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Grey’s Anatomy - Critique de l'épisode 25 de la saison 3

Bilan de la Saison 3: Où sont les bulles ?

Par Blackie, le 10 septembre 2007
Publié le
10 septembre 2007
Saison 3
Episode 25
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Tel un effet de miroir par rapport à la saison 2, la 3 aura très bien démarré pour se casser la figure dès les Sweeps de février, moment où la Shonda Team célèbre la Fête Annuelle de la Connerie Redéfinie. Ont donc suivis plein d’épisodes que j’avais la flemme de reviewer et qu’on me force à récapituler. Dans la râlerie et les litres de café, cela va de soi.

Le mot d’ordre de l’année semble avoir été de remplir avec du vide. On envoie les personnages dans une direction, que l’on modifie l’épisode d’après, et ainsi de suite. Où sont-ils allés ? En grande partie, nulle part. Voyez vous-même :

-  Ellis Grey redevient lucide pour re-sombrer aussitôt. Et mourir. Allez hop, dégagée !
-  Belle-maman fait des efforts qui ne servent à rien. Hop, dégagée aussi !
-  Meredith meurt, mais ressuscite.
-  Derek et Meredith vont bien, alors on les sépare de nouveau.
-  Cristina n’aime pas le mariage, mais accepte et finit célibataire.
-  Le Chief veut prendre sa retraite puis décide de rester où il est, parce que c’est cool finalement.
-  Adele tombe enceinte et son bébé est perdu dans les toilettes. Littéralement.
-  Alex mûrit au contact d’une patiente, qui se casse en le faisant redevenir un petit con.
-  Izzie et George décident qu’ils sont amoureux, avant de laisser tomber.
-  Callie et George sont un couple sur la brèche, mais ça s’arrange.
-  Addison veut des trucs et n’en obtient aucun.

Je vous accorde que c’est résumé très grossièrement, d’ailleurs je vais développer un peu plus, mais en faisant ce genre de topo on se rend compte facilement que l’évolution n’a pas du tout été le fort de la saison. Pour pimenter le tout, des patients-mouchoirs nous ont offert des scènes à la noix, avec en majorité des soucis de pénis au centre (pourquoi changer les bonnes habitudes ?). Yeah…

« La mort, c’est pas cool », une leçon sur la vie par Meredith Grey

Quand on a enfin réussit à se débarrasser de son bulldog de mère en faisant semblant d’être morte, on ne peut qu’adopter une attitude guillerette tout à fait appropriée. C’est donc ce que fait Meredith, sautillant dans les couloirs de l’hôpital en prévenant son cher et tendre à chaque fois qu’elle va au petit coin, parce que c’est ce que font tous les couples heureux. Ils co-mmu-niquent.

Mais Derek choisit ce moment pour la harceler avec des "Dis donc grognasse, tu fais vingt kilos toute mouillée alors pourquoi t’as pas flotté ? C’est quoi ton problème ?" ; questions très légitimes qu’il ne lui aura fallu que trois ans de galipettes, quatre-vingt deux engueulades et un divorce après sa rencontre avec elle pour se les poser. Qui plus est, le Chief en rajoute en lui refusant son poste parce que « ça bousillerait ta relation avec Mer et j’ai promis à sa mère que je lui éviterais de souffrir, donc je te refuse un boulot pour que tu lui colles cet échec sur le dos. Mais c’est pour son bien, hein. » Avec tout ça, Derek ne trouve rien de mieux que de lorgner sur une demi-sœur Grey jusqu’ici inexistente (jamais aucune mention d’elle auparavant ! Je vous assure, j’ai pris la peine de vérifier). Oh, ça ne sent pas le manque d’inspiration pour remettre du piment dans leur histoire, que nenni… on touche le sommet des raisons grotesques pour une énième séparation.

Justement, côté belle-famille Grey, il y avait du potentiel que je souhaitais voir exploité… forcément, j’ai été déçue. J’aurais presque préféré qu’on les oubli plutôt que d’assister à ce massacre. On fait disparaître Ellis pour mieux créer des liens avec eux, puis tout est détruit cinq minutes après avec l’abattage de la belle-mère dans un coin et la transformation en enflure du patriarche. Supeeer. Amener des choses nouvelles pour les enlever aussitôt est énervant, pas poignant, et aussi indigne de Mare Winningham que de son personnage.
Il faut de bonnes montées pour avoir de bonnes descentes, c’est une formule qui a fait ses preuves et qu’il aurait été bon d’appliquer. Ce que je vois là, c’est du travail d’amateur, pas celui des gens qui nous ont fait une saison 2 en crescendo plutôt efficace. Non mais sérieusement, envoyer l’interne qui fait partie de la famille pour annoncer une opération ratée ! Que personne ne lève un sourcil en voyant Meredith se faire insulter pendant dix minutes et se prendre une gifle imméritée est également assez choquant.

