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Cagney & Lacey - Bilan de la saison 4 de la série Cagney & Lacey

Bilan de la Saison 4: Emmy Women

Par Jéjé, le 21 avril
Par Jéjé
Publié le
21 avril
Saison 4
Episode 22
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Après des années de production chaotique, Cagney & Lacey bénéficie pour la première fois avec sa saison 4 d’un contexte à peu près serein : CBS a dès le mois de mai commandé 22 épisodes et l’ensemble des scénaristes de la writer room, à commencer par Terry Louise Fisher, Steve Brown et Peter Lefcourt, sont de retour.

Forte de cette stabilité en coulisses, la saison va se construire sur l’exploration des conséquences qu’a l’environnement professionnel des deux héroïnes sur leur travail, leur vie personnelle et leur relation d’amitié par des intrigues développées sur de longs arcs. C’est dans cette focalisation intimiste que réside désormais la dimension féministe de la série qui fait donc le choix d’abandonner des enquêtes ponctuelles centrées sur les « women’s issues ».

La saison commence véritablement avec le 3ème épisode : 4.03 - Insubordination. (Le season premiere, un épisode « women’s issues » consacré à l’agression sexuelle d’une petite fille, et l’épisode suivant, un stand alone où Lacey est prise en otage, pourraient s’intégrer sans difficulté dans l’esprit « best-of » de la mini-saison 3.)
Il introduit l’idée que le système hiérarchique de la police new-yorkaise ne valorise pas le mérite (le lieutenant Samuels se retrouve à devoir travailler avec un capitaine plus jeune que lui et moins intègre que lui) et qu’il est organisé de façon à reproduire la même élite dominante. Il met également en place les jalons de la première histoire sentimentale durable bien que toxique pour Cagney dans la série : elle retrouve Dory, le flic cocaïnomane aperçu dans 2.10 - Recreational Use, qui partage avec elle une implication intense dans l’exercice de ses fonctions.
Cette relation complexe, qui va durer jusqu’en milieu de saison, est un moyen pour les scénaristes de mettre en lumière la position inconfortable dans laquelle se trouve Cagney, une femme non mariée voulant faire carrière, au sein de la société occidentale des années 1980.
Son investissement dans son métier est valorisé par exemple par ses plus proches soutiens, Charlie, son père, policier à la retraite, et Lacey, sa partenaire, mais cette relation avec un homme aux conduites à risque, le seul de ses amants à comprendre et à accepter son ambition et son implication professionnelles, montre les réserves qu’ils ont face aux conséquences supposées sur sa vie personnelle et devient l’occasion pour eux de les exprimer. Charlie en vient à manifester verbalement sa désapprobation envers la vie trop dissolue de sa fille (4.05 - Fathers and Daughters). Lacey, elle, ne parvient pas à comprendre qu’elle puisse envisager d’être heureuse sentimentalement en dehors des codes traditionnels de la vie domestique (4.13 - Happily Ever After).

Cagney : I’m 38 years old. It’s no accident that I never married. I like my life. My life works just fine. Exactly the way it is. And I’m not getting married because I’m supposed to.
Lacey : I agree with you 100%.
Cagney : From you mouth ? You say « it’s ok to be single » ?
Lacey : Well, Chris, what I’m saying, it’s you should never settle.
Cagney : You are not listening to me. I’m not talking about settling. I’m talking about liking my life the way it is.
[…]
Cagney : I understand your feelings about husbands, but, I, Christine Cagney don’t want, do not need to get married.
Lacey : May be, it’s the wrong time…

