que l’ordinateur était en panne, puis après avoir déposé la caisse de journaux, il repartit en courant, car il avait oublié de décharger le camion rempli de milliers de sièges supplémentaires pour la projection de ce soir (en effet, à la projection du soir d’avant, les spectateurs avaient explosés les sièges en bois, car enragés d’avoir payé pour un film aussi nul. La folie chaisicide ne se termina que lorsqu’on leur eût rappelé qu’ils n’avaient strictement rien payé !)


- 19h30 : Repli stratégique, comme tous les soirs. Comme le gars à lunettes qui parlait avec Ozgirl reste encore là, j’en conclus qu’il doit s’agir de JeanMiX, et je me décide à le saluer. Puis tout le monde part se faire une bouffe au 88, le restaurant un peu au-dessus de la place du marché de Mâcon. Cette fois-ci, comme on était d’assez nombreux membres du FLT (et sympathisants) on décide de commander une table à part, repoussant d’un geste dédaigneux de la main les autres fans-clubs (qui s’en foutaient royalement, soit dit en passant).

La révélation de la soirée vint en début de repas, lorsque en inspectant les toilettes du bar pour voir s’il ne s’y trouvait pas des micros planqués, (et pour soulager nos envies pressantes respectives par la même occasion) nous fîmes une étrange découverte. A l’intérieur, les toilettes étaient toutes équipées de chromes rutilants, pleines de boutons qui clignotaient dans tout les sens, aux designs les plus high-tech les uns que les autres. Ayant eu l’idée bizarre d’aller sur le siège des toilettes au lieu de la pissotière, je découvris ébahi, un siège tournant sur lui même qui s’autonettoyait, s’autochauffait et vous disait "Au revoir" après usage. Une fois après avoir été pisser dessus, nous être lavé et réchauffé les mains, les appareils de toilettes chantèrent "Ce n’est qu’un au revoir" tout en nous faisant un grand sourire et un coucou de la main. Avant qu’il y aille, on prévint brièvement Amrith, qui une fois sorti eut cette très belle critique : "P’tain, mais c’était les chiottes à Robocop !".

Bon, les discussions au 88 furent des discussions sérieuses de fans de séries normales, Amrith et Sullivan parlaient d’X-Files, Ozgirl et JeanMiX parlaient d’Oz, et j’abordais le consternant constat de la différence VO/VF des épisodes de Friends. La discussion battait son plein, tout le monde était hyper sérieux, apportant au débat une pierre d’un édifice de l’expérience personnelle en matière de série télé. Lorsque 666 fit cette judicieuse remarque : "Oh La vache, la fille derrière.!!". Et hop, toute une bande de vicelards qui se retourne...... enfin, faut dire qu’il y avait de quoi... sa jupe était tellement courte que je me suis demandé si c’était pas un slip.

Puis, la discussion reprit, jusqu’au passage éclair de Skateman, qui traversa la place derrière nous. Ce fut la dernière fois que l’on le revit, l’homme qui skatait plus vite que son ombre, (et qui se taulait plus vite que son ombre aussi) l’unique, l’idole de toute une génération (mais quelle génération ?), LE Skateman. Oz fit un bref passage au 88, exténué, venant de déjouer à la dernière minute un complot fomenté par AB production pour intervertir les cassettes de la soirée "Police à New York" avec des épisodes du "’Groupe" et "Des Filles d’à côté". Puis, voyant qu’on venait de laisser de la vaisselle sale au restaurant, il se proposa de la nettoyer à la place du plongeur, et il disparut en cuisine.

Bon, ensuite, il faudrait que je vous raconte comment Nicolas B. et 666 se sont faits ridiculiser sur scène.... mais je ne les ai pas vus, j’étais au téléphone avec mes parents dans une petite rue pas trop loin, (il ne fallait pas qu’ils entendent le bordel d’à côté...) pour négocier avec eux un Rdv de dentiste au sujet de ma dent qui se cassait la gueule.

Après le matage d’un épisode de Law & Order qui avait cloué tout le monde sur place et plombé quelque peu le moral (c’est le cas de le dire d’ailleurs), nous nous dirigeâmes vers un autre bar de la ville, pour avoir une discussion purement FLTienne comme nous en avons le secret.
Pourtant, à cause d’une influence spatio-temporelle, la discussion se transforma peu à peu en monologue d’Amrith qui expliquait les nombreux manga qu’il avait vu. Pour la plupart des trucs assez zarbs avec des côtés Dark ou gore. Puis, la discussion ripa peu à peu en discussion sur les films gores ou stranges comme "Tetsuo", "Bad Taste", etc...