En même temps, Mme Rhimes a pondu le script de Crossroads, donc je ne sais pas pourquoi je m’étonne encore…

Gizzie ou l’intrigue gonflante qui n’amène à rien, et n’a aucun rapport avec notre stagiaire du presque-même nom

Ah, LA storyline qui enrage les fans.
Les délires de Meredith au purgatoire ? Totalement inaperçus à côté de la jolie fille qui couche avec son meilleur ami un peu plus moche lors d’une nuit de déprime et de vodka. Franchement, on n’avait jamais vu ça, elle a pété un câble la Shonda ! Comme la dame écoute son publique, à qui elle aime donner exactement ce qu’il veut plutôt que d’essayer de le surprendre, notre couple pas convaincant passe plusieurs épisodes à tenter de justifier son amûr plus asexué qu’une Rory Gilmore bourrée lors d’une fête de fratboys, avant de se dire que finalement il vaudrait mieux tout oublier. Elle est bien belle la facilité, mais le mal est fait. C’est comme de dire à un jury de ne pas tenir compte de ce qu’il a entendu, c’est le meilleur moyen pour qu’il le retienne encore plus.

Mais que l’on adhère ou pas, je trouve qu’Heigl et Knight font toujours aussi bien ce qu’on leur demande et rendent certaines scènes particulièrement touchantes (la confrontation dans le placard, sans un seul mot échangé, est parfaite), très probablement grâce à une réelle complicité entre les acteurs se transposant joliment sur l’écran.

Une fois les déclarations geignardes terminées, Izzie retourne au pays des intrigues à faire pleurer dans les chaumières, où elle est la reine. Le sujet de la fille mise à l’adoptation a été évoqué depuis assez longtemps pour que cela n’apparaisse pas comme une roue de secours (allô, Lexie ?), ne s’étale pas assez pour devenir gonflant, l’interprétation est sobre, et ce qui rendait l’amitié entre Izzie et George si solide et appréciable revient en place aussi sec. C’est un peu tard, un peu court, mais j’en suis au point où je savoure les miettes de réussite que la série veut bien me lancer.

Quant à George, il retourne auprès de sa femme, qu’il se force à aimer et rend jalouse dès qu’il adresse la parole à sa BFF. On ne dirait pas comme cela, mais ce triangle amoureux fait sans équerre a servit à apporter une idée grandiose à Callie pour consolider son couple : faire un mioche ! Génial, elle a jamais dû rencontrer ma famille pour se rendre compte à quel point ça marche.

Apparemment, ces trois là sont les gros dommages collatéraux de l’année dans la tentative de rendre Meredith sympathique.

La Burkina Façon (hey, ils n’ont que les jeux de mots qu’ils méritent)

Les triangles amoureux sont tellement sur-usés qu’ils n’ont plus rien d’excitant à la télévision. Et dans le genre absence d’excitation, la Moche, le Terminator et le Shar Pei remplissent un boulot formidable. Certains ont oublié qu’un soap est censé nous faire rêver, pas vomir.

Heureusement, un évènement magnifique est arrivé. Preuve que le karma existe, après avoir supporté une bonne flopée de nullités, le miracle que j’attendais est arrivé : Beurk se casse et Isaiah avec. Ce qui rend le tout encore meilleur est que ce renvoi (pardon, ce "non-renouvellement de contrat") était assez programmé pour que les raisons du personnage paraissent logiques. C’est ce qu’on appelle être gagnant sur tous les fronts et la joie sur mon visage n’a d’égale que la tristesse de Cristina, pour une fois très bien interprétée par Sandra Oh. La séquence en conclusion de cet arc, où elle se sent étouffée par son collier et sa robe, est une petite merveille qui aurait été parfaite en point final de la saison, ainsi qu’une métaphore malheureusement très appropriée. Cristina va pouvoir repartir sur son moment Cendrillon du "Yang’s Anatomy", et c’est bien là l’essentiel à retenir.

