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Black Lightning - Impressions au sujet de la nouvelle série de super-héros de la CW

Black Lightning : Ça n’existe plus les héros pas super ?

Par Sebargio, le 8 juin
Publié le
8 juin
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Alors que la saison du fameux Arrowverse touche à sa fin (il reste quelques épisodes pour Supergirl seulement, pour le reste, nous avons droit à quelques mois d’un répit amplement mérité après avoir enduré toute une saison d’inepties de Monsieur Queen et de bêtises de Monsieur Allen), il est temps de faire un retour sur la nouvelle série de super-héros de la CW.

Qu’est-ce que c’est ?

C’est donc la nouvelle série de Super Héros de la CW mais (et c’est un gros "mais") elle ne fait pas partie du Arrowverse (même si elle est, malgré tout, produite par Greg Berlanti).
Et rien que pour ça, l’espoir est permis. Autre grande différence, Black Lightning nous offre une saison de 13 épisodes contrairement aux 22 ou 23 qui sont habituellement de rigueur.
Malheureusement, puisque c’est la CW, rien n’est impossible et nous ne sommes malheureusement pas à l’abri d’un crossover de tout ça [1]. Bref…

Et c’est avec qui ?

Avec Cress Williams (Heart of Dixies, Friday Night Lights, Prison Break, Veronica Mars, etc.) dans le rôle principal, celui de Jefferson Pierce et Black Lightning.
Lynn Pierce, ancienne épouse de Jefferson, est interprétée par Christine Adams (l’Agent Weaver de l’Agence Tout Shield).
Lynn et Jefferson ont deux filles, Anissa (Nafessa Williams) et Jennifer (China Anne McClain).
Il y a enfin Peter Gambi, interprété joué incarné représenté dénaturé par le papa fantôme de Dexter, James Remar a.k.a. le plus mauvais acteur de la planète.

De quoi ça parle ?

Black Lightning est un super héros à la retraite. Il a nettoyé les rues de Freeland pendant plusieurs années, mais il y a neuf ans, sous la pression de son ex-épouse qui s’inquiétait pour lui, il a décidé de raccrocher son costume. Au quotidien, il est proviseur d’un établissement scolaire. Freeland n’est pas un quartier facile, c’est même plutôt un quartier très défavorisé. Mais le proviseur Pierce est aimé et respecté par tous. Il fait sacrément bien son taf et montre à ses élèves qu’il existe d’autres avenirs que la drogue et les gangs. Ne sauvant plus de vies avec son identité secrète, la force et ses superpouvoirs, il en sauve avec des livres, de l’éducation et des paroles. 

Mais voilà, des événements le poussent à sortir son costume de la naphtaline.


Il y a un générique ?

Non. Juste une Title Card avec Black Lightning et du rap qui nous rappelle que Black Lightning est de retour.

Et c’est bien ?

Alors, oui et non. Disons que l’espoir est permis mais qu’il y a quand même de sacrés gros défauts.

Attention, ça spoile un peu (mais pas trop) par la suite…

Commençons par le point fort principal : les femmes Pierce.
Elles sont formidables.
Lynn, Anissa et Jennifer. Les trois.
Et aussi bien les interprètes que les personnages.
Ça fait un bien fou de voir ce genre de séries avec des comportements logiques, cohérents. Des comportements de la vie de tous les jours donc. Surtout avec sa propre famille. Des personnes qui, si elles sont inquiètes pour une raison ou pour une autre, vont se confier à leurs proches plutôt que de ne rien dire et garder le secret…
On comprend très vite que les filles de Jefferson et Lynn ont hérité des gènes méta-humains de leur papa. La série ne joue pas trop longtemps là dessus. La famille apprend relativement vite ce qu’il se passe pour tout le monde. Et c’est relativement bien fait. On ne perd pas trop de temps à s’agacer des mensonges des uns envers les autres. Ils se font confiance assez vite. Et ça, ça change quand même beaucoup des autres séries de super héros où le mensonge lié à l’identité secrète est traité comme un passage obligé très lourd.
Le rapport des deux filles avec leurs pouvoirs fait également partie des grandes réussites de la série. L’une accepte ses pouvoirs et veut les utiliser pour aider. L’autre refuse cette responsabilité et souhaite vivre une vie "normale". Ça ne ressemble pas à un caprice de gamine comme ça aurait pu l’être dans n’importe quelle autre série, c’est bien fait, bien amené et cohérent avec ce qui a été fait avant pour le personnage.
Dans la colonne des points positifs, on peut également parler de la relation entre Jefferson et Lynn. Les deux sont séparés mais clairement encore amoureux l’un de l’autre. Et ça se voit à l’écran. On y croit. L’alchimie entre l’acteur et l’actrice est parfaite. Ça aussi, ça fait du bien. Voir des personnages adultes avoir des relations bien écrites, être responsables et cohérents, c’est tellement rare qu’il est important de le souligner.

