Critique des meilleures nouvelles séries télé (et des autres)
Regarde critique sur les séries TV actuelles

Cagney & Lacey - Bilan des saisons 6 et 7 de la série Cagney & Lacey

Bilan des saisons 6 & 7: Still Great Women but...

Par Jéjé, le 25 août
Par Jéjé
Publié le
25 août
Saison 7
Episode 24
Facebook Twitter
Cagney & Lacey, comme son titre l’indique, n’est pas un ensemble show : l’intérêt de ses cinq premières saisons et les réussites totales que constituent les saisons 4 et 5 reposent entièrement sur les parcours professionnels et personnels de ses deux personnages principaux, . Bien qu’elles soient entourées de nombreux personnages récurrents (il y a toujours eu entre sept et neuf interprètes crédités au générique), la série n’a jamais eu envie de les développer sur le long terme [1].

J’ai parfois regretté, en voyant Carl Lumbly assis en arrière plan sur un bureau, que Petrie, personnage au fort potentiel, ne bénéficie pas d’un peu plus de place mais jusqu’à ce stade de la série ce léger bémol personnel me semblait plutôt incongru car les choix effectués par les scénaristes pendant les cinq premières ont produit la série fascinante et brillante que j’adore.
Il me semble en revanche qu’avec des personnages secondaires plus présents, ces deux ultimes saisons auraient pu éviter certains passages à vide et l’apparence d’un essoufflement général.

En coulisses, le léger désengagement de Barney Rosenzweig au cours de la production de la saison 5 pour superviser une nouvelle série, Fortune Dane [2], n’avait pas altéré la qualité des scripts. En revanche, il a laissé s’installer des dissensions entre scénaristes qui ont eu pour conséquences les départs de certaines d’entre elles, dont Liz Coe, en charge la writer room. Mais jusque là, ce genre de changements avaient été plutôt bénéfiques pour la série.

cagney lacey season 6 cast

Et Cagney & Lacey semblait bien partie pour enchaîner une troisième saison de très haute volée. Dans sa première partie, on voit le retour d’une parole féministe très claire dans les dialogues et les intrigues. 6.02 - Culture Clash se sert du fait que dans les procedural les personnages progressent rarement dans leur carrière (pour conserver le statu quo qui fait le succès de la formule) pour revenir sur les conséquences de la dénonciation par Cagney du harcèlement dont elle a été victime, non seulement pour elle mais aussi pour Lacey, dans une corporation très patriarcale. 6.13 - Favors prend même le luxe de revenir sur les prémisses de la série et d’y rajouter une dose de cynisme. Dans le pilote, Cagney & Lacey deviennent détectives suite à leur participation au démantèlement d’un trafic de drogues. L’épisode minimise le rôle du mérite dans leur promotion en ajoutant l’action de Charlie, le père policier de Cagney, qui a fait jouer ses relations à ce moment-là. Une vision amère et réaliste de l’institution policière rare pour l’époque.
Le regard féministe de ce début de saison ne porte pas seulement sur l’univers policier, il se penche par exemple de façon inattendue sur l’image des femmes que construit l’industrie de divertissement. 6.05 - Roll voit nos deux héroïnes s’occuper d’une actrice hollywoodienne venue se renseigner sur la réalité du métier de policière et montre, entre autres, la misogynie que subissent les femmes qui jouent le jeu des attentes de la société, particulièrement de la part d’autres femmes, et dénonce les aspirations contradictoires auxquelles elles sont assujetties.
Et puis, il y a ce moment dans 6.08 - Rites of Passage, où Lacey, explique à son fils qu’il porte une responsabilité envers celles qui pourraient être sensibles à son charme et qu’il doit veiller à utiliser des méthodes de contraception s’il décide d’avoir des rapports sexuels. Je ne me souviens pas d’un passage dans une autre série où c’est la mère discute avec son fils de contraception et surtout de la responsabilité qu’il a quand il s’engage dans des rapports sexuels, un discours en décalage très saitsfaisant du « Boys will be boys » habituel [3].

La saison 6 poursuit également avec finesse l’exploration des rapports qu’entretient Cagney avec l’alcool, initié dans la saison précédente dans 5.08 - Filial Duty et 5.14 - DWI. Elle doit d’abord se confronter à l’alcoolisme sévère de son père qui rechute dans 6.04 - Disenfranchised. Puis, coup sur coup, elle est renvoyée à ses erreurs professionnelles : 6.10 - To Thine Own Self Be True lui rappelle comment elle a maltraitée une collègue violée, 6.11 - Cost of Living revient une fois de plus sur l’erreur de procedure de 5.05 - Entrapment et y rajoute la trahison de son petit ami régulier qui choisit de défendre le trafiquant de drogues de cette affaire. Elle se retrouve alors sans son « support system », puisqu’elle choisit de ne plus revoir David, son régulier depuis le début de la saison 5, et est obligée de subir régulièrement les récriminations alcoolisées d’un père qu’elle a idolâtrée toute sa vie. Ce n’est qu’à la mort de ce dernier, dans 6.21 - Turn, turn (1), première partie partie du double épisode final de la saison, qu’elle sombre dans l’alcool alors qu’elle a déjà pris conscience de son problème quelques épisodes auparavant. Il est impressionnant de constater l’immense « travail sur la longueur » qui est fait sur cet arc, d’abord de petites touches en saison 5, puis une perte progressive de repères au cours de la saison 6, qui rend la descente aux enfers finale déchirante et font du « My name is Christine and I’m a alcoholic », la dernière scène de la saison, une des images les plus fortes de la série. (On est très loin du trope très familier du personnage de série qui suite à un développement ponctuel développe une addiction pour l’alcool, des médicaments ou des stupéfiants…)

Malheureusement, la situation de Lacey ne bénéficie pas de la même qualité de traitement. Dans le season première, 6.01 - Schedule One, elle et sa famille déménagent de leur appartement du Queens dans une maison dans un quartier plus privilégié. Dans ce cadre, Mary Beth développe le désir de s’intégrer davantage au cercle des femmes de son voisinage en aspirant à ne plus être considérée comme la « femme/mère flic ». Explorer le confort et l’apaisement de vivre selon les normes sociales qui nous entourent tout en pointant les limites semblait une piste intéressante pour renouveler la trajectoire du personnage, mais cette piste est assez mal exploitée dès le départ (voir Mary Beth Lacey dans 6.03 - Sorry, Right Number éclater en sanglots parce qu’elle a mal cuit une dinde est assez gênant) et ne conduit la plupart du temps qu’à répéter épisode après épisode les mêmes disputes avec Harvey, rendu imbuvable.
Les scénariste tentent d’utiliser ce nouveau quartier en seconde partie de saison comme le terrain de nouvelles intrigues un peu plus domestiques et un peu plus légères, probablement pour équilibrer la noirceur de ce qui se passe avec Cagney, mais sans succès et enchaînent une série d’épisodes plombés par des histoires plus plates les unes que les autres.
Cette délocalisation réduit le contraste de classes sociales entre les deux héroïnes et gomme l’un des aspects les plus intéressants de leur relation.