Rien de problématique jusqu’au moment où 666 se mit à parler d’une série qu’il recherche depuis des années et qui l’a traumatisé lorsqu’il était petit. Ça raconte comment des extraterrestres implantent des graines dans le bide des humains, et peu à peu une excroissance de la forme d’un arbre se mettait à leur pousser sur le bide, etc.... Je ne sais pas pourquoi à ce moment-là, j’ai eu comme une vague d’angoisse. C’était une très étrange sensation, c’était comme si je me mettais à avoir peur de tout. C’était comme si je prenais conscience à l’instant de ce qu’il y avait d’effrayant dans ce que venait de raconter Amrith, 666 et les autres membres. C’était comme si tout ce qui se trouvait autour devenait potentiellement dangereux, comme si quelque chose pouvait nous tomber à l’instant sur le coin de la gueule, un type monstrueux se ramener et en une seconde tous nous éventrer. C’était comme si toutes les peurs, les trucs pas super rassurants, que j’avais connus venaient assiéger mes pensées. C’est comme si toutes ces petites choses qui ne m’avaient jamais angoissé, se mettaient à prendre des proportions effrayantes qui obnubilaient soudainement mon esprit.
J’avais beau parler d’autres chose, toute les 5 minutes il fallait qu’une image angoissante, allant des pubs de la sécurité routière aux récits des cauchemars de Nolwenn (une amie à moi qui fait très nombreux cauchemars, peuplés de serials killers, de monstres déformés, d’enfants diaboliques, de cadavres en décomposition, qui cherchent à la poursuivre, à s’accrocher à elle, à la charcuter, j’en passe et des horribles) s’affichait dans ma tête. Le dos frissonnant, avec sans cesse l’étrange impression qu’il se passait quelque chose derrière mon dos, je ne remarquais même pas la présence d’Oz parmi nous ou la disparition d’Ozgirl et de 666 partis se coucher. J’étais plongé dans une inexplicable frousse.

Ce soir là, c’est JeanMiX qui nous raccompagna jusqu’au camping dans sa voiture. Encore angoissé, je regardais le monde par la fenêtre, comme pour me persuader que tout allait bien, lorsque l’espace d’un instant je vis une tête flottant dans les airs. J’étais près à hurler, lorsqu’à la fraction de seconde suivante, je reconnus la tête de Thierry Ardisson. Je clignai des yeux, et reconnu la pub pour Perrier (en fait, elle était éclairée par les phares de telle sorte que l’espace d’un instant je n’ai vu que la tête !).

Cette nuit là, JeanMix nous a déposé près du camping, et je suivais Nicolas, tout en tremblotant, en direction de notre tente insidieusement cachée derrière des camping-cars crades et des caravanes rouillées.
Ma tête fonctionnait à 100 à l’heure et mélangeait toutes les conneries qui avaient été racontées pendant la discussion du bar, tout en y ajoutant un zeste de peurs enfantines, la liste des films aux jaquettes hideuses et aux résumés atroces, ainsi que tous les coupages de têtes, tortures, et autres étripages en vrac que je pouvais imaginer. Cela donnait un truc pas rassurant du tout qui ne voulait pas sortir de mon esprit, assez proche des monstrueuses pubs playstation..... Ho, mon Dieu, la fille de la pub Playstation, qu’elle horreur, non, argh, beuark, et des films gores que je n’avais pas vu. (Ceux que j’ai vu ne m’ayant jamais vraiment fait peur). Histoire de me rassurer, je commençais à parler à Nicolas, comme pour détruire la malédiction. Parler pour oublier.... Et j’ai parlé, car mon blabla alla du dernier Star Wars, jusqu’à la collection des bouquins du Poulpe, en passant par Platon & Socrate. Mais, la terreur qui avait envahi ma psyché commençait aussi à envahir mon environnement. Des bruits bizarres se firent entendre, des sortes de bruits réguliers, à mi chemin entre le bruit de la scie coupante et celui d’un ventre que l’on écrase, et parfois même un court mais intense "CHHHHHHHHHH" se faisait entendre, venu d’on ne sait où.

Une fois Nicolas endormi, j’essayait de m’inventer des situations sympathiques afin de me rassurer....

