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Lost - Critique de l'épisode 4 de la saison 3

Every Man For Himself: L’Arnaque, c’est com-pli-qué !

Par Ju, le 31 octobre 2006
Par Ju
Publié le
31 octobre 2006
Saison 3
Episode 4
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J’aimerais bien pouvoir vous expliquer l’épisode de cette semaine en des termes simples, mais il faut déjà m’avouer vaincu : cette folle embarquée dans les méandres de la psychologie d’un arnaqueur professionnel est bien trop tortueuse et passionnante pour que je puisse espérer lui rendre justice. Ou alors, vous savez, j’ai grave la flemme.

Si la vie était parfaite, j’aurais pu commencer cette review comme la précédente, à savoir avec un petit speech sur ce qu’il faut savoir sur les coulisses de la série pour comprendre ce qu’il se passe réellement à l’écran. Malheureusement, même si Naveen Andrews a lui aussi exprimé ouvertement ce qu’il pensait de l’évolution de son personnage et de son intrigue l’an dernier (et dans des termes beaucoup moins diplomates que Terry O’Quinn), apparemment... tout le monde s’en tape.
Cette semaine, Sawyer est à l’honneur.

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Chronique de Gens en Vacances

Avant de parler de ce qu’il se passe du côté de chez Les Autres (en gros, un pacemaker, un lapin blanc, et un map painting hideux... mais je vous le fais en plus de détails, alors continuez à lire), intéressons nous deux minutes aux mésaventures de nos amis de la plage, des gens qui, par leur inaction, leur bêtise, et leur ineffable attitude face à des événements extraordinaires, ont acquis le titre de « Moutons ».

Depuis qu’il a sa super barbe de prophète, depuis qu’il a survécu à l’implosion d’une trappe et qu’il peut « voir l’avenir », Desmond se la pète un peu. Genre il peut prévoir où la foudre va tomber (« Mais c’est quoi, un gigowatt ? »). Genre il sait que Claire et Aaron vont se prendre un éclair sur la tronche et mourir brûlés dans d’affreuses souffrances. Genre il pense que deux taches carbonisées sur le sable, ça craint.
Donc Desmond, il se la pète.

Pendant que le Prophète se prend pour Eliza Dushku, et tente d’empêcher une « terrible catastrophe » de se produire sans trop attirer l’attention sur son « don », Paolo-Le-Newbie en profite pour s’incruster un peu. De manière hyper subtile.
Pas question de roupiller sur la plage, cette semaine Paolo joue au golf. Enfin... il envoie des cailloux dans l’océan avec des clubs de golf, et ronchonne dans son coin. Et blablabla je suis jaloux que tous les Cool Kids aillent dans la jungle se faire bouffer par le Monstre de Fumée Noire Hallucinatoire. Et blablabla vous pouvez tous crever. Et blablabla j’ai vraiment un caractère de merde pour un nouveau.
Pas étonnant qu’il ne se soit pas fait beaucoup d’amis en 70 jours, Paolo-Le-Newbie.

Finalement, Desmond sauve Claire, le bébé, et le Hobbit.
Super bien joué, Des.

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Au boulot, Docteur Ducon !

Du côté des prisonniers de Les Autres, la vie suit doucement, tout doucement, son cours. Sawyer et Kate rêvent toujours d’évasion, de liberté, et d’un endroit où aller aux toilettes. Le Docteur Ducon, quant à lui, regarde quelques dessins animés, se plaint des plats trop froids que Juliet lui apporte, et pour la majeure partie de son temps se demande ce qu’il fout là.

En bref, tout ce petit monde s’occupe comme il peut, les uns sont torturés psychologiquement tandis que Les Autres les torturent psychologiquement, tout le monde joue son rôle, tout se déroule sans accroc jusqu’à... l’arrivée de La Blonde Tuée Par Balle Numéro Trois dans le camp de Les Autres, sur une civière.