cagey and lacey s4 2

La deuxième partie de la saison, qui débute dans l’épisode suivant après cet échange et la séparation de Cagney avec Dory, va poursuivre l’étude de la place inhabituelle qu’elle occupe dans la société cette fois-ci sur le terrain professionnel et de sa précarité. Dans 4.14 - Rules of the Game (écrit par Georgia Jeffries, alors scénariste free-lance et qui au vu de la qualité de l’épisode rejoindra la writer-room et deviendra rapidement l’une des architectes des excellentes saisons suivantes), elle est victime de harcèlement sexuel par son supérieur hiérarchique dans la brigade spéciale qu’elle a rejointe le temps d’une enquête délicate. 4.03 - Insubordination avait pointé que la police pouvait ne pas être des plus justes avec les siens, celui-là montre qu’elle n’est absolument pas préparée à gérer ce genre de dérives machistes et qu’elle préfère les ignorer quitte à isoler celles qui en sont l’objet. Cet événement se produit alors que la plupart des détectives se préparent à passer l’examen pout devenir sergent, fil rouge de la saison pour la vie de la brigade.
La détresse dans laquelle se trouve Cagney, qui met en péril son avancement à la fin de l’épisode en refusant de retirer sa plainte contre son agresseur en l’échange d’une recommandation écrite utile pour sa carrière, est d’autant plus forte qu’elle a déjà fait dans l’épisode précédent le même genre de choix en ce qui concerne sa vie personnelle.
Cette plainte va rester en arrière fond pendant quelques épisodes avant de constituer le sujet central de 4.20 - Con Games. L’épisode met en scène les auditions de la commission chargée de statuer sur cette affaire au cours desquelles de nombreux épisodes de la vie sexuelle de Cagney sont utilisés pour fragiliser la crédibilité de sa parole. L’épisode à ce moment-là met véritablement à profit la mémoire de la série.
Cagney & Lacey, pourtant construite comme un procedural classique, n’a jamais hésité faire des références à des événements qui se sont produits dans des épisodes précédents (dès la première saison dans 1.03 - Beyond The Golden Door), mais jusqu’à présent il s’agissait plus d’une façon d’ancrer les épisodes dans le temps qui passe et de faire des clins d’oeil aux spectateurs attentifs. Dans cet épisode, la série montre qu’elle ne se contente pas d’accrocher quelques fils ensemble, elle construit un canevas entièrement cohérent duquel émergent deux personnages imparfaits et complexes au service d’un discours inhabituellement progressiste et réaliste sur la place des femmes (blanches) à cette époque-là.
4.22 - Organized Crime apporte au parcours de Cagney durant la saison une conclusion d’un optimiste inattendu mais extrêmement satisfaisant pour le spectateur, puisqu’elle est la seule de la brigade à décrocher le titre de Sergent.
(Je n’arrive pas à m’enlever d’un coin de la tête qu’il s’agit également d’offrir à Sharon Gless une scène dans laquelle toute l’équipe de la série l’applaudit et la félicite puisqu’à ce moment-là dans l’histoire des récompenses de la série Tyne Daly avait toujours obtenu la statuette de l’Emmy de la meilleure actrice… Elle la ratera encore cette année-là.)

cagey and lacey s4

En comparaison, les difficultés auxquelles est être confrontées Lacey sont moins spectaculaires et peuvent donner l’impression que le personnage est relégué au cours de ces épisodes en position de second rôle, de sidekick de Cagney.
Il n’en est à rien, à mon sens, et ce qui ce joue pour elle correspond à un type de violence sociétale similaire à ce que subit Cagney. Comme elle, elle défie les codes traditionnels de la femme dans la société contemporaine en travaillant dans un milieu d’« hommes », bien qu’ avec mari et enfants, elle inscrit sa vie personnelle dans un cadre « normal ».
Mais ce dernier aspect, celui qui devrait constituer un havre exempté des reproches et de la désapprobation de la société traditionnelle est pour Lacey le lieu de ses plus grandes détresses. La saison reprend le thème développé dans 2.18 - Burn Out qui avait vu Lacey s’effondrer sous les demandes de ses vies professionnelle et familiales et explore sa culpabilité permanente de ne pas être à la hauteur en tant que mère et qu’épouse.
On la voit gérer les angoisses de son cadet lorsqu’elle enquête sous couverture (4.06 - Taxicab Murders), les tentations de son mari de contourner la loi pour devenir le soutien de famille qu’il estime devoir être (4.22 - Organized Crime), ses propres frustrations par rapport à son rêve de petite maison et de palissades blanches qui s’éloigne à cause de son maigre salaire (4.12 - American Dream).
Et comme Cagney avec 4.20 - Con Games, elle a le droit son épisode-somme. Il prend place après 4.16-4.17 - What’s Fair, l’un des épisodes les plus retentissants de la série au cours duquel Lacey découvre qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Non seulement il fait état d’un système de santé assez terrifiant mais il aborde avec clarté l’épreuve pour les patientes d’avoir leur corps et le symbole de leur féminité maltraités et mutilé par les traitements.
Dans 4.18 - Lost and Found, Lacey décide de quitter la police pour se consacrer à ce qu’elle estime être le plus important pour elle, sa famille. Elle découvre qu’Harvey, son mari, présenté depuis le début de la série comme une figure d’homme très positive et un grand soutien dans la décision de sa femme de travailler, est ravi, comme les enfants, de se retrouver dans une configuration familiale traditionnelle. Plus tard, au salon de coiffure, une femme apprend que Lacey est policière et s’enthousiasme à l’idée que sa famille doit en tirer une grande fierté. Le contraste est terrible entre cette idée avec l’euphorie provoqué chez sa famille par l’abandon de son métier.
En deux scènes toutes simples, on comprend la position tragique de Lacey et comment une représentation genrée du bonheur domestique parvient à enfermer les femmes dans une seule sphère d’activité et que les tentative de s’en extraire s’accompagnent souvent d’une culpabilité inconsciente.