- Un repas en famille, tiens, un truc sympa, autour de la table, avec de belles cuisses de poulet, et.... un chien qui apporte un animal tout remplis du virus Marburg, et....non pas ça...

- Hum... une soirée entre potes, dans une baraque sympathique. Sauf des bruits à la cave, et....une attaque de zombies qui étripent les invités...non pas ça...

- Une soirée sur un banc, au coucher du soleil, avec une superbe brune. Elle a sa tête posée sur mon épaule, on est bien. Puis soudain, je m’approche de son visage et la regarde au fond des yeux et.... harggh, la fille pour la pub Playstation ! Noooonn !

Aucune pensée positive ne marchant, j’avais décidé que j’étais foutu. Sans doute ma peluche en forme de chien qui tentait télépathiquement de me chuchoter des monstruosités pour ensuite petit à petit me bouffer l’esprit ! Les peluches sont souvent comme ça, elles envoient des ondes négatives aux esprits faibles (voilà pourquoi elles attirent les enfants plus facilement que les adultes.). Ces ondes sont transformés en psychoses, qui obligent les esprits faibles à se raccrocher à la peluche et à la serrer dans leur bras. En fait, c’est une ruse, car une fois au contact de l’être humain, la peluche, ignominieusement, se met à vous pomper de l’énergie. Quel saloperie ce truc !!!

Mes psychoses commençaient à prendre forme. Le camping était sûrement infesté par des extraterrestres mutants, des cyborgs tueurs et des espèces de plantes capables de faire germer des saloperies depuis l’intérieur. Ils rôdent. Si jamais je m’endors, peut-être qu’un cyborg à la Edouard aux mains d’argent, s’introduira dans ma tente, et lentement, avec une lame, me découpera silencieusement, bloquant ma bouche pour m’empêcher de crier. Argh ! Quelle saloperie !
Non, il vaut mieux attendre en silence, pendant 4 ou 5 heures, sans bouger. A un moment, un gosse va bien se lever, là, ils devraient lui sauter dessus pour le bouffer. C’est à ce moment-là que je devrais m’enfuir.
En attendant, faut pas que je m’endorme
...faut pas que je m’endorme.... non, faut pas....

J’échouai dans ma mission à 6 heure du matin, environ.


Vendredi



9h00 : Réveil, with méga head in the ass... Pas loin de moi, j’entends des cris d’enfants...
Je les imagine sans doute en train de mourir dans d’atroces souffrances, les pauvres petits anges, victimes de douleurs inhumaines leur déchirant le ventre.
Puis, j’entends des rires, et je me souviens, comme un con, qu’il y a un bac à sable pas trop loin. Je me lève, m’habille et décide d’aller déjeuner au tipi, non sans avoir jeté un coup d’œil sur la bande de petits morveux rieurs qui ne savent pas à quoi ils ont échappé. Quelle bande d’ingrats !

Arrivée au Tipi. Une fille un peu mignonne, mais assez étourdie me demande ce que je veux. Je lui suggère le chocolat. Elle regarde la machine...
"Désolé, je sais pas si on en fait... Vous êtes sûr que vous ne voulez pas un café ?"
Un temps, l’idée de prendre un café m’effleure....
Visions à la Frank Black : "Une petite fille en train de hurler/ Une main qui tremblote nerveusement en tenant un flingue/ Un accident de la circulation/ Le Skate Disciple se prenant une beigne dans la gueule/ La place du marché de Mâcon en feu, avec des gens qui hurlent dans tous les sens en se tenant la tête dans les mains.".

Je fais un gentil sourire à la vendeuse... "Vous n’avez vraiment pas un chocolat chaud ??"
Elle part en cuisine pendant 5 minutes, puis me confirme qu’il y en a bien. Je lui en demande, ainsi qu’un croissant. Elle repart en cuisine. J’attend. Devant moi, une bande d’Allemands, aux costumes de presque-bikers prennent leurs café en grommelant des trucs. Je rejoins Nicolas à la table, qui jette un coup d’œil au journal d’aujourd’hui.
(...Bizarre, il y a comme un arrière-goût de déjà-vu par rapport au quotidien des fans-clubs... A mon avis, si un journaliste raconte que le brevet 504 à été présenté au Salon de Genève en 1969, je ne pense pas que c’est parce que ça fait partie de sa culture personnelle.).