La saison 7 poursuit hélas sur cette ligne pour Lacey (Harvey se trouve cependant réhabilité, en conflit ouvert avec son aîné devenu républicain et pro-armée). Certes, le matériel concernant Cagney reste souvent intéressant, elle doit gérer son alcoolisme, la mort de son père, sa relation avec David et son rapport à sa vie de célibataire heureuse, mais il ne permet pas de compenser la faiblesse de ce qui touche sa partenaire et sonne à l’occasion assez répétitif à l’occasion.

cagney lacey season 7

Il devient manifeste que les deux personnages ne sont plus suffisants pour inspirer des histoires et des trajectoires puissantes à la série (je reste traumatisé par 7.07 - Greed, où enquêtant sous couverture dans un jeu télévisé, Cagney et Lacey passent 20 minutes déguisées en ananas et en tomate). Même un événement comme le viol de Cagney, qui donne pourtant lieu à un épisode très réussi, sans complaisance, d’une grande dureté (7.09 - Do I Know You ?), n’a pas de grand impact sur la suite de la saison et sur la relation entre les deux femmes. Ses conséquences sur Cagney sont certes examinées dans quelques épisodes suivants mais on est loin de la force de l’arc sur l’alcoolisme. On ne peut s’empêcher de penser que cet événement existe plus pour le choc d’un « épisode spécial » que par la nécessité d’en raconter l’histoire.

On trouve quelques réussites dans cette ultime saison, dont 7.02 - The City is Burning, qui met en scène des tensions raciales entre une partie de la population noire de New York et la police. Durant l’épisode, on assiste aux échanges habituels et savoureux entre Lacey, la progressiste, et Cagney, la pragmatique qui refuse d’examiner les a-prioris qu’elle pourrait avoir. Mais le moment le plus fort vient de la confrontation de cette dernière avec Petrie au sujet de l’utilisation d’insultes à caractère raciste. Cette conversation n’est possible qu’avec le personnage de Carl Lumbly (sur le point de quitter la série) et permet à Cagney de percevoir grâce à lui des aspects problématiques de certaines de ses positions qu’elle ne peut faire avec Lacey.
Contraint·e·s de l’associer avec d’autres personnages que Lacey, dont le jeune officier Newman, durant la grossesse de Tyle Daly en saison 5, les scénaristes étaient parvenus à conserver l’esprit féministe de l’esprit dans des contextes novateurs bienvenus.
L’introduction de Jordan, une policière noire mère célibataire à la suite du départ de Petrie aurait pu être l’occasion d’engager de nouvelles dynamiques entre les héroïnes de la série, mais à l’instar d’Esposito, un policier hispanique toujours prêt à une petite combine pour faire de l’argent, le remplaçant de Newman, elle restera un visage au fond de la brigade avec quelques lignes de dialogue à l’occasion [4].

Mais s’il subsistait encore un doute sur le manque d’inspiration des scénaristes, le double épisode final de la saison, qui servira de series finale suite à une dernière annulation de la série sous sa forme hebdomadaire [5], enfin définitivement le clou et ferme la porte d’une très grande série de l’une des pires façons possibles. 7.21/22 - A Fair Shake est l’épisode qui va le plus à l’encontre de l’esprit de la série [6]. Un premier épisode interminable dans lequel Lacey agit comme un personnage différent de celui qu’on connaît débouche dans le suivant sur une demi-heure à la Agence Tous Riques, avec poursuites en voiture, fusillades à l’arme automatique, ralentis sur des hommes qui meurent criblées de balles, pour être suivie d’une mini-croisade anti-conspirationniste.
Confrontées dans les dernières minutes à un dilemme, accepter une promotion qu’elles attendent depuis des années et taire ce qu’elles ont découvert, elles ne parviennent pas à trouver une solution seules et demandent l’opinion de Samuels, ou si on veut être indulgent, la validation de leur décision.

Lacey : « What do you think, sir ? » […]
Lacey : « What do we do Lieutenant ? » […]
Samuels : « Now you listen to me both of you… »

La scène se conclut, et par là, une très grande série et un grand drama féministe se conclut, sur les mots d’un homme qui explique à deux femmes ce qu’elles doivent faire, mots dans lesquels ont trouve une petite blague sur le fait que des toilettes repeintes fraîchement sont la marque qu’elles peuvent espérer laisser aux femmes qui leur succéderont à la brigade.
Et, pour la première fois en sept saisons, on finit sur un sentiment d’incertitude (presque un cliffhanger) : obtientront-elle leur promotion malgré le fait qu’elles vont rendre public leurs découvertes ?

Malgré cette fin peu inspirée, Cagney & Lacey reste l’une plus des grandes séries des années 1980, formidablement novatrice sur le fond. À son meilleur (les saisons 4 et 5), la série me semble d’un intérêt aussi fort que Hill Street Blues et St Elsewhere et 30 ans plus tard apparaît au visionnage moins datée que ces deux dernières.
Je ne comprends vraiment pas pourquoi la réputation de Cagney & Lacey n’a jamais été du niveau des dramas de Bochco ou de Fontana et Masius. Probablement que son format, un procedural ultra classique (au premier abord), y est pour quelque chose.
Espérons en tout cas que le fait qu’elle soit centrée sur deux femmes n’y soit pour rien...

Bilan des Épisodes

cagney lacey season 6 episodes

6.01 - 29 Sep 86 - Schedule One (Robert Eisele) B+
C&L suspectent que l’un des leurs trafiquent des stupéfiants tandis que la famille de Lacey se prépare (un peu sans elle) à déménager.

Un épisode passionnant dont la conclusion reste cependant assez frustrante. Après avoir découvert que Izbecky achète de la drogue pour calmer la douleur de sa mère mourrante, Samuels propose un vote de lui, C&L pour savoir s’ils couvrent ses agissements.
Le dilemme qui les agitent est déchirant : l’amitié et l’esprit de corps contre l’égalité et la peur de la complicité. Grande discussion entre Chris et MB dans les toilettes, du pur C&L. Les 3 décident de le couvrir mais là Isbecky arrive deux heures de retard, sa mère est décédée. Et on oublie tout... Étrange conclusion.
Le déménagement est plutôt réussi avec une Mary-Beth absente et préoccupée, mais je fatigue un peu des crises des époux Lacey.
B+

6.02 - 6 Oct 86 - Culture Clash (Frank South) A

C&L enquêtent autour d’une famille afghane tandis qu’elles postulent pour rejoindre un groupe d’élite de la police.