Apparemment, Les Autres n’ont jamais vu un Flasque-Back de Jack, ils ne l’ont jamais vu non plus opérer sur Boone... ou Libby... ou le U.S. Marshal... Les Autres ignorent que, niveau médecine, le Docteur Ducon parle beaucoup mais il est plutôt nul. Ils lui demandent donc de soigner La Blonde.
Elle meure.
Remarquez, sa mort n’a pas grand-chose d’étonnant, Jack ne prenant même pas la peine d’utiliser sa super technique de massage cardiaque, dite du « je te tape sur le torse 742 fois à grands coups de poing quitte à te réduire le torse en bouillie », qui avait fait des merveilles en son temps. Pire, Jack n’était pas vraiment à ce qu’il faisait, puisqu’il prend le temps de remarquer des radios qui traînaient par là. Les radios d’un homme d’une quarantaine d’année atteint d’un cancer au niveau de la colonne vertébrale.
Puisque son nouveau truc, à Jack, c’est de sortir des vannes et de poser des questions, il ne se gène pas pour demander à Juliet s’il a été amené là pour opérer sur quelqu’un, et si oui, de qui il s’agit. Chouette question, Jack. Chouette mystère, Damon.

J’ai moi aussi une question pour Les Autres : Vous êtes vraiment sûrs que vous ne préférez pas qu’un Ours Polaire soigne votre pote, plutôt que le Docteur Ducon ?

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Un coeur gros comme ça !

L’intrigue de Sawyer et Kate peut se résumer assez facilement : « tiens, si Sawyer s’en prenait plein la tronche ? »
La violence gratuite, moi j’aime. C’est sans doute pour ça que l’épisode m’a autant plu d’ailleurs.

Voyons un peu comment et pourquoi Sawyer se fait casser la gueule.
Il y a déjà sa tentative d’évasion. Bien décidé à ne pas être le Crétin de La Semaine, Sawyer met au point un plan plutôt ingénieux. Enfin... aussi ingénieux qu’un plan où on s’électrocute volontairement puisse l’être. Malheureusement pour lui, il en explique les moindres détails à cette traîtresse de Kate dans une cage sur écoute.
Je reviens sur cette traîtresse de Kate un peu plus bas, mais en attendant le plan foire, Sawyer se fait casser la gueule par Ben (c’te honte), et pire encore, il se réveille sur une table d’opération où les internes glauques de Grey’s Anatomy, version Lildelost, apprennent la procédure d’insertion de faux pacemaker. Une petite piqûre dans le cœur plus tard, Sawyer se réveille un autre homme.

Dans une scène que j’ai trouvée excellente, par son caractère « Quoi ça ? », Ben illustre les effets du pacemaker avec l’aide d’un lapin blanc avec un 8 peint dessus. Il l’excite en secouant sa cage et en gueulant dessus comme un malade jusqu’à ce que le lapin meure.
N’importe quoi, certes, mais hautement divertissant.

Les Autres ont donc mis un petit objet métallique dans le corps de Sawyer qui lui fera exploser le cœur si son rythme cardiaque augmente trop. Heureusement, il ne s’agit pas encore d’une bombe dans la tête et Tom Cruise peut rester chez lui avec sa fille, Bang.
Avec l’aide (appréciée) du corps de Kate, l’excitation de Sawyer et son rythme cardiaque qui augmentent dangereusement nous sont montrés dans une scène ratée, à la fois convenue, prévisible et pas drôle. Bien joué, Lost.

Mais passons. C’est l’heure où Sawyer se fait casser la gueule pour la deuxième fois de l’épisode. Mais pas avant un petit Flash-Bof.

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Non, je ne parlerai pas de Prison Cassée !

Oh, joie, quelques nouveaux éléments intéressants et assez inattendus apparaissent dans ce Flash-Blate plutôt réussi et qui ne traîne pas en longueur. Un exemple à suivre par tous les Flash-Baaahs du Monde, en somme.

Suite à l’intrigue de son Flash-Beurk précédent, Sawyer se retrouve en prison.
Sawyer le taulard, un élément dont on ignorait tout, un élément qu’on ne nous avait pas bêtement fourni dans l’épisode précédent histoire de nous gâcher la surprise, un élément qu’on pouvait néanmoins deviner au détour d’une réplique dans la saison 1, et qui justifie parfaitement son attitude après le crash.
Il y a vraiment du mieux, amis scénaristes !

En prison, Sawyer prend part à une arnaque visant à récupérer l’argent du gouvernement, en échange d’une petite commission et de sa liberté. On s’en fout un peu, mais encore une fois ça passe vite, et la conclusion est bien vue : « Congratulations, you’ve just lied and cheated your way out of prison ».
Au détour d’une scène avec la nana de l’an dernier dont le nom m’échappe mais qui a joué dans Deadwood, on apprend que Sawyer a une petite fille du nom de Clémentine.