Jefferson Pierce tombe, quant à lui, dans la catégorie "mitigée". Clairement, dans le civil, Jefferson est un être avec de belles valeurs humaines. C’est un excellent père de famille et un surtout pédagogue remarquable. Le genre de pédagogue qui changeait la vie et qui pense qu’on franchit les murs à coups de livres [2]. Le voir interagir avec des groupes d’élèves ou des individus est un vrai plaisir. Il est respecté par tous et c’est tellement bien écrit, joué et réalisé que c’est totalement crédible.
J’en redemande.
Vraiment.

Un mot sur Freeland au passage : sans trop avoir réussi à comprendre s’il s’agissait d’une ville ou d’une quartier, il s’agit, dans tous les cas, d’un territoire difficile pour ses habitants. La communauté noire y est largement majoritaire, pauvre et les seuls débouchés possibles pour les jeunes semblent être les gangs et la violence. La question du racisme est d’ailleurs présente dans la série. Notamment par le biais des violences policières : dans le pilote Jennifer se fait arrêter de façon totalement injuste alors qu’elle essayait de faire comprendre au principal gang du coin qu’elle n’accepterait pas d’être réduite à un objet sexuel. C’est d’ailleurs la goutte d’eau qui va forcer Black Lightning à revenir sur le devant de la scène. Et j’avoue que ça m’a un peu fait grincer des dents parce qu’on n’était vraiment pas loin de la demoiselle en détresse. Heureusement c’est un papa qui vient au secours de son enfant et Jennifer nous montrera par la suite qu’elle sait très bien se débrouiller toute seule.
On peut également citer, dans le même registre, la destruction par Anissa d’une statue d’une sommité colonialiste.
C’est assez discret cependant, des petites touches qui nous permettent de ne pas oublier le contexte sans pour autant nous détourner du coeur de l’intrigue.
Dans ce cadre, le proviseur Pierce, puisque c’est de lui dont on parlait, propose une alternative viable à ces destinées inexorables. Et c’est donc un gros point fort de la série.

Black Lightning lui, par contre, pose clairement des problèmes de crédibilité. J’ai énormément de mal à croire en ce super héros et ses pouvoirs. Mais c’est surtout son costume qui pose le plus de soucis. Outre le fait qu’il soit plein de couleurs fluos pas du tout discrètes, il est tellement mal foutu que Williams est totalement engoncé dedans. Mais à tel point qu’on n’est pas loin du playmobil : il y a la tête et les bras qui bougent. Du coup, les combats sont un peu ridicules. Enfin, les combats avec Black Lightning. Pas ceux impliquants Thunder, l’identité secrète d’Anissa, parce qu’elle, elle est parfaite, on l’a déjà dit.

Toujours dans la catégorie "peut mieux faire" : l’intrigue générale de la saison. Une histoire de gang saupoudrée de mafia, un peu désuète et déjà vue. Rien de fabuleux mais rien d’intolérable non plus.

On arrive à la catégorie de de ce qui ne va vraiment pas et qui se résume en une image :

black lightning tailleur2

Vous le reconnaissez le papa de Dexter ?
Hé bien il est aussi mauvais en vrai qu’en fantôme.

Il joue un tailleur qui aide Black Lightning dans ses missions. Parce que sous son magasin, il y a un laboratoire secret dans lequel il y a plein d’ordinateurs. Il y met au point l’armure pleine d’électronique de Black Lightning, il hacke des réseaux de partout parce qu’il est un ancien agent secret.
Et rien de tout ça n’est pas crédible une seule seconde.
Mais vraiment.
On n’imagine pas du tout le personnage être capable de faire quoi que ce soit de tout ça.
Bon, et puis, on parle deux secondes de la couverture choisie : tailleur.
Sérieusement ?
Alors déjà que c’était pas la fête fête avec l’écriture du personnage, vous imaginez facilement qu’en rajoutant l’extrêmement mauvaise prestation de Remar on fait plus que frôler la catastrophe. On la défonce.
Un tel acteur pour un tel personnage, c’est le ridicule assuré à chaque apparition. Aussi mal à l’aise avec une arme à la main que devant un ordinateur. Vraiment, quand on voit les hackers et petits ou petites génies de l’informatique dans les autres séries, on pense à Cisco ou Felicity pour ne pas chercher trop loin, même si on sait que c’est ridicule et qu’en faisant bouger les doigts très vites sur un clavier on ne perce pas les défenses de la NSA en deux secondes et demi, on a envie d’y croire. Là, c’est juste pas possible.
C’est risible.

Sans exagérer, nous avons là le point le plus problématique de Black Lightning. Et l’air de rien il pèse pas mal lourd dans la balance, parce qu’il fait partie de quasiment toutes les intrigues. Même quand on filme la famille Pierce avec Gambi lors d’un repas de famille, il réussit à ne pas faire fonctionner la scène.

Mais malgré ça, il y a de l’espoir et du potentiel.
Je serai là, à la rentrée, en croisant les doigts, pour la deuxième saison, même si Remar et le costume ridicule y seront forcément aussi.

Sebargio
Notes

[1On rappelle au passage que Supergirl ne devait pas croiser le chemin de The Flash et compagnie au départ mais que Barry avait été appelé à la rescousse pour sauver Kara Danvers de ses mauvaises audiences.

[2Ça m’aura pris plus d’un an mais j’aurai enfin cité JJG dans les colonnes de pErDUSA.