Il est pour moi complètement légitime que la série ait ravi cette année-là l’Emmy du meilleur drama à Hill Street Blues [1] après quatre années de domination sans partage. Sa narration en ayant conservé le format classique du procedural est bien moins spectaculaire mais la forme sert avec une grande force un propos subtil et rare.

Bilan des Épisodes

cagney lacey episode s4

4.01 - 15 Oct 84 - Child Witness (Deborah Arakelian) A
C&L s’efforcent de faire témoigner une petite eille victime d’une agression sexuelle tandis que Petrie s’interroge sur la pertinence de dénoncer le comportement agressif de deux collègues à son encontre.

Une variation ponctuelle de la formule avec une intrigue principale portée par les deux femmes et une sous-intrigue centrée sur l’un des hommes.
L’épisode est une formidable réussite. Chacun des personnages (le père avocat qui ne veut pas faire subir à sa fille l’horreur d’un procès, la procureure qui ne peut rien faire sans plusieurs témoins, le capitaine qui est obligé de respecter les règles…) agissent du mieux qu’ils peuvent selon leur point de vue et génèrent une situation difficile pour nos héroïnes.

4.02 - 22 Oct 84 - Heat (Leo E. Arthur) C+
Lacey est prise en otage au cours d’un banal déplacement.

Un épisode classique « prise d’otage ». La gestion de l’événement est assez réussie. La confrontation entre Lacey et son kidnappeur est moins intéressante (et tient surtout au fait que Michael Madsen incarne le preneur d’otage).
NB : Le générique final poursuit l’épisode avec un plan séquence avec C&L qui sortent du lieu de la prise d’otage et les policiers qui les rejoignent.
Amusant.

4.03 - 29 Oct 84 - Insubordination (Peter Lefcourt) A
C&L enquêtent sur un réseau de trafic de cocaïne tandis que Samuels fait face à un capitaine en qui il n’a aucune confiance.

Un épisode formidable, avec une structure inhabituelle.
Cagney retrouve Dory, le flic cocaïnomane de la saison 1. Ces retrouvailles constituent l’intrigue principale de la série et ne se concluent pas (Cagney l’appelle sur son téléphone et obtient son répondeur).
Samuels doit faire face à un capitaine qu’il avait connu plus jeune, sous ses ordres, et qui n’était pas très net. Il refuse de travailler avec lui et obtient le soutien du commissariat.
L’enquête policière est très banale et un simple prétexte pour confronter Cagney et l’autre flic à l’addiction de ce dernier.

4.04 - 5 Nov 84 - Old Debts (Judy Merl & Paul Eric Myers) A
C&L enquêtent sur la mort d’un tueur de flics qu’elles étaient sensées protéger.

