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The Blacklist - Avis sur les premiers épisodes d’une série sur un père et pas sa fille

The Blacklist: C’est le père de la fille, hein ?

Par Ju, le 14 octobre 2013
Par Ju
Publié le
14 octobre 2013
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Trois épisodes. C’est la nouvelle règle à pErDUSA, on s’impose d’avoir vu au moins trois épisodes d’un nouveau drama avant d’écrire le moindre mot dessus. Le temps de laisser les nouvelles séries s’installer un minimum et de ne pas les juger sur leurs simples pilotes, souvent peu représentatifs.

Très honnêtement, quand Jéjé nous a proposé cette idée cet été, j’ai surtout pensé que l’âge le gagnait. Notre ami amateur de tableaux, de chiffres, et de vieilles séries avec des actrices mortes était devenu incapable de suivre le rythme soutenu des nouveautés de septembre, et il se cherchait une excuse.

Par gentillesse pour lui, j’ai rapidement accepté.

Un mois plus tard, force est d’admettre qu’il a vu juste. Ou qu’il a eu de la chance. Car pour The Blacklist (ainsi que pour une autre série dont je vous parlerai la semaine prochaine), cette nouvelle règle a été une vraie bénédiction.
En effet, la critique que vous allez lire est complètement différente de celle que j’aurais écrite après avoir vu le pilote, ou même de celle que j’aurais pu écrire après le deuxième épisode.

Mais avant de développer, et de célébrer encore plus les vertus de la patience...

Qu’est-ce que c’est ?

The Blacklist est la première série à avoir obtenu une saison complète sur NBC cette année.

On peut donc en déduire qu’elle est un véritable succès critique et d’audience qui... non, bon, ok, elle s’est juste pas trop mal débrouillée pendant ses deux premières semaines de diffusion, ce qui suffit pour se voir commander 22 épisodes sur NBC.

De quoi ça parle ?

The Blacklist, c’est l’histoire de scénaristes qui ont beaucoup aimé la saison 2 d’Alias, quand Irina Derevko s’était volontairement rendue à la CIA (heu... spoilers ?) pour bosser avec sa fille ( hmm... ) sous de nébuleuses excuses...

Des scénaristes qui ont aussi beaucoup aimé quand le Joker s’est fait capturer volontairement dans « The Dark Knight » pour réaliser son plan. Et aussi quand Loki s’est fait enfermer volontairement dans « The Avengers ». Et quand Javier Bardem s’est fait attraper volontairement dans le dernier James Bond. Et quand Benedict Cumberbatch s’est rendu volontairement dans le dernier Star Trek.

Des scénaristes qui avaient également apprécié « Le Silence des Agneaux », où Hannibal Lecter travaillait avec une jeune agent du FBI pour attraper d’autres tueurs en série depuis sa cellule (où il s’était fait involontairement emprisonner).

The Blacklist, c’est donc une série super originale où un terroriste se fait volontairement enfermer et coopère avec une jeune agent du FBI pour attraper d’autres terroristes.

C’est avec qui ?

C’est avec l’excellent James Spader. Et je pourrais limite m’arrêter là, car il est l’unique raison pour laquelle j’étais un peu curieux de découvrir The Blacklist.

Elizabeth Keen, l’agent du FBI avec qui il fait équipe, est interprétée par Megan Boone (dont je n’avais jamais entendu parler, sans doute parce qu’elle est très mauvaise), et les autres agents qui les accompagnent sont joués par Diego Klattenhoff (le mec qui se tape la femme de Brody dans Homeland), Parminder Nagra (Neela dans Urgences) et Harry Lennix (le mec avec qui, vous savez, il se passe ce truc regrettable à la fin de Dollhouse).

Pour information, une seule d’entre eux ressemble tellement à Spader avec une perruque qu’ils pourraient être de la même famille... hmm...

megan boone
Laquelle des deux est Megan Boone ?

hmm...

Et c’est bien ?

Le pilote était rempli de clichés, pas intéressant, non représentatif. Le second épisode était plutôt fun. Le troisième est à la fois stupide et particulièrement chiant. Comme je vous le disais en introduction, ma critique de The Blacklist aurait changé du tout au tout en fonction de l’épisode que je venais de voir.

En définitive, je pense quand même être dans le vrai en affirmant que The Blacklist est une mauvaise série, très mal écrite, et dont le seul intérêt est de voir James Spader cabotiner semaine après semaine.
Et comme j’aime beaucoup Spader (il cabotine super bien), mon problème avec The Blacklist repose vraiment sur son écriture. Et sur ses effets spéciaux.

PARENTHESE !

Envie de parler d’autre chose ?

En trois épisodes, on se tape un avion en images de synthèses, un train qui déraille en images de synthèse, un ascenseur vu d’en-dessous en images de synthèse, et un hélico en images de synthèse qui se pose sur un bateau en images d’archive.

Et putain, dans le genre « truc débile qui m’énerve sans raison », c’est assez fort.
Pourquoi est-ce que personne ne réalise que, en absence de budget, il est moins ridicule de ne rien montrer que de faire joujou sur un ordinateur pour un résultat foireux ?