Le "Syndrome Hemingway", revisité par le poil de narine gauche du cousin attardé de Marti Noxon

La relation entre Alex et son Elephant Woman était si correctement écrite, juste, sobre, psychologiquement travaillée (si si), que forcément on ne pouvait pas y avait droit jusqu’au bout. Parce qu’on peut toujours compter sur le manque total d’inspiration de notre fine équipe de scénaristes, laissée à se demander quel cliffhanger à couper le souffle ils pourraient servir à ces deux-là. Une fin intelligente mais satisfaisante à un arc plutôt bien utilisé ? Non, écoutons plutôt le stagiaire du fond qui s’est réveillé au dernier moment pour nous sortir que "Alex cherchant Rebecca-Ava-Trucmuche en pleurnichant, trop dèg’ de pas avoir réalisé qu’il l’aimait durant les quarante-cinq épisodes précédents, ça ferait trop beau !"

On était à deux doigts de ne pas tomber dans le gros cliché qu’on sentait venir depuis la minute où Alex l’a sauvée et ce discours débilitant d’Addison sur le Grand Amour surgit comme un énorme coup de couteau dans le dos. C’est repartit pour la relation trop tragique et maudite…

L’Addie’s Anatomy, valait mieux le fantasmer

Tester ce que pourrait donner le spin-off de GA dans la série-mère semblait être une bonne idée. Surtout pour quiconque n’y ayant pas réfléchit plus de deux secondes, car le résultat est une double bêtise de la part de la chaîne et des auteurs. Déjà, parce que les tonalités des univers dans ce double épisode sont en totale opposition et leur juxtaposition a été très mal gérée. Aussi éloignés visuellement que l’un joue sur le drame et l’autre le comique, l’enchaînement entre les deux est lourd et ne permet absolument pas de s’attacher à la particularité de la nouvelle création. Il y a beau y avoir plein de nouvelles têtes sympas (aaah Tim Daly), quelques idées bizarres (Chris Lowell en fantasme à quadras ? Vraiment ?) mais mignonnes, et une leading-woman absolument sensationnelle, la sauce ne prend à aucun moment. Sur la pratique, c’est donc très mauvais. Beaucoup de spin-offs souffrent de comparaisons à la série-mère les premiers temps et on semble avoir tout fait pour que Private Practice ait sa dose de reproches en la mettant dans une telle position.

Sur l’idée, ce n’était pas tellement mieux non plus puisqu’ABC avait décidé de donner le feu vert à PP sans se préoccuper de l’avis du public et des critiques. Pour preuve les remarques négatives ayant explosées de tous côtés et qui auraient causé l’avortement de n’importe quelle autre série. Ce double épisode-test était donc inutile pour eux comme pour nous, qui avons souffert deux épisodes en trop sur une saison déjà longue, et ne risqueront peut-être pas de perdre à nouveau notre temps devant à la rentrée. Franchement, bravo pour cette catastrophe. C’était bien la peine de nous retirer le meilleur personnage de Seattle Grace.

Les "Les Autres" de Seattle Grace, pas assez beaux ou jeunes pour avoir le droit à beaucoup d’attention

Faut dire qu’avec eux, on n’a aucune histoire de fesse. Vaut peut-être mieux, me direz-vous… Mais chacun bénéficie au moins d’une micro-trame, y compris Joe le barman. Lui et son copain, trop heureux jusque là pour qu’on en ait quelque chose à cirer, sont en liste pour adopter le bébé de Waverly. Au vu du destin réservé ici à chaque acteur de FNL, je prévois sa mort pendant/après l’accouchement sans qu’elle ait choisit le couple de parents gagnants. Ô, drame, quand tu nous tiens...

Bailey retrouve une trame un peu personnelle lorsqu’elle s’aperçoit que Callie est dans la compétition pour le même poste et s’avère être une féroce adversaire. L’énergie de la Nazie est retrouvée au profit de sa vie familiale, mais puisqu’on se fiche totalement de son mari et de son mioche, c’est tant mieux. Bailey/Callie est une combinaison assez fraîche pour mériter des prolongations et promet d’être intéressante si cette dernière tombe effectivement enceinte.

Du côté du Chief, son rapprochement avec Adele est tellement forcé que s’en est ridicule. Et c’est tout ce que j’ai à en dire.