Un formidable épisode.
La vie sentimentale de Cagney est désormais feuilletonnante : on retrouve Dory, on retrouve aussi le gars des ordis à qui Cagney avait posé un lapin dans un épisode précédent…
On comprend à quel point cette dernière est obsédée par sa carrière dans cet épisode, quand après avoir échappé à la mort et été mise en cause dans le décès d’un ancien criminel, elle ne pense qu’à l’effet que la situation peut avoir sur son dossier.
La fin est terrible puisque le coupable (l’ancien partenaire du flic abbatu) se suicide au moment où C&L viennent l’arrêter.

4.05 - 12 Nov 84 - Fathers and Daughters (Steve Brown) A-
Une femme et sa fille se dénoncent toutes les deux pour le meurtre du mari.

Un épisode très dur où C&L sont les témoins impuissantes d’une relation détruite entre une mère et sa fille par le secret des abus sexuels commis par le père.
La réaction de Charlie au mode de vie de sa fille rajoute à la dureté de l’épisode mais cette intrigue aboutit à une fin heureuse où, sans se dire les choses, le père et la fille se réconcilient.

4.06 - 19 Nov 84 Taxicab Murders (Ronni Wenker-Konner) B+
C&L enquêtent sur un tueur de chauffeurs de taxi à la grande angoisse de Michael, le fils de Mary Beth.

Un très chouette épisode, qui se conclut par le fait que C&L arrêtent un suspect qui se révèle hors du coup (le vrai criminel est arrêté par d’autres policiers).
L’exploration des angoisses générés auprès du petit Lacey est assez réussi et permet de rapprocher encore un peu plus les deux femmes (ce dernier se réfugiant chez Cagney).

4.07 - 26 Nov 84 - Unusual Occurence (Georgia Jeffries) A
Cagney tire sur un adolescent hispanique armé d’une batte de base-ball et au comportement agressif.

Un épisode génial dans lequel le tir légitime de Cagney est mis en perspective par l’étude du contexte dans lequel vivait la victime (milieu pauvre, abandonné par les services de l’État).
La scénariste a l’intelligence de lier l’épisode à celui (2.18 - Chop Shop) où Petrie avait abattu un jeune noir dans Harlem : cette continuité permet d’inscrire le traumatisme de prendre une vie dans la durée.
Il faut aussi avancer les choses du côté de la vie personnelle de Cagney qui se rend compte à quel point Dory est obsédé par sa seule carrière.

4.08 - 3 Dec 84 - Thank God It’s Monday (Peter Lefcourt) B+
C&L doivent passer le week-end à trier des papiers au commissariat quand elles tombent sur une affaire qui risque de tomber sur le coup de la règle de prescription.

Un épisode savoureux où l’on voit les deux femmes passionnées par leur travail mettre de côté leur vie personnelle alors que leurs deux compagnons les attendent.
La scène entre les Dory et le mari de Lacey est très réussie : Dory lui explique que sa première femme n’a pas supporté son mode de vie très longtemps et les deux explorent à nouveau leur première rencontre (où Dory avait pris de la cocaïne dans leur salle de bains).
On est quasiment dans un bottle-episode.

4.09 - 10 Dec 84 - Hooked (Patricia Green) A
C&L arrêtent le sponsor de Dory pour possession de cocaïne. Les preuves collectées par Lacey disparaissent.

Un formidable épisode centré sur la confiance et les relations entre deux partenaires quand leurs relations familiales et personnelles de l’une sont mises en question par l’autre.
À la fin de l’épisode, où l’on découvre que le sponsor était bien le coupable, on ne sait toujours pas si c’est Dory qui a manipulé l’enveloppe de preuve ou si c’est Lacey qui a fait une erreur.
Cagney réitère sa confiance en Dory mais le doute est là pour le spectateur.

4.10 (402) - 17 Dec 84 - Lady Luck (Lisa Seidman) B
C&L recherchent une femme qui a contracté des dettes de jeu.