FIN DE LA PARENTHESE !

Et c’est bien ? (suite)

Les problèmes d’écriture, donc.

Je n’ai rien contre les séries formatées. Une histoire bouclée par semaine, accompagnée d’un petit fil rouge, ça me convient très bien. The Good Wife, Person of Interest et Elementary sont d’ailleurs de bons exemples de ce qu’on peut faire avec le format.

L’originalité de The Blacklist repose sur la façon dont les missions de la semaine sont amenées (ici, c’est un terroriste très imbu de sa personne et plus malin que tout le monde qui s’y colle) et sur le talent du mec qui nous expose les enjeux hebdomadaires auxquels on doit s’intéresser tant bien que mal (ici, c’est un Spader toujours brillant). C’est quand la série arrive à exploiter ces deux atouts qu’elle nous offre quelque chose d’un peu divertissant, comme c’est le cas avec le deuxième épisode, pour l’instant le seul où The Blacklist tire partie de sa formule en mettant en scène un protagoniste dont on n’est jamais vraiment sûr des motivations dans une intrigue amusante.
Et c’est aussi ce qui fait du troisième épisode un ratage complet, car la personnalité de Raymond Reddington (c’est le nom de Spader) n’y ressort quasiment pas, et rien ne distingue donc l’épisode de n’importe quelle autre série où des gentils agents combattraient de méchants terroristes (comme dans Agents of s ;H !I,e :l/d).

Car l’interprétation enlevée de Spader ne peut pas tout faire, et pour qu’elle fonctionne, une série très formatée doit être très bien écrite, ce qui n’est pas du tout le cas ici.

The Blacklist tombe également dans le piège classique des séries qui, pour illustrer tout le génie de leur héros, ne trouvent pas d’autre moyen que de rendre tous les autres personnages absolument débiles. Et quand les personnages en question sont censés être des agents du FBI, de la CIA, ou des espions, il devient très difficile de les prendre au sérieux.
Disons qu’à mon sens, voir des agents du FBI paniquer parce qu’ils ont perdu la trace de Spader (au milieu d’un restaurant qu’ils encerclaient), pour le retrouver tranquillement installé à les attendre comme des enfants ( hmm... ) après la coupure pub, ça a tendance à leur faire plus de mal à eux que de bien à lui. (Et c’est sans doute pour cette raison qu’ils ne font même plus semblant de le surveiller dans le troisième épisode... ce qui est assez dommage, j’aimais bien sa cage mobile).

red reddington en prison

De la même façon, notre héroïne est une abrutie.

Elizabeth Keen est naïve, pas foutue de mener de front sa vie privée et sa vie professionnelle (elle avait organisé une réunion d’adoption pour le même jour que son début au FBI), et les seules fois où on essaie de nous la vendre comme un peu intelligente, c’est quand elle pond des profils psychologiques sortis d’on ne sait trop où. Apparemment, elle est très douée dans son travail de Profileuse Magique Sans Fondement, c’est très impressionnant de la voir déduire des choses à partir de rien, mais ça met aussi en relief tous les autres moments où elle semble à peine comprendre ce qu’il se passe autour d’elle.

Quant au Mystère Mystérieux au Cœur de la Série sur le lien qui la lie à Reddington, pour l’instant la question fait plus sourire qu’intriguer.

Car, évidemment, la première chose à laquelle tout le monde pense en entendant le pitch de The Blacklist, c’est : «  L’agent du FBI est la fille de Spader, c’est ça ?  ». Sauf que la révélation n’arrive jamais. Ni dans le pilote, ni dans les deux suivants. A la place, on a juste le droit à un petit clin d’œil quand, au milieu d’une mission, Spader explique qu’il va faire passer Elizabeth pour sa fille, mais rien de plus.

Pour le coup, c’est plutôt amusant de voir The Blacklist tenter de déjouer les attentes et essayer d’être maline avec son mystère central. Mais ce n’est pas une raison pour qu’aucun soin ne soit apporté au reste, que ce soit sur les personnages qui ne sont pas joués par James Spader comme sur les intrigues de la semaine, ou encore sur le mari de Lizzy dont le mystère tourne déjà en rond (tout ça parce que cette conne n’est pas foutue de réaliser que le logo sur La Boite Du Plancher a la même forme que la cicatrice sur son propre poignet...).

Bref. Je ne sais toujours pas si je vais continuer à regarder The Blacklist maintenant que mon contrat moral envers pErDUSA est arrivé à son terme.

D’un côté, le troisième épisode complètement nul m’a vraiment découragé.
De l’autre, c’est toujours un vrai plaisir de voir Spader dans un rôle un peu malsain (c’est-à-dire, dans tous ses rôles, sauf peut-être Daniel Jackson dans le film Stargate... et encore).
Et, bon, le troisième épisode m’a quand même permis de voir un agent du FBI jeter un chinois du douzième étage d’un immeuble en construction, dans une scène d’action absolument ridicule... du coup, j’ai bien envie de continuer encore un peu.

Comme quoi, les petits plaisirs de la vie...

Ju