Le retour inattendu du sexisme et du corporatisme dans la série. À la fin de l’épisode, Samuels apprend à Cagney que l’un des responsables du groupe est un ancien partenaire de l’homme contre lequel elle avait porté plainte pour harcèlement.
La scène où elle le découvre est douce-amère : Cagney ne souhaite pas en rester là, mais Samuels lui demande de faire le dos rond et sans remettre en question sa dénonciation de Hennessy lui rappelle que dans le résultat Lacey est un dommage colatéral qu’elle doit prendre en compte (qui n’obtient pas la promotion sur laquelle elle comptait).
Désagréable mais subtil et réaliste.
La dernière scène dans les toilettes est géniale et revient à un féminisme plus clair dans ses paroles…

Lacey : I was the one who told you to do it. And you did the right thing Christine. He deserved to be turned in, I mean.
In the last few minutes, I’ve been over and over the all thing and believe me it doesn’t go anywhere. What am I supposed to do ? Yell at you ?

Cagney : If you must be angry at somebody, I vote for me.
Lacey : All right, Christine. I am. Disappointed, all right. You got your promotion and I missed a shot at mine, because you stood up to some creep a hundred years ago an. So it’s you I’m angry because you’re all mix up in my thing. And it’s also not you Christine, it’s the circumstances, and the way, the machine works. You and I… There’s no control here. You understand me.
Cagney : There’s control. What do you think. Sabine and his good all boys have their hands on. And as long as you are my partner you are pull down with me. […]
Lacey : That’s not your fault Christine.
Cagney : What does it matter ? We both got ripped off. Do you think I will ever be made lieutenant now ? Oh no, they’ll make sure that this loud mouth chippy stays right here where they want her.
Lacey : So should we shrug off our shoulders and walk away ? […]
Cagney : That doesn’t mean we’re passive you and I. We fight, we fight every damn day.
[…]
Lacey : What you mean is that if we keep on pluggin we’ll make a difference.
Cagney : No, but we look great.

Sur le front de l’enquête, c’est pas mal non plus. La description de la famille qui suit la loi de l’islam et la situation intéressante qui voit un frère et une soeur s’alerter de l’émancipation de l’autre soeur est cependant un poil gâché par un point de vue exotique (musique arabisante, clochettes…) Cette vision rigide de la famille résonne à la grande surprise de Cagney de façon assez positive chez Lacey qui dans son nouveau quartier développe l’envie d’être considérée comme « normale".
Elle demande à Harvey pourquoi ne pourrait-elle pas elle aussi faire partie des femmes de son quartier…

L’affaire Isbecky n’est pas oubliée. Cagney lui en veut encore et en arrière fond on le voit redoubler d’effort pour racheter son effort.

6.03 - 20 Oct 86 - Sorry, Right Number (Bill Taub) D
Une vague de chaleur s’abat sur New York. C&L&Marcus&Viktor enquêtent au même endroit sur un meurtre et des cambriolages tandis que Mary Beth découvre la cuisson au micro-ondes et Cagney est effrayée à l’idée de partir en week-end prolongé avec David.

L’un des épisodes les moins réussis de la série.
Le meilleur moment est l’apparition d’un nouveau nom et d’un nouvel acteur dans le générique dont le personnage ne fait que négocier l’utilisation de son mini-ventaliteur par les autres. Un autre quand Izbecky (qui fait une crise d’angoisse dans un ascenseur) remercie Lacey de l’avoir couvert à son grand effroi.
Les angoisses de Cagney sonnent un peu ridicules et les crises de larmes de Mary Beth parce qu’elle a mal cuit la dinde dans le mico-onde sont gênantes et en décalage complet avec l’esprit de la série.
L’enquête est sans le moindre intérêt.

6.04 - 27 Oct 86 - Disenfranchised (aka Incest) (Daniel Freudenberger) D
C&L enquêtent sur un père accusé d’inceste sur sa cadette de 5 ans tandis que Harvey reproche à Mary Beth de ne pas être suffisamment présente à la maison.

Un épisode qui s’attache à montrer la façon avec lequel le monde des adultes prend en compte la parole des enfants. Alors que la soeur aînée confirme le viol, ce n’est que quand une prof de sport valide ses dires que la justice prend en compte l’affaire (le point est souligné par Lacey en fin d’épisode).
Mais la fin est loin d’être heureuse, les deux soeurs sont placées dans des familles d’accueil différentes.
(La juge est une femme, comme le relève Cagney en début d’épisode.)
Un parallèle moins tragique est tracé avec Michael qui a mal au ventre et des parents sceptiques sur la réalité du trouble.
En sous-intrigue, Charlie se remet à boire (suite à une déception professionnelle).

Le père : I’m talking deffamation, I’m talking false arrest, I’m talking slander.
Cagney : You bitches ruined my life. I know what’s behind this, you do hate men.
There are a few, Mary Beth.

6.05 - 3 Nov 86 - Role Call (Marcey Vosburg & Sandy Sprung) A
C&L babysittent une actrice d’Hollywood venue se renseigner le métier de policière.

Une réussite totale.
L’épisode parvient à montrer la misogynie que subissent les femmes qui jouent le jeu des attentes de la société (les bimbos). Le comportement glacial et jugeant de Cagney a son égard est d’une grande dureté : la meilleure scène est la confrontation finale de l’actrice avec Cagney qui lui fait remarquer qu’elle s’intéresse aux carrières des femmes uniquement quand c’est elle, la femme.
La relation qui s’établit entre Lacey et l’actrice est très touchante.

Des répliques « méta » très amusantes
Cagney : Everything she does in go undercover as a hooker.

Cagney : Who is he kidding ? That show is filmed in LA.

6.06 - 10 Nov 86 - The Zealot (Kathryn Ford) B
C&L enquêtent sur le meurtre d’un assistant DA très investi dans la lutte contre la pornographie.

C’est un peu Cagney & Lacey : SVU ! Mais en fait non. Plus que le milieu de la pornographie infantile, l’épisode s’intéresse à la vie des personnages entièrement dédiées à leur travail. Le quotidien pas très enthousiasmant de l’assistant DA qui se dévoile à mesure de l’enquête résonne fortement chez Cagney, qui a du mal à distinguer la légitimité de sa quête et la banalité décevante (il va voir des prostituées) de sa vie quotidienne.
L’autre intrigue, Michael qui achète des magazine de charme, est un parallèle assez évident qui donne l’occasion à Lacey de rappeler que toutes ces femmes restent des êtres humains et non des morceaux de chairs à la disposition des hommes.
La dernière scène est la plus réussie. Abattue, Cagney décide s’emporte chez elle le dossier sur lequel enquêtait l’assistant DA avant de se raviser, de le poser sur son bureau et de rentrer chez elle.

6.07 - 24 Nov 86 - The Marathon (Josef Anderson) A
C&L sont chargées de la protection d’une coureuse sud-africaine blanche sous le coup de menaces de groupes pour l’abolition de l’apartheid.