Un épisode inhabituel où les deux enquêtrices sont à la recherche d’une potentielle victime. Lacey cherche à comprendre l’addiction au jeu et s’investit dans cette enquête puisqu’elle avait convaincu cette femme de ne pas se suicider au début de l’épisode.
Une seconde intrigue existe en parralèle : Victor fréquente une jeune femme qui a survécu à une agression sexuelle. Cette partie de l’épisode est moins réussie. On voit les hommes de la brigade le chambrer parce qu’il s’intéresse à une femme qui diffère de ses critères habituels (c’est un peu en décalage avec le tragique de la situation) et puis il la sauve d’une autre agression (elle n’a vraiment pas de chance) mais il est déçu qu’elle quitte New York et qu’elle ne souhaite pas qu’il la touche. C’est un peu le syndrome « Women in refrigerator » : la situation de la jeune fille est traitée uniquement des conséquences sur le personnage masculin. Il y avait pas mal de choses à explorer mais l’ensemble reste trop superficiel à mon sens.

4.11 - 31 Dec 84 - Out of Control (Judy Merl & Paul Eric Myers) B
C&L enquêtent sur la mort d’un vieil homme lors d’un cambriolage, Lacey tente d’expliquer à son aîné les dangers des armes tandis que Cagney rencontre les enfants et l’ex-femme de Dory.

Un épisode bien marqué par son sujet, le danger des armes, puisqu’il concerne deux des trois intrigues (le vieil homme est tué par sa propre arme lors d’un cambriolage qui tourne mal).
En ce qui concerne Cagney, l’épisode ne tombe pas dans les clichés, l’ex-femme n’est pas jalouse, elle est même reconnaissante à Christine de faire du bien à Dory.
Il est intéressant de voir la fascination qu’exercent les armes à travers l’aîné de Lacey qui ne comprend pas les injonctions moralisantes de sa mère.
L’épisode est somme toute un poil démonstratif.

4.12 - 7 Jan 85 - American Dream (Harvey Brenner) B+
C&L enquêtent sur l’incendie criminel d’un atelier de couture et soupçonnent une origine mafieuse tandis que Mary-Beth voit ses rêves de maison devenir possibles quand Harvey décroche un nouveau travail.

Pas franchement convaincu par l’intrigue de Harvey pendant l’épisode, même si elle donnait l’occasion aux deux femmes de discuter argent, statut social et snobisme, celle-là se justifie complètement avec la dernière dans laquelle Harvey explique qu’il ne peut pas continuer un boulot qui n’est pas dans la construction. Mary Beth lui dit que l’important, c’est qu’il soit heureux. Il lui offre tout de même une bague.
Elle va chercher de l’eau dans la cuisine et poursuit la conversation en retenant ses larmes. Un moment magnifique.
L’épisode est très dur sur le rêve américain, que ce soit du point de vue de la famille Lacey ou de l’enquête de la semaine sur un fabriquant de costumes contraint de faire avec les entreprises mafieuses.
(Petit souci de continuité, dans cet épisode, Victor est encore avec Bonbon ! Ou alors il est revenu vers elle...)

4.13 - 14 Jan 85 - Happily Ever After (Terry Louise Fisher) A
C&L enquêtent sur des vols de moins d’un dollar dans un grand magasin tandis que Dori demande Christine en mariage.

Un épisode for-mi-dable.
L’enquête est hilarante particulièrement quand le DA est ulcéré d’avoir 15000 plaintifs pour des vols de moins d’un dollar. L’ambiance est encore plus détendue avec Marcus et Victor qui essaient de connaître le prénom du sergent.
Et puis, il y a la demande en mariage que Christine décide de refuser à la fin de l’épisode face à une Mary Beth complètement interloquée.
Christine tente de lui expliquer qu’elle est heureuse et qu’elle a du mal à se voir dans un rôle que même Dori ne lui demande pas. Elle est contente d’être célibataire.
Mary Beth passe son temps à lui dire que l’homme idéal, l’homme qui lui convient est sûrement dans les parages, sans vouloir entendre que Christine puisse être épanouie et heureuse dans sa vie.

4.14 - 28 Jan 85 - Rules of the Game (Georgia Jeffries) B
Cagney est victime de harcèlement sexuel par le capitaine de l’équipe dont C&L font partie, créée pour enquêter sur le meurtre d’un diplomate hongrois.