La serveuse revient avec le chocolat et ne me voyant plus au comptoir se demande où je suis passé, sans même jeter un coup d’œil pour voir si par hasard j’aurais pas eu l’idée saugrenue de m’installer à une table. (En plus, c’est pas le trop plein de clients qui devait nous masquer.) Je m’avance vers le comptoir, et prend mon chocolat, devant une serveuse apparemment étonnée que les clients puissent se déplacer d’un endroit à l’autre de la pièce. Je rapatrie le chocolat et le croissant sur la table, et savoure 5 minutes de tranquillité bienfaitrices et apaisantes.
Au moment de régler l’addition, la serveuse se goure en tapant sur la caisse enregistreuse et est obligé de demander de l’aide à un collègue. Pas douée la fille !

Ce jour-là en salle de rédac, je rempile pour les brèves, parce que ça occupe, et que les autres ont bien aimé. En 5 minutes j’avais écris un truc sur le skate disciple, qui a d’ailleurs fait rire Amrith (ce qui est un exploit en soi). Le seul problème est que je n’ai pas pu le garder et qu’il n’a pas été publié (je comprend d’ailleurs pourquoi), je ne peux pas vous faire part de ce que c’était.

D’ailleurs, il faut dire que si on était morts de rire avec nos brèves, Alain avait plutôt un air dubitatif en les lisant.... "Hum, c’est du remplissage.... surtout le coup de la brève secrète !" fit-il en lisant le dernier numéro. De son côté, Oz tapait à l’ordinateur les sujets du numéro de ce jour-ci, tout en se pressant parce qu’il devait par la suite conduire un bus jusqu’à la gare pour ramener une cinquantaine de Japonais qui "paraît-il" étaient intéressés par le festival. (C’était une blague)


- 13h30 : Bouffe dans le café habituel. Pour me mettre en jambe, je décide d’aller voir si la ville de Mâcon possède ou non une bonne librairie. Je me mis en route, décidé à voir ce que la ville de Mâcon pouvait receler comme perles. Après ce qui fut pour moi une marche forcée sous la canicule et le soleil plombant, j’abandonnais cette quête insensée, et retournait Place aux Herbes pour voir où en était le stand. En fait, je fus assez surpris, puisque personne n’avais bougé de son siège et qu’il n’était que 14 heures. Ou alors, c’est qu’ils m’attendaient avant de monter le stand.

Le stand fut donc monté sur la Place aux Herbes, entre le vendeur de fromage de chèvre, le stand du Rôdeur, une dégustation gratuite de vins, un vendeur de poisson, un démonstrateur de couteaux kwin-zu, et un vendeur de sacs "Nuiton" et de chaussures "Adadas".

Une fois le stand monté, chacun vaqua à ses occupations habituelles, Ozgirl et 666 se grouillaient à mettre au point leurs conférences habituelles, je terminais les sujets pour le Dessiné-c’est-gagné, (pas grave, de toute façon, il n’a pas eu lieu....), les passants passaient en regardant vaguement notre stand, et Oz passait et repassait, en conversation avec deux téléphones mobiles à la fois.
Un pour commanditer l’achat de 751 actions Rhône-Poulenc, de 54 actions Findus et la vente de 410 parts de Stock Options de l’entreprise Banlard, afin de rééquilibrer le marché boursier subissant une grave crise. "Car s’il y a un krach boursier, je risque de payer les sièges pour l’année prochaine trop chers." disait-il.
L’autre pour engager une armada de tueurs à gages pour qu’ils explosent la tête du type qui lui avait fait la blague... (On ne se moque pas impunément d’Oz...). En l’absence du Skateman pour attirer notre attention dans nos moments perdus, plein de personnes passèrent en nous posant des questions sur les séries télévisées, et surtout sur la question qui les préoccupaient : "Pourquoi M6 n’avait passé QUE le pilote d’Oz ??". L’après-midi fila très vite, et je partis m’enfiler des épisodes de séries télés à la mairie. En chemin j’y croisais Oz hurlant dans son portable pour négocier la non-présence de Véronique Genest au festival de Mâcon de l’année prochaine.