Un épisode formidable qui aborde la difficile question du cloisonnement entre les sphères, sportives et politiques, individuelles et collectives.
Cagney voit d’abord dans la sportive un miroir d’elle-même avant de percevoir que le problème est plus complexe qu’un cas individuel.
J’ai adoré le fait que malgré le kidnapping de son fils la coureuse, contre toute logique, refuse d’abandonner.

6.08 - 1 Dec 86 - Rites of Passage (Georgia Jeffries) A
C&L enquêtent sur la mort d’une jeune fille dans une sorority.

Un épisode formidable.
Le thème du « passage à l’âge adulte » fonctionne parfaitement dans l’enquête policière comme dans la partie à la maison des Lacey, qui s’attache à montrer la responsabilité des jeunes hommes concernant la contraception. Lacey rappelle à son fils que beaucoup de filles peuvent être "vulnérables" à son charme et qu’il doit en assumer une certaine responsabilité. Elle lui raconte son histoire lié à son avortement. C’est une scène d’une modernité folle et encore à l’heure actuelle assez inhabituelle. Tyne Daly est géniale.

La rencontre de Cagney avec son nouveau voisin est un peu en deça. Le jeu de Sharon Gless semble un peu outré dans une histoire où le spectateur a tout deviné avant elle (oui, son voisin est gay).
Ce développement montre que la série semble avoir gagné la bataille que les executives de CBS lui avaient confié, à savoir faire accepter à l’Amérique que deux femmes peuvent exercer avec compétence et efficacité le métier de détectives, puisque l’idée de ce personnage existait depuis la saison 3. Mais à l’époque, CBS avait mis son véto.
Voici une conversation rapportée par Barney Rosensweig entre lui et un executive à cette époque : « It was a major mistake, he believed, for Cagney’s new confidante to be gay. He pointed out how much resistance the show already had in small-town America, how “they” had yet to accept mature, working women as leads.
“Please,” he begged me, “win that fight before you take on another. »

Plein de petits clins d’oeil de continuité dans la série. Ici, Cagney zappe sur sa télé (que l’on ne voit et on entend « Hold on, big boy », la phrase culte de la série dans laquelle joue l’actrice venue quelques épisodes auparavant rendre visite à la brigade (6.05 - Role Call)

6.09 - 8 Dec 86 - Revenge (Frederick Rappaport) A
Petrie se rend compte qu’un homme, arrêté pour avoir battu sa femme, pourrait être l’assassin de sa soeur.

Un épisode assez impressionnant dans lequel on ne saura jamais qui est l’assassin de la soeur de Petrie ni qui est celui de l’homme arrêté.
On se focalise sur Petrie et son incompréhension de voir tout le monde (ses collègues et sa femme) considérer comme normal qu’il ait voulu tuer l’homme en question. La vengeance reste encore un motif légitime pour assassiner quelqu’un.
Le moment le plus fort est celui où il s’étonne que sa femme puisse envisager qu’il soit passé à l’acte et qu’elle lui reproche qu’il ne l’ait pas envisagé.
La partie avec Lacey en recherche désespérée d’un·e baby-sitter est hilarante (même si la chute - Samuels se propose - était attendue). Je ne parle pas assez de la dimension comique de la série.
L’histoire de Cagney avec son date avec un journaliste est moins réussie.

6.10 - 15 Dec 86 - To Thine Own Self Be True (aka The Rapist II) (Patricia Green) A-
Cagney doit faire face à son ancienne partenaire, accusée d’assassinat contre le suspect qu’elle a tuée dans 5.The Rapist.

Encore un épisode impressionnant. C&L ne résolvent pas une nouvelle fois leur affaire (une arnaque aux petits commerçants), affaire qui est l’occasion pour Cagney d’utiliser son rang pour forcer Lacey à passer des « stake-out » avec elle et lui faire oublier son dilemme.
Elle se sent responsable de la situation mais clairement la jeune femme lui demande de mentir ouvertement pour la couvrir.
On ne voit pas le procès, Cagney apprend simplement au spectateur qu’elle a été condamnée pour homicide involontaire.
En parallèle, Lacey reprend des cours à l’université, l’occasion d’une nouvelle engueulade avec Harvey. « Is it a crime for a man to miss his wife ? ».

6.11 - 12 Jan 87 - Cost of Living (Frank South & Joe Viola) A-
Lacey découvre avec stupéfaction que David fait partie de l’équipe de défense de Mansfield, le criminel qui avait été relâché à cause d’une erreur de Cagney dans Entrapement, tandis que Lacey est confrontée à la remise en liberté d’un criminel de l’une de ses premières arrestations.

Formidable épisode qui isole Cagney : Lacey est perturbée par sa découverte, David la trahit, Charlie ne peut s’empêcher de boire, le FBI conclut un accord avec Mansfield... On sent qu’elle commence à glisser du côté des démons de son père. La scène où elle renverse sur elle une litre de vin pour tenter de faire réagir son père est bluffante.
Très bonne conclusion où elle rend visite à Mansfield et lui rappelle qu’elle a la possibilité d’avoir le dessus dans l’histoire.
Tyne Daly est géniale dans l’épisode (on se serait passé de la réaction attendue d’Harvey).

6-12 - 19 Jan 87 - Waste Deep (Michael Berlin & Eric Estrin) C+
C&L enquêtent sur une entreprise soupçonnée de se débarrasser sauvagement de ses déchets toxiques tandis que Lacey attend les résultats de ses contrôles liés à son cancer du sein.

Sur un sujet qu’on imagine d’actualité à l’époque, l’enquête se révèle poussive et un peu naïve. On se serait passé des références permanentes de Lacey à la santé des enfants avec des tremolos dans la voix.
Ce qui touche sa situation personnelle est un peu plus réussi, particulièrement en fin d’épisode quand on constate qu’elle met un mur face à Cagney et que celle-ci en ressent une grande frustration. La dernière image, Lacey qui prend sa main, quand elle attend les résultats au téléphone est une belle conclusion.

6.13 - 26 Jan 87 - Favors (Frederick Rappaport) A-
Cagney doit rédiger des rapports d’évaluation professionnelle des détectives de la brigade tandis qu’avec Lacey elle se retrouve face à un juge corrompu.

Très bel épisode sur la notion des "faveurs" du titre. Ce qui se passe à la brigade est la version "marrante" de ce que l’on est prêt à faire pour quelques faveurs, ce qui concerne l’enquête est bien plus tragique et fascinant.
Ces "faveurs", un système complètement normal pour Charlie, crée un fossé entre lui et sa fille, surtout au moment où il lui raconte qu’il a passé des coups de fil pour qu’elle et Lacey obtiennent leurs postes de détectives (référence à la fin du pilote).
Cette histoire s’inscrit dans la description de l’alcoolisme de Charlie qui s’aggrave.