Toute la partie avec Cagney est très réussie. Le comportement de son supérieur est très retors - séduction, menace, excuse, négociation - et l’on comprend la détresse dans laquelle est plongée Cagney. La fin de l’épisode n’apporte pas une conclusion définitive puisqu’elle refuse de retirer sa plainte en échange d’un très bon rapport écrit.
J’ai été un peu gêné par l’intrigue parallèle entre Harvey et Lacey au sujet de la rédaction de leur testament. On sent bien qu’il s’agit de contrebalancer la description d’un homme méprisable avec celle d’un homme formidable. La scène finale sur les toits où il propose à sa femme de danser est vraiment too much

4.15 - 4 Feb 85 - Stress (Debra Frank & Scott Rubenstein) B-
Cagney est menacée par un criminel contre lequel aucun témoin, trop intimidé, ne veut se déclarer.

Un épisode un peu trop démonstratif. En effet, la situation de Cagney se produit en parallèle d’un stage de la brigade sur la gestion du stress au travail. Cagney refuse de se livrer alors même qu’elle est la plus directement concernée.
La fin, où l’ensemble de l’équipe, tend un piège au criminel est un peu téléphonée, mais conduit à deux dernières minutes très poignantes où Cagney, prise dans l’euphorie de sa libération, se confie au groupe.

4.16 - 11 Feb 85 - Who Says It’s Fair (1) (Patricia Green) A
C&L enquêtent sur la disparition d’un garçon de 8 ans tandis que Lacey est confronté au spectre au cancer du sein.

Un épisode formidable. Non seulement l’angoisse et le deni de Lacey face à sa situation est admirablement dépeint, mais l’épisode fait un travail formidable sur l’état de pauvreté dans lequel vivent certaines familles et l’absence de structures publiques pour les aider à vivre (alors même qu’elles travaillent).

4.17 - 18 Feb 85 - Who Says It’s Fair (2) (Patricia Green) A
C&L poursuivent leur enquête sur le dealer qui a utilisé et mis en danger le garçons de l’épisode précédent tandis que Lacey est confronté au choix de traitements différents pour son cancer.
C’est également le jour de l’examen pour être sergent.

Who’s Says It’s Fair est un véritable épisode en deux parties. Intrigues policière et personnelle sont en continuité directe avec l’épisode précédent. Le parallèle entre les deux reste très fin. La description de la médecine aux USA est assez angoissante, il manque la question de l’argent à mon sens (je ne suis pas sûr que les Lacey peuvent se permettre les soins prodigués dans l’épisode). J’ai adoré le temps pris par l’épisode pour expliquer le (mal)traitement du corps lors des procédures, les incisions réalisées, qui permet de prendre un peu la mesure de ce peuvent endurer physiquement les patientes dans ce genre de situation.
J’adore que la dernière image soit Cagney au dessus de Lacey sur son lit d’hôpital qui sourit après l’opération.

4.18 - 25 Feb 85 - Lost and Found (Georgia Jeffries) B
Cagney se lance à la recherche de sa voiture volée tandis que Lacey se décide à quitter la police et vivre une vie de femme au foyer pour profiter de sa famille.

On reprend quelques semaines après l’épisode précédent, une fois que le traitement de Lacey est terminé. Il est en fait mention dans les premières minutes et l’épisode repose entièrement sur les conséquences de deux précédents.
La vision donnée par la série de la vie de femme au foyer est effrayante et assez fine : on sent bien que Harvey, tout mari merveilleux qu’il est, serait ravi de se retrouver dans une configuration familiale traditionnelle. Le meilleur passage pour moi est l’intervention de la femme dans le salon de coiffure qui, quand elle découvre que Lacey est une femme policière, imagine que sa famille doit être tellement fière d’elle.
Toute la recherche de la voiture est assez creuse, même si on comprend bien qu’il s’agit de montrer que sans Lacey Cagney est une policière moins efficace en tombant dans ses travers les plus grands (agressivité, impatience…)
Le parallèle de son enquête avec les entretiens de Victor et de Petrie, qui détaillent les agissements d’un bon policier, est plutôt réussis.
NB : Samuels et Cagney font référence à l’épisode 2.17 - Burn Out quand ils comprennent qu’elle envisage de quitter la police.