Je rejoins le pote à Seb et me mate un épisode de Star trek NG, puis un épisode d’Alias. (le pote à seb, quitte d’ailleurs l’épisode à peine 5 minutes après le début... c’est dire...) La suite est plus ou moins bien. Je me suis aussi tapé la honte lorsque mes parents se sont mis à m’appeler sur mon portable pour me souhaiter une joyeuse fête. Mais le pire, ça a été le cliffhanger, se taper un épisode dont l’intrigue tourne autour d’une boîte, et ne pas savoir sur la fin ce qu’elle contient, ça m’a un peu mis les nerfs en pelote (d’ailleurs, je me souviens de la tête des gens dans la salle qui se sont retournés et ont fait "Quoi, ça se termine là ?").... Et c’est d’un pas un peu énervé que je me dirige vers le stand du FLT-GSC, pour faire part de mon désappointement aux autres. Là, Alain était installé et discutait tranquillement de choses et d’autres. Il me voit arriver et s’étonne... "Quoi, c’est déjà terminé ?... Mais, je suis à la bourre." et il quitte le stand précipitamment pour aller à la salle de la mairie, voir si une ou deux personnes étaient par miracle restées pour entendre son speech clôturant l’après-midi.

J’appris qu’Oz était passé et qu’il avait déposé une caisse de 500 numéros du quotidien des fans-clubs. 500 quotidiens qu’il avait tapés lui-même parce que le niveau de gris offert par la photocopieuse ne lui satisfaisait pas.

Pendant ce temps là, 666 fait tout pour oublier qu’il est 18h00 et qu’il doit faire une mini-conférence sur la diffusion des séries télévisées. En fait, ce qui foutait un peu la honte n’était pas de faire une conférence sur la place du village de Mâcon, c’était le fait que tout le monde vous voyait faire une conférence sans public.

Je m’explique. Les conférences étaient faites derrière pupitre, et des sièges étaient installés en face du conférencier, en place de Mâcon. Le problème, venait du fait que les sièges étaient pour la plupart complètement vides, étant donné que ce n’intéressait guère les gens des fans-clubs (vu que c’est quelqu’un des fans-clubs, tout le monde le connaît) et que les passants ne faisaient que passer, et n’avaient aucune envie de s’installer sur un siège pour écouter quelqu’un qui de surcroît parlait devant des sièges vides. Pour pallier à ça, entre camarades de fans-clubs, on dépêchait des gens qui n’avaient pas grand-chose à foutre afin de pousser le conférencier à s’y mettre... (Parfois je foutais mon chien en peluche, mais ça ne faisait pas très sérieux...)

Après le tour de 666, ce fut à Ozgirl de se taper une "conférence" qui prêchait principalement un public de convertis, qui pour la plupart, sirotaient un vin blanc offert par le stand de dégustation gratuite. Ozgirl à son tour, se tapa la honte par Alain Carrazé qui démonta une théorie qu’elle avait faite concernant le fait qu’il n’y ait pas de résumé avant les épisodes des séries diffusées sur HBO ! Puis, il profita de la foule qui s’était amassée pour faire un speech sur la réussite du festival de Mâcon. Puis, il commença à faire la présentation d’ « Épisode », son nouveau magazine. Un magazine fabuleux sur les séries télé, avec une maquette superbe, des articles hallucinants sur les nouvelles séries, des articles écrits par des commentateurs de renoms et des spécialistes des séries télévisées. « Épisode » sera au magazine sur les séries télévisées, ce que « les cahiers du cinéma » furent aux journaux sur le cinéma, et plus encore, un must, une référence, un îlot de verdure dans un océan de médiocrité.
De plus, chaque numéro d’Épisode sera présenté avec son DVD en complément, un DVD fabuleux comprenant des interviews, des bandes-annonces, des Makings-of à la pelle. Et le tout pour la somme désopilante de 6 € ! Oui, Madame, pas 8, pas 7, mais bien 6€ ! « Épisode » deviendra la référence en matière de journaux de séries télé, vous permettant de tout savoir. Si vous l’achetez vous deviendrez soudainement très calé en séries télé, incroyablement savant, et les personnes du sexe opposé courront toutes derrière vous. Vous serez adulés par les foules, rencontrant succès sur succès partout où vous foulerez vos pas, votre nom inscrit à tout jamais au panthéon divin de.... putain, j’en fais trop là.

Merrrrrde, ça va se voir ! Il faut faire une ellipse sur ça...