6.14 - 2 Feb 87 - Ahead of the Game (Allison Hock) C+
C&L enquêtent sur la mort d’un jeune basketteur tandis que les Lacey découvrent qu’ils ont été cambriolés.

Un épisode en deçà de la moyenne de la saison. Il est amusant de noter qu’aucune intrigue ne trouve de résolution satisfaisante : C&L se font retirer l’enquête, un sportif qui fait une overdose d’anabolisant n’a rien de prioritaire pour la mairie en lutte contre le crack dans la ville, Lacey ne retrouve pas son chandelier et se refuse à aller le racheter dans un pawn shop, mais ces deux histoires font très datée. La mise en scène du cambriolage est particulièrement peu inspirée.
Reste Charlie dont la relation avec sa fille continue de s’étioler. La meilleure est celle où il rencontre le voisin de Cagney avant de devoir masquer sa déception quand il apprend son orientation sexuelle.

6.15 - 9 Feb 87 - Easy Does It (Les Carter & Susan Sisko) B
C&L enquêtent sur des vols ayant lieu dans des réunions d’Alcooliques Anonymes tandis que Lacey doit gérer la folie dépensière soudaine de Harvey.

L’enquête est un prétexte pour faire prendre conscience à Cagney que son père est un alcoolique en la faisant s’assoir à de multiples réunions. Ca fait un peu trop l’ « épisode spécial », un peu trop forcé.
Du côté des Lacey, ça n’est pas plus passionnant, Harvey se comporte une fois de plus comme un connard, même s’il est tout de même intéressant de voir Mary Beth avoir des difficultés à mettre de côté ses habitudes de thésaurisation.
L’intrigue C du départ de Samuels ne fonctionne pas très non plus et Esposito, qui n’est depuis le début de la saison seulement défini par son côté baratineur, se révèle un personnage raté et inutile.
L’épisode est sauvé par la jolie scène finale, Lacey déblatère sur ses achats tandis que Cagney, qui vient de se rendre compte que son père est alcoolique, ne peut s’empêcher de retenir ses larmes.

6.16 - 16 Feb 87 - To Sir, With Love (Sandy Sprung & Marcy Vosburgh) C
Cagney prépare un dîner officiel pour Samuels tandis que Lacey célèbre le premier anniversaire de sa fille.

Probablement l’épisode le plus raté de toute la série. On sent bien que l’intention est de faire un épisode léger et amusant, mais tout tombe à plat. Les gags et les engueulades entre les deux femmes dans la cuisine des Lacey sont navrants, le talent show pour le dîner convenu et lourdaud…
Fichtre, c’était inattendu.

6.17 - 23 Feb 87 - Divine Couriers (Frederick Rappaport) B
C&L enquêtent sur une femme qui se fait payer pour faire passer des messages dans l’au delà tandis que Charlie s’enfonce un peu plus dans l’alcoolisme.

Un épisode plutôt déséquilibré. Ce qui touche à Charlie est bien géré mais l’enquête n’a que peu d’intérêt. Elle permet vaguement aux deux femmes d’exprimer des opinions divergents sur la notion de foi, mais tellement rapidement que leur discussion se révèle assez creuse.
L’intrigue C avec Coleman, sa « reunion » et son obsession pour la cheerleader de son lycée est navrante.
Un petit passage à vide pour la série.

6.18 - 9 Mar 87 - Right to Remain Silent (David Abramowitz) B
C&L enquêtent sur un meurtre d’un dealer de drogues commis par une jeune fille sourde.

L’investissement de Lacey dans cette affaire est assez intéressant (même s’il est à la limite de l’instinct maternel) et le fait que la jeune fille jouait de son handicap pour amadouer son environnement proche, et Lacey en particulier, offre une conclusion assez noire.
J’ai beaucoup aimé les affres romantiques de Cagney, déprimée par le vide de sa vie sentimentale et le retour d’un David éméché dont elle ne pardonne toujours le rôle dans la défense de son arch-nemesis (j’aime beaucoup également la façon dont les scénaristes font de gros efforts pour aller contre les stéréotypes avec le personnage du voisin gay, des efforts qui le font ressembler à finalement à un stéréotype), mais surtout ceux de Isbecky, qui a du mal à assumer le fait de fréquenter une femme intelligente. Leur conversation où elle lui explique que ça n’est pas facile pour elle non plus de l’assumer dans son cercle d’amis est très touchante.
Reste le fait que les crises agressives de Harvey font vraiment de lui un boulet.

6.19 - 16 Mar 87 - Special Treatment (Allison Hock) B
Lacey est arrêté au cours d’une manifestation contre les déchets nucléaires tandis que Cagney se rend compte qu’elle n’est pas capable d’arrêter de boire de l’alcool pendant une semaine.

La seule chose réussie dans l’épisode est ce qui touche Cagney, le reste n’est pas franchement pas convaincant. Lacey qui pour des questions de principe refuse d’être libérée par le commissariat du Queens parce qu’elle est policière semblait une bonne idée mais la voir en alternance pleurer et hurler une fois qu’elle est en cellule est assez pénible.
L’intrigue C avec Esposito qui tente de convaincre tout le monde de rejoindre son groupe de relaxation confirme que les scénaristes ne savent pas quoi faire avec ce personnage.

6.20 - 23 Mar 87 - Happiness is a Warm Gun (Joe Viola) B
Lacey se fait tirer dessus par un adolescent qui a braqué une épicerie. Cagney noie ses détresses dans l’alcool.

Un épisode plus intéressant que réussi, à mon sens, mais je le préfère de beaucoup à la série d’épisodes plats qu’on vient d’enchaîner. Il s’attache, suite au traumatisme de la possibilité de la mort brutale de l’une d’entre elle, à faire verbaliser par les deux femmes leurs frustrations et leurs attentions par rapport à l’autre dans leur relation.
La scène finale chez le psy paraît un peu trop artificielle pour être vraiment déchirante. J’ai beaucoup aimé cependant le moment où Lacey demande à Cagney pourquoi elle ne comporte comme si elle ne tenait pas à la vie.

6.21 - 30 Mar 87 - Turn, Turn, Turn (1) (Georgia Jeffries) A
Lacey devient une héroïne médiatique après avoir sauvé un enfant d’une voiture en flamme tandis que Cagney doit faire face à la mort de son père.

Une première partie très réussie d’un double épisode que l’on imagine être un tournant pour Cagney et son rapport à l’alcool.
La série impressionne avec sa continuité, le retour de Donna que ne supporte pas Cagney est extrêmement bien vu et lui permet de (ne pas) se confronter à sa propre culpabilité.
J’aime beaucoup également la pointe de jalousie de Cagney envers Lacey d’autant plus qu’elle la ravale assez vite et l’adjoint à utiliser sa gloire momentanée pour obtenir une promotion que selon elle plusieurs hommes ont eu au cours de l’année avec des mérites moindres. J’adore ce personnage plein de paradoxes.
La célébration dans le pub est assez dure à voir et il faut reconnaître que Sharon Gless tient formidablement son personnage alcoolisé.