4.19 - 4 Mar 85 - Two Grand (Steve Johnson) C
Cagney retrouve son gentleman cambrioleur de 2.12 - The Grandest Jewel Thief of Them All tandis que la brigade s’inquiète de la disparition de Victor.

Un épisode beaucoup plus léger mais moins réussi que les autres. Le retour du Arsène Lupin américain (des références sont faites à son sujet et à Maurice Leblanc, dont le nom est prononcé par LaGuardia dans l’une de ses rares apparitions de ces derniers épisodes) tombe un peu à plat. Lacey est étrangement absente de toute cette histoire.
Quant à la disparition de Victor, c’est une occasion pour les personnages de se moquer de sa petite amie (Bonbon Chocolat), une attitude un peu inhabituelle pour une série comme Cagney & Lacey.

4.20 - 11 Mar 85 - Con Games (Terry Louise Fisher and Steve Brown) A
C’est l’heure des auditions dans le cadre de l’affaire de harcèlement portée par Cagney tandis que Lacey résout (malgré elle) une arnaque ciblant les clients aux guichets de banque.

Un épisode for-mi-dable. La pauvre Cagney et son mode de vie se voient déchiquetés lors des auditions dans un épisode qui multiplie les références aux épisodes passés construisant une série à la gigantesque mémoire.
Le moment où Cagney explique qu’elle va rappeler pour s’excuser toutes les victimes de viol à qui elle a demandé de porter plainte pour le bien des autres femmes est fantastique et déchirant.
La sous-intrigue avec Lacey est assez douce-amère. C’est clairement la respiration légère, mais Lacey, heureuse de fréquenter des gens simples et généreux se retrouve bien déçue par l’âme humaine (la gentille vielle dame est une arnaqueuse de haut vol).
NB : C’est assez rigolo de voir Melissa de thirtysometing en jeune fliquette, qui sauve la mise à Cagney in-extremis.

4.21 - 18 Mar 85 - Violation (Les Carter) A-
C&L enquêtent sur le viol d’un mineur, emprisonné par erreur dans une prison pour adultes.

Un très chouette épisode sur le système carcéral et le trafic d’influence entre services pour que la ville de New York n’ait pas à assumer ses fautes…
Il est assez intéressant de voir à quel point le viol d’un garçon semble quelque chose de beaucoup plus grave que celui d’une fille… Le père finit par lâcher « I will sue the city of Nex York because you made a son a faggot ! ».
La sous-intrigue où Victor utilise la presse pour gagner un pari est habilement reliée à l’affaire principale puisque Cagney utilise la menace de la presse pour forcer un témoin de l’affaire à dire ce qu’il a vu.
(Et y’a Matt de Melrose Place !)

4.22 - 8 Apr 85 - Organized Crime (Terry Louise Fisher and Steve Brown) A-
C&L enquêtent sur le meurtre d’une nonne tandis que toute la brigade attend les résultats de l’examen de sergent.

Très chouette épisode sur le crime organisé grâce à une envolée lyrique contre la mythification des gangsters au cinéma par Lacey. L’épisode étudie aussi comment les gangsters parviennent à leur fait en jouant sur les insécurités créées par le patriarcat et pousse Harvey à considérer à travailler avec eux pour qu’il puisse prouver qu’il est un homme, un vrai, un « provider ».
L’épisode égraine les petites références aux épisodes précédents (le mafiosi qui connait l’état de santé de Lacey, le fait que Cagney ait passé l’examen, Cagney qui pense qu’elle ne sera pas sergent à cause de sa plainte pour harcèlement…).

Jéjé
P.S. Le seule toute petite réserve que je pourrais faire à cette saison est d’avoir mis au troisième plan quasiment tout les autres personnages de la brigade, qui sont redevenus de simples éléments d’intermède comique. Mais la saison suivante, très différente mais tout aussi réussie, saura les utiliser à bon escient.
Notes

[1Je n’ai vu que les deux premières saisons et le début de la troisième de la série. Si elle reste une série révolutionnaire dans la forme et le fond, le sexisme de certains dialogues et de certaines situations ajouté au paternalisme caricatural du personnage du Sergent Esterhaus rendent certains épisodes difficilement regardables et très datés.