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Ozark - Présentation de la première saison de Ozark, série de Netflix

Ozark: Breaking not that Bad

Par Sebargio, le 21 août
Publié le
21 août
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On lit un peu partout sur internet que la dernière (ou une des dernières parce que ça commence à devenir difficile de suivre leur rythme) production de Netflix est extrêmement similaire à Breaking Bad. La comparaison est-elle légitime ou exagérée ?

Si effectivement on part du principe qu’il s’agit d’un homme blanc, père de famille, travaillant honnêtement qui bascule d’un coup dans le crime et les trucs pas top top légaux pour des histoires d’argent, alors effectivement, c’est pareil. Mais en fait non.

Breaking Bad et Ozark n’ont pas grand chose de commun une fois dépassé ce très superficiel postulat de départ. Il suffit de gratter un peu pour se rendre compte très rapidement que Marty Byrde n’est pas Walter White (et c’est aussi bien).

Qu’est-ce que c’est ?

C’est une série créée par Bill Dubuque, dont Netflix diffuse depuis quelques semaines les 10 épisodes de sa première saison (Ozark est d’ores et déjà renouvelée pour une deuxième saison).
Apparemment, pour continuer à inonder le marché de milliards de séries nouvelles, Netflix ne dépasse plus ce nombre d’épisodes par saison...

Et c’est avec qui ?

Michael Bluth d’Arrested Developement, c’est à dire Jason Bateman.
Il est formidable, devant comme derrière la caméra puisqu’il a réalisé les deux premiers et deux derniers épisodes de la saison.
Il y a également Laura Linney, connue ici bien plus pour Frasier et les Chroniques de San Fransisco, la série, que pour ses rôles très sérieux au cinéma.
Elle est formidable.

ozark bateman linney 1

Et plein d’autres acteurs aperçus ici ou là.
Ils sont formidables.

De quoi ça parle ?

Marty Byrde, un gentil conseiller financier que sa femme trompe (c’est important) se retrouve forcé, pour sauver sa vie et celle de sa famille, du jour au lendemain d’abandonner la vie qu’il connaît à Chicago et de partir dans les Ozarks (une région montagneuse du Missouri très photogénique avec plein de petits lacs qui devraient faire plein de jolies images [1]) blanchir de l’argent pour le deuxième plus gros cartel de drogue mexicain.

Il y a un générique ?

Pas vraiment. Il y a un truc qui s’apparente à un générique, qui dure quelques secondes et qui est vachement chouette.
Oui, c’est une Title Card, mais c’est plus que ça.
Je vous explique.
Un O blanc sur fond noir qui grossit puis une croix en forme de + qui apparait en grossissant aussi, formant un viseur, puis enfin quatre dessins, dans chacun des quatre quartiers du +.
Et...
Et...
Les quatre dessins changent à chaque fois et représentent un des moments clés de l’épisode tout en dessinant les lettres Z, A, R et K (pour OZARK avec le O de départ donc).
J’aime beaucoup ce genre de détails et même si je n’ai vraiment bien compris tout ça qu’assez tard, c’est assez amusant d’essayer de repérer chaque dessin le moment venu dans l’épisode.

Et c’est bien ?

Oui ! Définitivement oui !

Dans ce qui suit, je vais dévoiler quelques trucs mineurs mais c’est pour vous rassurer et vous convaincre…

Tout d’abord, je me répète mais c’est essentiel, la distribution est vraiment formidable.
À commencer par Jason Bateman qui est vraiment vraiment très formidable et dont la prestation a l’élégance de ne pas éclipser celles des autres. Même celles des gamins.

Parce que oui, les Byrde ont des enfants. Des adolescents même. Et comme toujours dans une série de ce genre, quand il y a des adolescents on redoute les gros boulets qui vont foutre le bordel dans les plans de leurs parents parce qu’ils n’ont pas écouté ce qu’on leur a dit.
Et il faut dire que de ce point de vue là, ça partait pas fort fort dans le deuxième épisode. Les adolescents se sont comportés comme des personnages d’adolescents de série de ce genre et ont mis des bâtons dans les roues de leurs parents. Heureusement (et c’est là que je spoile un peu, prudence), ça rentre très vite dans l’ordre parce que Wendy, la mère, contre toute attente pour un personnage de série de ce genre, décide de les mettre au courant du pourquoi du comment de la situation. Et, miracle, les ados changent d’attitude (tout en restant des ados) et deviennent des personnages à part entière. Marty n’agit pas contre/malgré sa famille (n’est-ce pas Walter ?) mais avec.

De plus, Marty n’a pas vraiment choisi de faire ça pour sauver sa famille, il n’a pas vraiment eu le choix, une arme pointée sur lui l’a bien aidé à trouver rapidement une solution. (C’est en fait un peu plus compliqué que ça, on en apprend un peu plus plus tard grâce à un épisode flashback bien foutu mais qui arrive trop tard dans la saison).

Marty est un personnage solide également. Il sait ce qu’il fait, il sait ce qu’il raconte et il a beaucoup de cran. Ce n’est pas un maladroit qui va devoir créer sa place tant bien que mal dans un milieu qu’il ne connait pas.
Le personnage est malin, inventif, vif et ne commet pas d’erreurs bêtes. Tout comme Wendy. Si on pouvait craindre dans les premiers épisodes qu’elle soit reléguée au triste rôle de la femme au foyer qui pose des problèmes, la série évite assez rapidement cet écueil. Elle est montrée comme une femme très persuasive, faisant preuve de beaucoup de sang-froid et sachant prendre des initiatives plus que bienvenues pour aider sa famille : quand Marty se retrouve dans une impasse, c’est elle qui va trouver une solution pour en sortir.

Les intrigues s’accompagnent d’une belle galerie de personnages secondaires, tout aussi intéressante, dans laquelle s’illustrent la famille Langmore, pas vraiment du côté de la loi, et un agent obsessionnel du FBI qui essaye de coincer le cartel à travers Marty,

Cette première saison est bien construite, rythmée, sans temps morts ; l’histoire progresse naturellement et logiquement avec son lot de péripéties et de cailloux sur le chemin de la famille Byrde ; ils ont beau être malins et avoir la tête sur les épaules, ils ne maitrisent pas tout, forcément. La réalisation est classique mais pas éblouissante. Vue la beauté des lieux, on peut regretter l’absence de plans à couper le souffle.
Par contre, la série aime bien nous surprendre en ne diffusant pas toutes les scènes dans l’ordre chronologique. Et ici pas de « 48 Hours Before ». On compte sur notre intelligence pour comprendre à mesure du déroulement de l’épisode à quels moments se déroulent les scènes. Il n’y a que pour le special flashback où l’exercice manque un peu de fluidité et il faut un peu s’accrocher pour tout remettre là où il faut.

Cerise sur le gâteau, on a le droit à une conclusion totalement satisfaisante, ce qui doit être bouclé est bouclé tandis que sont posées les briques nécessaires à la deuxième saison.
Propre et bien fait.

Sebargio
Notes

[1Seulement la série a été tournée dans la région d’Atlanta, pour des histoires de taxes...