Comme la fille de Sydney Bristow.
Quant à savoir si ce dernier détail est plus mystérieux qu’inutile, ou plus inutile que mystérieux, je vous laisse décider...

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Kate la Traîtresse

Pendant que Sawyer, les yeux dans le vide, se remémore ses bons souvenirs de taulard (les après-midi volley, les soirées cinéma, les douches communes), la Blonde Tuée Par Balle Numéro Trois en profite pour mourir. Manque de pot, Pickett, son mari, décide de passer ses nerfs sur Sawyer.
Je savais bien que je n’étais pas le seul à me lasser de ses surnoms stupides.

Est-ce la violence gratuite ? Est-ce l’effet merveilleux de la pluie dans les séries télé ? Je ne sais pas à quoi l’attribuer, mais cette scène où Pickett fait avouer à Kate qu’elle aime Sawyer (tout en le tabassant allégrement) m’a beaucoup plu. Un peu comme dans la saison 1, quand Charlie meure... good times... Evangeline Lilly n’est jamais aussi convaincante que lorsqu’elle pleure.

Il n’empêche que Kate est sûrement une grosse traîtresse. Enfin... c’est ma théorie, et je m’y tiens.
Dans une scène assez stupide, Kate se rend compte que, tiens, les barreaux du haut de sa cage sont suffisamment écartés pour qu’elle puisse passer au travers. Dingue, ça. Trois secondes et demie d’escalade plus tard, Kate est dehors. Mais plutôt que de se barrer vite fait, elle décide de retourner dans sa cage quand Sawyer refuse de la suivre pour cause de pacemaker imaginaire. Ce qui m’amène à la conclusion suivante : Kate est une grosse traîtresse qui trahit.
Déjà, parce que Ben voit tout ça sur son super écran de surveillance de méchant jamesbondien et ne dit rien. Ensuite parce qu’on ne sait toujours pas ce que Les Autres ont fait à Kate dans le premier épisode. Et enfin parce que c’est super sympa de leur part de lui avoir filé un pantalon avant qu’elle n’escalade sa cage. Bah oui, c’est pas parce qu’on est prisonnière sur une île qu’il faut arrêter de se comporter en lady.

Le fait est que Kate est louche, et qu’on verra si j’ai raison d’ici deux semaines.

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C’est une presqu’île, si si

Je le savais. La première chose à faire, quand on s’écrase sur une île, c’est de vérifier si on est effectivement sur une île, et pas sur une plage abandonnée de Nouvelle Zélande. Ok, cette fois, on est plus ou moins sûr qu’il ne s’agit pas d’une plage abandonnée de Nouvelle Zélande, ni d’une presqu’île, mais peut-être que s’ils avaient fait le tour de Lildelost nos amis Vacanciers auraient remarqué une deuxième île au large de la leur. Cette île où est retenu le Triangle Maudit. Cette île où se trouve la Station de l’Hydre. Cette île séparée de la leur par beaucoup d’eau. Cette île dont il va être bien dur de s’échapper.

C’est ce dernier point que Ben veut faire comprendre à Sawyer en l’emmenant voir Lildelost depuis les hauteurs de l’île où ils se trouvent. Ou alors, en l’emmenant voir la réflexion de Lildelost dans un miroir gigantesque. Difficile à dire avec certitude, les effets spéciaux sont un peu foireux pour le coup.

La morale de l’histoire, c’est que Sawyer a beau être un arnaqueur doué, ses techniques ne sont rien face à celles de Les Autres. Après tout, ils ont bien réussi à lui faire croire qu’il avait un pacemaker !
...
Mais non, cette intrigue n’est pas l’exemple même d’un « toussapourssa ». Il s’agit de l’illustration parfaite des méandres de la psychologie tortueuse et passionnante des arnaqueurs professionnels !

Les Autres : des êtres vraiment très, très tordus.

Ju
P.S. Apparemment, les Ours Polaires nagent vachement bien. Remarquez, ce sont les Einstein de la Communauté Ours, ils ont dû se construire un radeau pour rejoindre Lildelost.