6.22 - 30 Mar 87 - Turn, Turn, Turn (2) (Shelley List & Jonathan Estrin) B
Lacey obtient enfin sa promotion tandis que Cagney s’enfonce dans les affres de l’alcool.

Une deuxième partie moins forte puisque beaucoup plus attendue.
La sombre descente aux enfers de Cagney m’a semblé parfois trop forcée et le jeu de Sharon Gless moins impressionnant que dans la première partie.
Les dix dernières minutes, à partir du moment où Cagney manque l’annonce de la promotion de Lacey, ont cependant une très grande force.
L’affaire du bébé sauvé des flammes se prolonge sans véritable enjeu.
Dernière image très forte également quand Cagney, à une réunion des Alcooliques Anonymes, annonce qu’elle est alcoolique.

cagney lacey season 7 episodes

7-01 - 21 Sep 87 - No Vacancy (Eric Blakeney & Gene Miller) C+
Cagney et Lacey tentent de faire prendre en charge par les services sociaux un témoin à la santé mentale fragile tandis que Cagney a du mal à se faire à sa sponsor de AA et que Harvey est confronté à des provocations politiques de son fils.

Un season premiere pas complètement convaincant. L’idée de mettre en lumière les problèmes de la prise en charge des malades mentaux est louable mais les scénaristes semblent manquer d’inspiration. On suit donc les deux héroïnes de services en services qui n’ont comme seul argument que leur cas est un désormais un visage et qu’il faut s’en occuper.
Le plus réussi concerne Harvey et son fils, qui décide d’afficher son admiration pour l’armée, ce qui n’est pas du goût de son gauchiste conspirationiste de père.
Les autres personnages sont très, très en retrait.

7-02 - 28 Sep 87 - The City is Burning (Samm-Art Williams) A
C&L enquêtent sur des vols de voiture de luxe tandis que la ville est ébranlée par des tensions raciales suite au meurtre d’un jeune homme noir dans un quartier blanc.

Un épisode assez génial avec une conclusion d’une noirceur et d’une force phénoménale.
Durant tout l’épisode, on assiste aux échanges habituels entre Lacey, la progressiste, et Cagney, la pragmatique qui refuse d’examiner les a-prioris qu’elle pourrait avoir.
Elle est satisfaite quand elles découvrent que le meurtre du jeune homme était lié à une revente de voiture volée qui a mal tourné.
Rien de raciste, pour elle.
Elle prononce alors les insultes racistes utilisées par ses collègues lors des tensions pour attirer leur attention et avec assurance détaille le fond de l’affaire. Mais pour Petrie, le compte n’y est pas.
Et c’est assez phénoménal de voir une série mettre en scène les défauts de son personnage principal et d’expliquer en quoi ils sont problématiques.

Cagney : OK, listen up all you crackers. Wops ! Niggers ! Chinks ! Spics ! Micks ! Kites ! And Polaks ! Did I leave anybody out ? ...Good. Because it’s the last time that I wanna hear those words in this place ! […] We’re talking about a hot car deal gone sour. […] There was nothing racial about it.
Petrie : Thank you, Judge Cagney.
Cagney : Now you look, Detective,…
Petrie : What do you know about it anyway, Sergeant ? What do you know about niggers, Micks and kites ? Would you like to be called a spoiled hunking bitch ? How about … ush ! Shut up ! Does that measure up to gook ? Or Hebe ? Or coon ? Would you like to explain that to my daughter, Lauren ? (silence) That’s what I did last night !

L’utilisation des insultes dans la série est assez incroyable et le discours autour d’une grande intelligence. La dernière réplique est tragique.

Coleman : Petrie, you better get going. You and Isbecki are up. A bunch of white kids just stabbed a black kid, 14th and Broadway.

7.03 - 5 Oct 87 - Loves Me Not (Frank South) B+
Lacey est poursuivie par une famille pour être intervenue avec force dans leur intimité (la femme était battue par son mari) tandis que Petrie devient sergent et fait ses adieux à la brigade.

Les trois intrigues différentes et indépendantes forme cependant un ensemble très réussi. J’ai été amusé par le fait que l’homme recherché par C&L dans leur enquête est gay et a un petit ami et qu’aucun personnage ne fait la moindre réflexion sur le sujet. Le départ de Petrie est très réussi, je suis très heureux que le personnage ait été promu et que Izbecky soit durement touché par ce départ. L’affaire juridique qui touche Lacey est racontée hors tribunal, c’est Lacey qui raconte ce qui s’est passée à l’audience et semble un pied de nez à la Loi de Los Angeles, qui est mentionné par l’intermédiaire de Harry Hamlin.

7.04 - 19 Oct 87 - Different Drummer (Allison Hock) C+
C&L enquêtent sur une femme seule excentrique accusée de commettre des larcins dans une co-propriété tandis que Lacey est empêtrée dans des querelles de voisinage.

Un épisode plus léger que d’habitude, pas très convaincant mais qui qui tient grâce à une scène très touchante où Cagney se rend compte de la méchanceté du groupe de bourgeois et les menace de représailles.
Les histoires de Lacey dans le Queens ne sont pas très claires.

7.05 - 26 Oct 87 - You’ve Come a Long Way, Baby (Frederick Rappaport) B
C&L enquêtent sous couverture sur des agressions de prostituées tandis qu’elles tentent de réparer une erreur judiciaire qu’elles ont provoquée au début de leur carrière.

Un épisode assez réussi qui convoque habilement les débuts de la série (il est amusant de revoir nos deux héroïnes arpenter les rues déguisées en prostituées) pour introduire un nouveau personnage de femme policière, une afro-américaine, qui devient la nouvelle partenaire de Izbecki.
Le fait que personne, mis à part Lacey, ne veuille réouvrir l’enquête est bien vu : il s’agit cependant d’une question d’honneur pour les deux femmes, qui ne remet pas en cause leurs qualités de détective mais montre également qu’elles ont progressé au cours de leur carrière. Cette histoire permet également de faire revenir le spectre de Charlie, dont on imagine les réactions aux atermoiements des deux héroïnes et de montrer la souffrance et la solitude de Cagney sans son père.

7.06 - 9 Nov 87 - Video Verite (Eric Estrin & Michael Berlin) C-
C&L enquêtent sur le vol de l’enregistrement d’un clip video tandis que la nièce de Cagney recherche ses racines irlandaises pour une audition.