Les changements principaux concernent donc les départs de Burke, dont l’immense importance et le jeu de statue nous manqueront à coup sûr, et d’Addison qui ne trouve aucune raison valable de rejoindre son spin-off déjà médiocre.

C’est aussi la fin de l’internat pour tous sauf George, obligé de recommencer à zéro ou d’abandonner. Lui avoir réservé ce sort est cruel et difficilement compréhensible, lui qui avait depuis longtemps dépassé son statut de 007. De plus, je me demande pourquoi aucun rattrapage de l’examen ne semble possible. Quelqu’un devait apparemment y passer, Cristina la bêcheuse et Newly Improved Alex ne le risquaient certainement pas, mais Izzie et surtout Meredith, plus préoccupées par leur vie privée tout au long de l’année, auraient été plus plausibles. Que Mer ne se pointe pas à l’examen n’était qu’une goutte d’eau à côté de ses longs moments à lorgner sur les fesses de Derek durant les opérations. Qui plus est, la mettre en compétition plus directe avec Lexie, la demi-sœur sortie de l’enfer, aurait été plus intéressant que de voir George se languir sur le plancher de sa salle de bains durant huit mois. Parce qu’on y aura droit, vous verrez !

Ce qu’on nous promet en tout cas pour cette saison 4 :
-  Des figures géométriques composées de Mer-Der-Lex, en espérant que d’autres se joignent à eux (George, Mark, Alex… va y avoir du choix pour la nouvelle)
-  Une Callie pouvant justifier sa chiantitude récente et son poids au-delà des 40 kilos maximum acceptés
-  La naissance de deux gnomes, au minimum, histoire de faire fuir Feyrtys définitivement
-  George nous soûlant avec son internat à retaper
-  Cristina, enfin libérée de son enclume, aura toutes ses chances de pouvoir devenir un bon personnage
-  Des nouvelles têtes, probablement accompagnées de nouveaux torses à admirer
-  Sûrement d’autres trucs que j’ai oubliés

Rappelons pour finir que le moment triste de l’année revient à l’Isaiahgate, aux rebondissements quotidiens et déclarations déjà cultes, qui arriva à être plus passionnant que la série alors que le niveau d’invraisemblances et de stupidité était du même calibre. C’est quand même ballot… Il n’y avait donc qu’une femme bionique pour avoir pitié d’Isaiah en l’entendant blâmer ABC, les médias, les racistes, le mec qu’il a insulté, la fille qui lui a dit de la boucler, le mec qu’il a étranglé (ah non, lui il serait de son côté…), le mec qu’a demandé la météo lors des Golden Globes, tous les anciens collègues qu’il attaqués sur d’autres tournages, et même ta mère, oui celle-là qui a osé ne pas aller protester devant les locaux de la chaîne de l’alphabet en menaçant de s’ouvrir les tripes si Isaiah n’était pas réengagé. Que ne pas aimer chez ce type ?! Heureusement que Katee Sackhoff est là pour récupérer ce pauvre oiseau tombé du nid. Burkey’Buck, ça va être trop géniaaaal.

Bref, cette saison 3 a plutôt bien démarré et nous a offert de très bons moments (même des épisodes entiers !), mais est retombée dans ses travers en seconde partie, à vouloir se prendre pour un drame à mesure que les Emmys approchent. Grey’s Anatomy confirme que ses auteurs ne tiennent absolument pas sur la longueur et surtout, surtout, qu’elle ne doit plus jamais essayer de croire qu’elle joue dans la catégorie de Friday Night Lights et Deadwood plutôt que celle d’Ugly Betty. Pour la rentrée prochaine, croisons les doigts pour que Mer ait droit à de la morphine, beaucoup de vodka pour les autres, plein d’hommes tous nus et un catfight dans la boue entre Izzie et Callie pour faire plaisir à ces messieurs. A défaut d’avoir des saisons plus courtes qui lui siéraient beaucoup mieux, la série doit définitivement miser sur son humour et ses polygones amoureux, au risque de gonfler à terme plus d’un amateur.

N’oublions pas que la vraie force de Grey’s Anatomy, c’est définitivement ça :

bulles
Les bulles, toujours les bulles...
Blackie
P.S. Encore merci à Shonda Rhimes de m’avoir permise de faire des réflexions si profondes et pertinentes sur la nature humaine tout au long de cette saison. Je pense avoir appris tout ce qu’il me fallait pour naviguer sûrement dans la vie, sur le plan personnel comme professionnel. Je peux partir maintenant ?