Et pendant ce temps là, Oz était en train de négocier une prise d’otage dans la banque où il était parti chercher du liquide. Après avoir persuadé les criminels de se rendre eux-mêmes à la police, il sortit de la banque sous l’ovation délirante des clients, et se hâta vers le stand. Alain avait terminé sa conférence et se faisait photographier par Amrith et 666. On aurait pu avoir une photo de lui avec mon chien en peluche d’ailleurs, mais il refusa poliment de la faire.
Oz était sur le point de discuter avec nous, mais son portable sonna. En effet, un gosse bloquait l’installation de la scène pour "Cartouche" le comique qui devait faire une prestation le soir. Oz courut donc vers la place afin de jouer à la gameboy et de débloquer 54 Pokémons afin que soulagé, le gosse décide de quitter la place.

Ce soir là, après le démontage du stand, le FLT fut invité à aller au restaurant "Le Lamartine". J’étais personnellement content, il y avait un menu à 8€ ! Oui, car depuis le début, parmi les membres du FLT, il y a les privilégiés (Ozgirl, Amrith, Sullivan et 666) dont la note de restau est payée par la mairie (pareil pour deux membres de chaque fans-clubs.) et il y a les autres qui font un peu la gueule parce qu’ils sont obligés de payer.

Naturellement, afin de simplifier ça, les gens "invités" par la mairie ont un menu unique pour tout le monde. Cette fois-ci, je fis un peu moins la gueule, non seulement à cause du prix, mais aussi par la tête des autres lorsqu’ils virent que le menu du jour était "andouillette". De plus, le chef cuistot avec sa tête et ses muscles de "Boucher/charcutier" n’avait pas l’air super sympa. Enfin, tout contrastait dans ce restaurant. Pour preuve, tout était décoré dans le style "Second Empire/Fin 19eme siècle" avec les bustes en plâtres de types en costumes militaires, des images style "exposition universelle de Paris", des colonnes classiques, des toilettes styles "second empires" en forme de box, des robinets en cuivre du siècle dernier, et.... "YMCA" des villages people qui passe à la radio.
Ensuite, comme Amrith ne souhaitait pas manger d’andouillette, il décida de se choisir lui même son plat. 1/2 heure plus tard, on lui apporta, de la viande froide, une pierre de cuisson, et tout un tas de sauces les plus aromatisées les unes que les autres, et à lui de se faire cuire sa bouffe et d’assaisonner son bordel. C’était assez tripant à regarder et donnait l’impression que la table était surchargée en tout et en rien.

Mais le pire fut lorsque d’autres membres des autres fans-clubs cherchèrent à s’installer sur une table avec les autres. Je me souviens, à ce moment-là, j’étais en train d’écouter Amrith raconter les mille et une subtilités des scénarios de Darin Morgan, tout en appuyant sur son steak pour le faire cuire "à point" ! Le cuisinier pris mal l’arrivée des autres membres du fan-club, pestant contre eux, et contre le fait qu’il s’étaient installés là où ils ne devaient pas être installés, etc... Je me souviens d’ailleurs que 666 était prêt à se la jouer méchant avec le restaurateur lorsque Ozgirl lui fit discrètement remarquer.... "Hé, regarde là, apparemment sa femme en cuisine a dû lui demander de calmer le jeux..." puisque celui-ci nous abordait maintenant avec le sourire et un petit mot gentil. 666 a donc décidé qu’on se la jouerait sans commentaires. On est partis, ceux qui devaient régler ont réglé. Il était initialement prévu, par la mairie, à ce qu’on remange dans ce restaurant le lendemain...... Il venait de perdre une dizaine de clients pour le lendemain, c’est tout.

On était curieux de voir ce qui allait se passer sur la place de Mâcon ce soir. En effet, il était prévu qu’un comique fasse des sketches (à la place du traditionnel "jeux sur les séries télé") et nous voulions voir ce que ça donnait, vu qu’Alain Carrazé avait dit que c’était des sketches en rapport avec la télé, et qu’il avait contacté le gars sur son site, et qu’il paraîtrait qu’il était drôle. De plus, il devait faire face à un FLT plus que sceptique, puisque seul "annuséries" et moi aimons les spectacles comiques (je pousse même le vice jusqu’à avoir aimé le dernier spectacle de Jean-Marie Bigard !), bon on avait pas l’avis d’Oz là dessus, mais c’est pas grave, il était à ce moment-là trop occupé à repeindre la façade de l’église de Mâcon (des gens s’étaient plaints que la teinte jurait avec l’ensemble formé par l’écran géant !).