Un épisode peu convaincant. L’humour est sensé venir du fait que les deux héroïnes ont la grippe et parlent du nez, c’est malheureusement difficilement supportable plus de deux minutes.
L’enquête n’a aucun intérêt mis à part montrer que Lacey est plus au fait des succès pop contemporains que Cagney. Toute l’intrigue avec la nièce est cousue de fil blanc et abîme le personnage qui apparaît vaine et autocentrée. Une autre sous-intrigue (la recherche par un fabriquant de jouets d’un modèle au sein du commissariat pour ses poupées de policier) sent le réchauffé.
Heureusement qu’il y a Harvey… Oui, Harvey… J’adore la façon qu’il a de hurler sur son aîné, devenu un chantre des Républicains et de l’armée…

7.07 - 16 Nov 87 - Greed (Douglas Steinberg) D
C&L enquêtent sur des soupçons dans un jeu télévisé.

Un désastre.
Cagney dans un costume d’ananas, Izbecky en banane, Lacey en tomate et Esposito en raisins, en concurrents d’un jeu télé, c’est trop pour moi. La scène dure 20 minutes !
Et pour finir en beauté, Lacey piège l’hôte du jeu en ouvrant le micro pour que son public entende ce qu’il pense d’eux dans une scène dont même les scénaristes du Mentaliste auraient eu honte.
Une catastrophe.
(À ce stade, la nouvelle ne sert strictement à rien, elle se contente dans cet épisode de parier sur qui gagnera la cagnotte dans le jeu.)

7-08 - 23 Nov 87 - Secrets (Robert Eisele) B
C&L soupçonnent d’autres policiers d’être corrompus tandis que Lacey gère mal la relation naissante entre Harvey Jr et son grand-père.

Un épisode plus réussi que les précédents dans lequel on découvre les stigmates que laisse la révélation de l’alcoolisme dans son milieu professionnel et à quel point Cagney est angoissée par la modification qu’elle pourrait avoir sur la perception de Lacey à son sujet.
J’ai beaucoup aimé le parallèle avec le secret de famille de Lacey qu’elle ne peut se résoudre à partager avec Cagney.

7.09 - 5 Jan 88 - Do I Know You ? (Robert Eisele) A
Cagney est violée par l’homme avec lequel elle a passé la soirée.

Une réussite.
On ne voit pas l’agression, on voit le retour, le moment où l’homme prend conscience que le voisin de Cagney n’est pas là, Cagney qui lui souhaite une bonne soirée.
Puis coup de fil chez les Lacey. Les dix minutes suivantes entre les deux femmes sont sans musique.
L’épisode s’avance vers une fin tragique où la parole de Cagney va se heurter à celle de son attaquant, un homme de pouvoir. Celui-ci fait l’erreur d’évoquer l’alcool qu’elle aurait ingéré lors de leur rendez-vous, Cagney reprend confiance et demande son arrestation pour viol et repart avec Lacey pour reprendre l’enquête sur elles travaillaient.
Formidable scène où Cagney se souvient de la policière qui avait été violée et du moment où elle lui avait dit qu’elle la comprenait.

Cagney : « I don’t want your pity. »
Izbecky : « Nobody blames you. »
Une déclaration formidable de Cagney s’en suit où elle prend à partie l’ensemble du commissariat et explique que sa soumission à son violeur était sa seule façon de survivre et qu’elle ne remet pas en question son courage dans l’exercice de son travail.

7.10 - 12 Jan 88 - Old Flames (Robert Bielak) C+
C&L enquêtent sur la mort d’un vieux monsieur dans une maison de retraite tandis que Lacey est dévastée quand Harvey Jr lui apprend qu’il s’est engagée dans l’armée et que Cagney a du mal à gérer ce premier Noël sans Charlie.

Un épisode qui débute par une date qui indique qu’il a lieu avant l’épisode précédent. C’est vraiment dommage qu’il ne soit pas la suite de l’épisode avec le viol de Cagney.
Sa douleur d’un Noël sans Charlie tombe un peu à plat et la mater dolorosa que joue Lacey prend également du plomb dans l’aile.
En tentant de faire abstraction de cet étrange choix de diffusion, l’épisode n’est pas trop mal. Le meilleur venant à nouveau de Harvey complètement traumatisé par les provocations de son fils.

7.11 - 19 Jan 88 - Trading Places (Wayne Powers & Donna Dottley Powers) B+
C&L découvrent le remplaçant de Samuels tandis que Harvey est menacé par un entrepreneur véreux.

Un très chouette épisode.
« Miss me, babe », la dernière réplique de Harvey m’a mis les larmes aux yeux.
La façon dont Lacey se rend compte de ce qu’un conjoint de policier endure chaque jour est vraiment réussie : on ne voit rien de l’opération qui implique Harvey avec un micro, on voit seulement Lacey qui angoisse au commissariat.
L’intrigue parallèle où Cagney, à qui revenait le poste de lieutenant intérimaire, doit laisser sa place à un homme ami de leur capitaine est tout aussi réussie et permet de revenir sur le « boys club » qu’est encore la police de New York.
La façon dont David et Harvey s’entendent formidablement à la grande surprise de C&L au cours du dîner que Lacey organise pour remercier David de son aide dans le 7.03 est amusant, mais il rappelle que la série est capable d’une grande continuité et qu’étrangement le le viol de Cagney semble ne jamais avoir eu lieu. Etrange.
L’intrigue avec Izbecki qui découvre que sa famille était juive aurait mérité d’être plus approfondie.

7.12 - 26 Jan 88 - Shadow of a Doubt (Larry & Paul Barber) C
Lacey est suspendue pour avoir été contrôlée positive à un test de drogues durant une affaire sous couverture tandis que la brigade célèbre le mariage d’Izbecky.

Un épisode étrange qui s’inscrit dans une grande continuité avec de nombreuses références aux épisodes précédents. Pour la première fois, il est fait mention du viol de Cagney. Par un inspecteur de la police des polices dans un monologue insultant un peu grossier.
L’idée de montrer l’absence de soutien de ses membres minoritaires par la police était intéressante mais l’exécution n’est pas terrible.
Tout ce qui tourne autour du mariage d’Izbecky n’est pas très intéressant, on s’amuse un peu grâce à C&L qui piègent les hommes en faisant venir des danseuses professionnelles (et non des strip-teaseuses) à l’enterrement de vie de garçon.

7.13 - 9 Feb 88 - Hello Goodbye (P.K. Knelman) B+
C&L enquêtent sur une série de coups de téléphone anonymes provenant d’un hôtel social tandis que Cagney se retrouve à un tournant de sa relation avec David.

Une réussite.
On explore à nouveau le sentiment d’injustice de Cagney dans la police avec le retour de Samuels et surtout on revient sur son rapport à la vision traditionnelle de la vie domestique quand elle refuse la proposition de mariage de David.
Toute la partie dans l’hôtel social est également très réussie, particulièrement quand les Lacey en vêtements de soirée à Broadway dissertent sur la pauvreté en allant voir les Misérables.

