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Agents of S.H.I.E.L.D. - Luke Cage ? Non, L’Agence Tout S.H.I.E.L.D. ...Hé ! Ne partez pas !

Meet the New Boss: Identity Crisis par Marvel

Par Conundrum, le 8 octobre 2016
Publié le
8 octobre 2016
Saison 4
Episode 2
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Pendant un glorieux moment en fin de première saison, après de laborieux et décevant débuts, L’Agence Tout S.H.I.E.L.D. avait trouvé sa place dans l’univers et tout le monde était heureux.

En synchronisant ses univers cinématographique et télévisuel, Marvel avait fait de la grande révélation de la série, la trahison de Ward, une extension d’un de ses meilleurs films, The Winter Soldier. La série avait proposé un prologue la semaine précédant la sortie du film, l’épisode suivant se déroulait en même temps que le second opus de Captain America. Le public ayant aimé le film pouvait alors se diriger vers la série pour y trouver son épilogue.
Malheureusement, ce bonheur symbiotique fut de courte durée. Les films suivants ont pris soin d’ignorer totalement la série, alors que cette dernière n’a cessé de leur faire référence. Et ce, jamais de manière aussi pertinente qu’avec The Winter Soldier.

La série est devenue ce petit frère collant qui veut à tout prix traîner avec son ainé plus cool que lui.
Plus dur encore pour L’Agence Tout S.H.I.E.L.D., non seulement les séries Marvel de Netflix ont trouvé chacune dès leur sortie une identité propre qui n’a pas à rougir de sa qualité, mais surtout Agent Carter, en deux saisons, démontre avec une facilité déconcertante que l’on peut vivre sur le vivier d’un seul film, le premier Captain America, tout en restant pertinente.

Pour aggraver la situation, la série continuant à vouloir avoir un lien l’univers cinématographique, a introduit un élément important des comics, les Inhumains, bien avant le film qui devait leur être dédié et qui devait lancer la la prochaine phase Marvel au cinéma.
Ce choix était prometteur, mais c’était sans compter sur les tensions grandissantes entre la société de production des films et celle des comics et séries. Celles-ci étaient déjà présentes à la genèse de la série, les films ont ainsi soigneusement omis d’aborder la résurrection de Coulson, et ont détruit son sujet même, le S.H.I.E.L.D., moins d’un an après son lancement. Elles ont culminé avec la rupture officielle entre les deux entités, dont le film Inhumans semble être devenu un dommage collatéral.

Cette saison, L’Agence Tout S.H.I.E.L.D. a pris une décision étrange. Au lieu de continuer à jouer dans son bac à sable avec ses gentils et moins gentils Inhumains, elle repart dans une toute nouvelle direction.
Elle décide d’être plus sombre, comme les séries Netflix, mais pas trop non plus, hein. Mais ne peut pas tourner le dos au sujet auquel elle a consacré deux de ses saisons, les Inhumains. Et avec S.H.I.E.L.D. dans le titre, elle ne peut pas non plus se couper de l’organisation sur laquelle elle n’a aucun contrôle puisqu’elle dépend des films Marvel.
Et en plus de tout ça, elle y ajoute un nouvel élément avec la présence de Ghost Rider [1].

agents of shield ghost rider

L’idée d’explorer les recoins de l’univers Marvel où les films n’iront pas n’est pas une mauvaise idée en soi. S’il n’y a que peu de synergie entre les films et la série, il y a en beaucoup plus entre cette dernière et les comics. Les personnages de l’Agence Tout S.H.I.E.L.D. ont même été officiellement introduit dans la continuité : l’introduction de Robbie Reyes cette saison a permis le retour du comic-book Ghost Rider. Le problème est que, en début de saison 4, la série finit par lasser à vouloir changer de statu quo régulièrement. Les Secret Warriors, le concept d’équipe d’Inhumains formée par Coulson et menée par Skye/Daisy/Quake introduite l’année dernière est totalement oubliée (même si Yoyo est toujours présente).

On perd totalement l’idée d’exploration de l’univers Marvel : on a plus l’impression que la série cherche un thème, ne l’explore pas entièrement, se lasse et passe à un autre.
À cela s’ajoute un problème, et de taille celui ci, les personnages de la série ne sont pas si intéressants que cela.
Skye est une vilaine fille maintenant parce qu’elle porte du maquillage noir comme Blackie l’a si justement souligné sur Twitter. Ses interactions avec Robbie sont peu convaincantes, la culpabilité qu’elle ressent au sujet la mort de son copain [2] est une raison valable, mais les dialogues lourds et le jeu si peu convaincant de Chloé Bennet ne véhiculent aucune véritable émotion.
À coté d’elle, chaque semaine, May est la dure à cuire, Fitz et Simmons ont des accents et Mac est le bon pote. Il n’y a aucune évolution sur qui ils sont vraiment. Les personnages du début de la série semblent identiques à ceux que nous avons en début de saison 4.

Au bout du compte, Ward fut le seul personnage avec un réel intérêt. Sa trahison, sa personnalité trouble, son attachement à l’équipe étaient des éléments pertinents que la série n’a jamais su réellement exploiter car celle-ci se concentre sur tout sauf sur ses personnages.
Simmons ne nous a intéressés que lorsqu’elle était sur la planète toute bleue du méchant [3]. Les séquelles de Fitz étaient plus une distraction qu’une réelle intrigue. On a découvert le secret de May et on sait pourquoi on l’appelle la Cavalerie. Donc, ça c’est fait. Mac était cool dans le flashback ‘Eh, mais moi aussi, j’étais aussi dans The Winter Soldier, quelle coïncidence’. Il l’est beaucoup moins depuis. Et il reste Coulson. On
aime beaucoup Clark Gregg et on a de la peine pour Clark Gregg. Il méritait mieux comme série.

Les événements du final de la saison 3 légitimaient un changement de direction de la série. Mais ajouter plein de nouveaux visages et de nouvelles idées ne masquent pas le vrai problème de la série : L’Agence Tout S.H.I.E.L.D ne sait pas ce qu’elle veut être et ce qu’elle veut faire de ses personnages.
La situation commence vraiment à être pesante parce que les premiers épisodes de la saison 4 ne parviennent pas à effacer l’idée que ABC a annulé la mauvaise série Marvel.

Conundrum
Notes

[1Pas celui de Nic Cage, mais la version 2000 des comics.

[2Dont le nom m’échappe tellement il était marquant. J’ai envie de dire Jib. Jib, c’est bien un prénom de mec blanc hétéro, hein ?

[3Dont le nom m’échappe tellement il était marquant. J’ai envie de dire Jib. Jib, c’est bien un nom qu’un scénariste blanc hétéro donnerait à son méchant, hein ?