On est donc allés jeter un coup d’œil, un peu à l’abri sous la pluie qui commençait à tomber, tout en essayant de se faire une idée. Après tout ce comique était peut-être drôle ? La réponse fut clairement : non !
Ce type était une honte pour la profession artistique théâtrale, les amateurs compris. Lorsqu’on l’a vu, il disait que c’était vachement bien le fait que la télé ait pu nous montrer que les séries télé aient pu nous montrer que les ballets acrobatiques existaient. Puis, il se lança dans une imitation atroce de l’accent banlieusard, puis sur une imitation pathétique d’un type qu’essaye de faire de la danse classique et qui essaye de pas se vautrer. La seule chose qu’il ait pu lancer se rapprochant de près ou de loin à un quelconque gag humoristique fut ! "T’habites où... La Russie ? C’est qu’elle rue, j’connais pas !"

Au bout de 5 minutes, on se replia dans la salle près de la Mairie, là où aurait lieu la projection, vu qu’il allait pleuvoir, quittant un spectacle encore moins drôle qu’un débat de l’heure de vérité.


- 21h30 : Spectacle de Cartouche. 10 minutes. Lamentable (t’habite la Rue "si" ? C’est où comme rue ?). on se taille parce qu’il commence à pleuvoir. On s’installe dans la salle, je jette un coup d’œil à Ozgirl (quelqu’un avait été rendre son sac...), je reviens et trouve tout le monde en train de tripoter son portable. Pendant une heure, on entend de la musique sur scène. Des gamines de 10 ans sifflent et battent des mains, pendant que le public sur le banc se fait chier, et semble aussi joyeux que s’il regardait la mire. Je prépare des brèves pour le lendemain.

Ce soir là, Alain Carrazé fit un speech dans lequel il saluait la prestation des techniciens, puis la prestation de Cartouche. Apparemment Alain n’était pas là, car mis à part d’avoir plombé la soirée, la seule prestation de Cartouche fut d’être encore moins drôle que les chevaliers du fiel.
Puis, la soirée commença avec "Undeclared" (avis partagés et dubitatifs) puis "The Job" que tout le monde adora, sauf Seb qui avait eu le malheur de ne pas être là, et qui se fit assaillir par tout le groupe en train de lui raconter les meilleures scènes.
Puis, ce fut l’heure pour moi de dire au revoir à tout le monde (sauf Oz qui était occupé à enterrer un colis qu’un homme vêtu de noir venait de lui apporter) avant de repartir destination : le camping de Mâcon.

Une fois arrivés là-bas, on se dit qu’on allait pas en rester là, et qu’on allait peut-être se prendre un pot au "Tipi", qui était allumé, et apparemment ouvert. A l’intérieur, ça discutait et ça rigolait sec, des clients (à moins que ce ne soient des habitués) discutaient au comptoir. La gérante nous vit arriver et nous dit : "Bah, Désolé, mais c’est fermé !".
Après cette tentative de pot avortée, on se rentre dans notre tente, après avoir faits une rapide discussion sur nos points de vues sur les différentes séries proposées depuis le début de la semaine. Puis, n’ayant pas autre chose à faire, on s’est endormis.


Samedi



Le lendemain, il était 8h45 environ, lorsque Nicolas fit sonner son réveil et me demanda de me lever. J’eus du mal à quitter les images oniriques bienfaitrices et à me détacher de la chaleur de mon duvet. C’était comme s’il s’était passé un miracle. C’était comme si le sol du camping était devenu soudainement mou, comme si la place minuscule de la tente avait atteinte des proportions gigantesques au point qu’on aurait pu y placer 6 personnes, comme si les cris des sales gosses s’étaient transformés en musique douce et apaisante, comme si mon sac était soudainement devenu moelleux ( ou alors c’est qu’avec le temps, il a pris la forme de ma tête...)

Finalement je pris mon courage à deux mains, sortit de mon duvet, et m’habilla afin d’affronter le sinistre monde environnant.
C’est lorsque je suis arrivé au "Tipi" que j’ai compris que le monde avait changé et que je m’étais finalement réveillé dans la 4eme dimension. Lorsque je m’approchais du comptoir pour commander ma boisson habituelle, il y avait une nouvelle serveuse assez jolie, et celle-ci me gratifia d’un sourire pendant que je lui demandais un chocolat chaud. Mieux encore, elle me répondit avec gentillesse et courtoisie. Pour la mettre à l’épreuve, je lui signalais que j’allais me mettre à la table là bas, là où était Nicolas. Elle me répondit qu’elle n’y voyait aucun problème !