7.14 - 16 Feb 88 - School Daze (Allison Hock) C
C&L retrouvent à un stage de formation le détective du commissariat du Queens et Lacey se rapproche de celui-ci.

Un épisode pas vraiment convaincant. Les techniques d’interrogation montrées, scrupuleusement notées par Lacey, moquées par Cagney, débouchent sur des petits jeux de rôles attendus et pas très drôles.
Le rapprochement entre Lacey et le policier du Queens s’achève sur un quiproquo poussif, même si la toute fin de l’épisode se révèle réussie.
Lacey retrouve son chancelier disparu suite au cambriolage de l’épisode 6.14.

7.15 - 23 Feb 88 - Land of the Free (Sharon Elizabeth Doyle) B+
C&L enquêtent sur le meurtre d’un ressortissant d’El Salvador.

Un épisode très réussi centré autour d’une enquête solide, sérieuse et consistante qui se termine avec Samuels demandant aux deux héroïnes de l’arrêter quand elles ont la certitude que le meurtre est l’oeuvre de l’armée salvadorienne.
La rencontre de Cagney avec un nouvel « love interest » hors de sa classe sociale (un plombier) fournit de jolies tensions entre elle et Lacey.

7.16 - 15 Mar 88 - A Class Act (Wayne Powers & Donna Dottley Powers) B
C&L enquêtent sur le vol d’une peinture tandis que Samuels reçoit la visite de ancien partenaire.

Une nouvelle réussite (dans cette saison, deux à la suite, c’est remarquable), plus légère mais qui exploite en profondeur le thème des différences de classe entre Lacey et Cagney relancé par l’arrivée du nouveau petit ami de Cagney.
Le moment où Samuels tente d’évoquer son problème avec son partenaire en faisant un parallèle hypothétique avec Lacey est hilarant. J’adore quand elle engueule ensuite Cagney en lui expliquant qu’elle ne divorcera jamais d’Harvey.

NB : La plupart de la distribution secondaire prend régulièrement des vacances. Les personnages partent ainsi en cure d’amaigrissement (Samuels), en lune de miel (Izbecky)… Les autres ne sont que des silhouettes en arrière plan tandis qu’Esposito, pourtant là depuis deux ans, n’a toujours pas prouvé l’utilité de sa présence au générique.

7.17 - 22 Mar 88 - Button, Button (Michelle Ashford) A-
C&L enquêtent sur la mort d’un homme qui vivait à New York dans un programme de protection des témoins tandis qu’elles sont confrontées à la peur de l’épidémie du SIDA dans leur vie personnelle.

Un formidable épisode. Là encore, l’enquête est vraiment réussie, avec les entraves liées à la procédure du FBI qui rechigne à enquêter sur un homme difficile à protéger et le retournement final (et habile) de situation. En parallèle, l’histoire avec la paranoïa générée par la présence d’une petite fille à la crèche contaminée par le VIH par transfusion à sa naissance est formidable. Lacey n’arrive pas à surmonter ses peurs et regrette de se voir agir comme une bigote égoïste mal informée.
Et une fois n’est pas coutume, Harvey incarne un comportement responsable. Il est intéressant de constater que Cagney, célibataire avec de nombreux partenaires sexuels, n’est pas la seule concernée par la situation et de son côté, les développements sont intelligents : son petit ami plombier avec qui elle angoissait d’aborder le sujet de la protection et des tests de dépistage se révèle bien plus en avance qu’elle sur le sujet.

7.18 - 29 Mar 88 - Amends (Larry & Paul Barber) A
C&L rejoignent une brigade spéciale menée par leur ancien lieutenant remplaçant tandis que Cagney se réjouit qu’on lui ait demandé de devenir une sponsor aux Alcooliques Anonymes.

Peut-être le meilleur épisode de la saison, basée une nouvelle fois sur une enquête ultra solide. L’épisode bénéficie du retour du lieutenant intérimaire, fanatique des ordinateurs et peu expérimenté sur le terrain, que l’on voit tuer son partenaire, un policier reconnu, dans ce qui semble être une bavure.
Le spectateur est évidemment du côté de Cagney, qui tient, dans ces circonstances tragiques, une sorte de revanche contre le « boy’s club » (elle prend la tête de la brigade après l’accident) et valide son refus de faire évoluer ses méthodes d’enquêtrice. Mais les choses ne sont pas si simples et Lacey, en gardant l’esprit ouvert, résout l’affaire et blanchit son lieutenant.
La partie plus personnelle se mêle habilement à l’enquête et montre une Cagney prompte à faire passer au second plan ses engagements quand sa carrière est en jeu.

7.19 - 5 Apr 88 - Friendly Fire (Shelley List & Jonathan Estrin) B
Cagney témoignage au procès de son violeur tandis que Lacey angoisse à l’idée que son fils soit mort dans un accident.

Un épisode étrange et plutôt raté, à mon sens.
La partie liée à Cagney est réussie mais ce qui touche à la famille Lacey m’a paru insupportable. Tyne Daly en mater dolorosa en fait trop dans une intrigue qui se révèle un prétexte pour un rapprochement avec son père (surprise, Harvey Jr n’est pas mort !) et une prestation en direction des Emmys.

Jéjé
P.S. Il ne reste plus qu’à voir si les téléfilms reunion rattrapent un peu cette fin (temporaire) !
Notes

[1À l’exception de Charlie et Harvey, mais ces deux personnages sont intimement liés à Cagney et Lacey.

[2Série policière centrée sur Carl Weathers, elle n’a que cinq épisodes diffusés au cours du printemps 1986.

[3Si je me trompe, et je l’espère, n’hésitez pas à me pointer des épisodes de séries dans lequel il y aurait ce type de démarche, ça m’intéresse énormément.

[4Elle a le droit à quatre mots dans le double épisode final : « What about him ? » et « Wow ! ».

[5Cagney & Lacey reviendront quelques années plus tard pour quatre téléfilms.

[6Et « étrangement », Barney Rosenzweing ne fait absolument aucune référence à cet épisode dans Cagney & Lacey & Me, si ce n’est la mention suivante dans le descriptif de l’épisode dans le guide en annexe : « In an atypical (c’est peu de le dire) two-part episode, Cagney & Lacey find themselves dupes of their own department in a case of international political intrigue ». C’est d’autant plus surprenant que c’est le seul épisode de toute la série pour lequel il est crédité comme scénariste et que j’aurais bien aimé comprendre ses motivations pour écrire un tel script.
Et seules quatre lignes sont consacrées à la qualité des épisodes de la saison 7 : « Arguably our last season was our weakest, although even here we had two of our most powerful episodes : the acquaintance rape segment (“Don’t I Know You”) and our payoff to young Harvey Junior’s hero worship of Oliver North (“Friendly Smoke”). ».
Le reste de la partie consacrée à la fin de la série s’intéresse à la modification de la programmation des épisodes, son annulation et la vente des épisodes en syndication...