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Game of Thrones - Avis sur le début de la série adaptée du Trône de Fer

Game of Thrones: Ned, Seigneur du Trône (de Fer)

Par Ju, le 28 avril 2011
Par Ju
Publié le
28 avril 2011
Saison 1
Episode 2
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Tout le monde ou presque est au courant : un des principes fondateurs de la Conspiration Secrète des Rédacteurs de pErDUSA veut qu’il nous est formellement interdit de dire du bien des séries HBO. C’est comme ça et pas autrement, et quand vous en découvrirez la raison, il sera trop tard pour faire quoi que ce soit, le Monde sera déjà entre nos mains.

En attendant ce jour glorieux, et pour ne pas attirer encore plus l’attention sur nos desseins, j’ai décidé de vous parler aujourd’hui, et probablement pour la toute dernière fois, de la nouvelle série produite par HBO (et lancée à grand renfort de raz-de-marée publicitaire), à savoir Game of Thrones.

Qu’est-ce-que c’est ?

Game of Thrones est l’adaptation d’un… Arf ! … l’adaptation ?

Pffff…..

Game of Thrones est l’adaptation d’une série de romans de George R. R. Martin intitulée « A Song of Ice and Fire » (ou « Le Trône de fer », dans notre belle langue et dans un bel exemple de traduction dépecée de tout lyrisme).

Les créateurs de la série sont David Benioff et Dan Weiss.

Mais si je vous dis ça, c’est plus par acquis de conscience qu’autre chose. Histoire d’être un peu complet. Parce qu’honnêtement, le nom des créateurs n’a pas la moindre importance.

Après tout, il s’agit encore d’une putain d’adaptation.

C’est avec qui ?

gt

Comme dans la plupart des séries HBO, Game of Thrones possède une distribution très large. Je vais donc me limiter au strict minimum, c’est-à-dire à ceux dont j’ai envie de parler.

Dans le rôle principal, celui d’un type qui s’appelle Ned, on retrouve Sean Bean, Boromir dans Le Seigneur des Années, mais surtout Alec Trevelyan dans GoldenEye (le film)…

Comme c’était trop bien, GoldenEye ! (le jeu)

Autour de lui, la Méchante Reine Blonde est interprétée par Lena Headay (Sarah Connor). Le rôle du Gentil Sauvage Pas Très Bavard est tenu par Jason Momoa (Conan le Barbare, la Nouvelle Génération). Peter Dinklage joue Tyrion Lannister, pour l’instant le meilleur personnage.

Et enfin, last but not least, un bon tiers des intrigues des deux premiers épisodes repose intégralement sur les fesses et la poitrine d’Emilia Clarke, qui tiennent respectivement le rôle des fesses et de la poitrine de Daenerys.

De quoi ça parle, le Trône de Fer ?

Game of Thrones se déroule dans un Univers parallèle, il y a 500 ans, dans un pays où les humains et les elfes ont appris à vivre ensemble et même à s’aimer. Ensemble, ils partent en instance, insultent des n00bs, montent en niveau, et nettoient leurs armures du sang encore tiède de leurs ennemis vaincus.

NERD RAGE !

Et c’est bien ?

Pour l’instant, c’est même mieux que bien.

Pourtant, ça n’était pas gagné d’avance.
J’ai toujours été plus science-fiction que fantasy (et, ça va vous surprendre, plus séries que livres), je n’ai pas lu les bouquins. Je n’avais d’ailleurs jamais entendu parler du Trône de Fer avant le début du développement de la série par HBO. Je n’attendais donc rien de particulier de Game of Thrones avant son lancement (en fait, je n’attendais même pas son lancement).

Pire encore, je commence sérieusement à développer une aversion de plus en plus poussée envers les adaptations et remakes qui se font de plus en plus courants à la télévision.
Je pense à The Walking Dead (la BD est cent fois mieux), à The Killing (la version danoise est sûrement mieux), à True Blood (argh !), et en général à toutes ces séries des années 70/80 qui débarquent systématiquement chaque saison depuis des années, ces Hawai 5-0, ces Bionic Woman, ces Wonder Woman, et plein, plein d’autres qui n’auront pas l’occasion de durer plus que quelques semaines. Je sature. J’en ai marre. Ce manque d’originalité me fatigue vraiment.

En dépit de tout ça, j’ai vraiment bien aimé les deux premiers épisodes de Game of Thrones. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une adaptation de bouquins, malgré sa base de fans pré conquis, et malgré les discussions fatigantes qui, dans ce genre de cas, tournent toujours plus souvent autour de la qualité de l’adaptation plutôt que des épisodes en eux-mêmes.
En clair, je n’ai pas besoin de savoir que certains détails sont mieux expliqués dans les livres. Et je n’ai vraiment pas besoin qu’on me dise « Sans trop te raconter la suite, ne t’inquiètes pas, cet élément est très important et sera développé dans quatre ou cinq saisons ».

Tout ça pour arriver à ce qui m’a le plus séduit dans ces deux premiers épisodes de Game of Thrones : pour l’instant la série se suffit bien à elle-même.

Contrairement à ce que j’ai pu lire ailleurs, je n’ai pas été étouffé sous le nombre des personnages ou sous la prétendue complexité de leurs relations. Oui, ces épisodes sont bavards, et oui, les personnages sont nombreux. Mais tout est très bien expliqué (c’est même un peu trop didactique par moments) et je n’ai pas l’impression d’être passé à côté de points importants en n’ayant pas lu le Trône de Fer.
Si ça se complique parfois, c’est dès qu’on fait allusion à des personnages morts depuis longtemps, des histoires remontant à des années auparavant, ou aux conséquences potentielles d’actes dont je ne saisis pas (encore) toute la portée.

En réalité, Game of Thrones me rappelle énormément une autre grande production HBO, sans doute un peu injustement oubliée, Rome.

Je me suis trouvé devant les premiers épisodes de Game of Thrones comme je l’ai été devant ceux de Rome. Je ne comprends pas encore exactement tout ce qui se joue derrière les manigances des personnages. Je ne sais pas trop encore qui obéit à qui, ou pourquoi. Mais dans un cas comme dans l’autre, l’histoire est racontée avec suffisamment de talent, et l’univers et les personnages sont suffisamment captivants, pour que je me fasse vraiment emporter par les épisodes.

Sans parler du fait que Game of Thrones me semble être la série possédant le plus gros potentiel « coucheries dans tous les sens » depuis Rome. À Rome aussi, ils ont commencé avec un mariage forcé dans le pilote (et la scène de sexe explicite qui va avec). À Rome aussi, un peu plus tard, ils nous ont fait le coup du rapport incestueux entre un frère et sa sœur. C’est pour dire à quel point il s’agit exactement de la même série.
Reste à voir si, comme pour Rome, tous les doutes sur les mécanismes de l’intrigue auront disparu au bout de quatre épisodes, pour laisser place à la satisfaction, simple mais parfaitement réjouissante, de voir des gentils très gentils, des méchants très méchants, et plein de gens entre ces deux extrêmes, jouer de coups bas, de trahisons, de mensonges, de violence et de sexe, pour s’approprier une place à la tête de leur Royaume.

Tout ça, plus des Mutants Assassins des Neiges.

Ju