Mais le plus hallucinant fut à venir... alors que je me dirigeais vers la table, elle me dit :
"Heu, avec votre croissant vous voulez de la confiture ?"
Je me retournais vers elle, étonné.
"Hein ? Et c’est combien ce supplément ?

- C’est gratuit voyons, c’est compris avec le prix de vos croissants !" fit-elle, en me re-faisant un sourire !

Je me fis une joie d’accepter son offre, et me rassis vers la table. Puis, plus hallucinant, elle s’apprêtât à venir m’apporter ma tasse de chocolat ! Là, c’était trop, je lui épargnais cette besogne de trop, et vint à sa rencontre pour la prendre moi-même. Si je ne l’avais pas fait, jamais je n’aurais cru que la tasse qu’elle m’aurait apportée aurait été réelle. Depuis quand le service existait-il dans ce bar-restaurant ?
Je crus un instant que peut-être c’était une faveur de la serveuse, qui avait du inhaler un truc bizarre dans la cuisine, ce qui avait eu pour effet de perturber sa raison et son sens critique, et m’avait prise pour un playboy égaré.
Mais non ! Ensuite, elle fit un sourire à un vieillard, l’aidant à sortir, discutant gentiment avec lui, et lui enjoignant de revenir ce midi. Cette fille était naturellement gentille !

J’ouvris le journal, et lut une critique acerbe du journaliste. Selon lui, il avait été déçu de voir trop peu de monde à l’après-midi SF le jeudi, et laissait présager un périclitage du festival. (Heureusement qu’il n’était pas venu à l’après-midi séries françaises.). Et pas une ligne sur la soirée d’avant qui avait battu tous les records d’affluence.

Je refermais le journal, soulagé. Le monde n’avait pas changé... Juste "Le Tipi", où la gentille serveuse venait de m’apporter un panier avec le croissant, et un mini-pot en plastique de confiture à l’abricot. Ce fut un Nirvana calme pendant les 5 minutes où je dégustais mon p’tit déj.

Ensuite, Nicolas et moi réglâmes l’addition, non sans que je remercie la serveuse pour sa gentillesse. Et encore plus hallucinant, elle ne hurla pas et ne me jeta pas d’objet contondant à la figure en voyant que je n’avais pas laissé de pourboire, mais dit tout simplement "mais de rien, c’est naturel !".

Y’ a pas à dire, on était dans une journée exceptionnelle. Et même en passant la majeure partie de ce "Samedi Noir, sur l’ensemble de la France... Ne prenez pas votre voiture, même pour faire 100 mètres, sinon, vous allez en chier." dans une voiture conduite par le Evilman, la chance était au rendez vous. Pas l’ombre d’un pet de bouchon, juste des hyper itinéraires, une atomisation des caravanes, un parcours sans faute et sans retard.

Après avoir été déposé par le 666 dans mon bled pourri, (que je ne nommerais pas car sa simple évocation provoquerait l’hilarité totale d’une foule de Mormons dépressifs et suicidaires.) je rentrais, confiant, chez moi.

Pendant ce temps là, sur une station spatiale en orbite autour de la terre...
"Tu es fait Dr Zlurgust !

- Mais qui es-tu ?

- Mon nom est zeu.. Ozeu ! Et je suis désolé, mais je suis dans l’obligation de détruire tes projets de destruction de la planète.

- Mais pourquoi ?

- Parce que s’il y a la fin du monde, il y a plus de festival de Mâcon, et après je suis dans la merde, moi !" se justifia Oz en empoignant le petit homme et en le balançant dans le vide spatial.

Puis, il sortit en courant, tout en évitant les rayons laser envoyés par la garde rapprochée du Dr Zlurgust. Puis, il rentre dans sa navette spatiale, qui se détache du satellite, et fonce sur la Terre. Oz appuya sur un bouton et les milliards de micro-bombes pulvérisèrent le satellite spatial qui avait pour but d’envoyer des rayons atomiques depuis la stratosphère, afin de transformer la mer en océan de lave.

Puis, il posa la navette près de Mâcon, et courut à la mairie pour dessiner l’affiche du festival de Mâcon de l’année prochaine, et des 15 autres prochaines années à venir. Encore, il n’avait pas que ça à faire.

Fin