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Grace & Frankie - Présentation de la série et avis sur les deux premières saisons

Grace & Frankie: Golden Women

Par Blackie, le 27 mai 2016
Publié le
27 mai 2016
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L’une des raisons qui fait que je regarde beaucoup la CW (mis à part la qualité, l’originalité, tout ça tout ça), c’est que je n’ai pas à poireauter une semaine pour regarder sur son site un épisode diffusé la vieille, contrairement à toutes les autres chaînes.

Je suis une flemmarde sans plus aucune patience. Je veux mes séries au moment exact qui me convient, mon régime efficace au bout de trois jours, et mes sushis livrés en moins de temps que prévu !

C’est comme ça que je me refais une intégrale de Gilmore Girls plutôt que de tenter une nouveauté. C’est facile, je n’ai qu’à cliquer sur le bouton “Netflix” de ma télécommande. Parfois ça me permet de rattrapper un énorme retard (Fringe, enfin !), parfois je laisse tomber en trois épisodes (ugh, Salem), et d’autres fois je tombe sur une chouette surprise comme Grace & Frankie.

C’est quoi ?

Encore une série exclusive à Netflix. Y’a plus que ça, mes enfants !

On doit cette dramédie à la formidable Marta Kauffman (Friends, Dream On), et un type que je ne connais pas (Howard J Morris). Il y a deux saisons de treize épisodes disponibles, et une troisième saison de commandée.

Sinon, le générique est une reprise de “Stuck in the middle with you” qui reste bien collée en tête.

De quoi ça parle ?

Grace la WASP et Frankie la hippie sont des septagénaires qui ne peuvent pas s’encadrer. Tout change lorsque leur maris respectifs, Robert et Sol, leur apprennent qu’ils sont amants depuis 20 ans et qu’ils les quittent pour enfin vivre ensemble.

Tout le monde n’est pas pressé comme moi !

C’est avec qui ?

Jane Fonda (Grace) et Lily Tomlin (Frankie), des trésors de la comédie qu’il faut chérir. Vous vous souvenez de 9 to 5 ? Non ? C’est con, c’est plus sur Netflix !
Leurs ex ne sont pas non plus joués par des nazes : Martin Sheen (Robert) et Sam Waterston (Sol) forment un couple adorable.

grace and frankie

Pour les quatre enfants issus de leurs anciens couples, on a par contre des acteurs médiocres qui ne sont jamais intéressants. A l’exception de l’excellente June Diane Raphael (de Burning Love), seule à faire le poids face aux vétérans.

Et c’est bien ?

Oui... au bout d’un moment. Je vous ai dit que je n’étais plus patiente, et c’est bien là que le visionnage glouton est avantageux !

Avec une diffusion hebdomadaire, j’aurais sûrement laissé tomber trop vite. Le Pilote est atroce, tant il est mal écrit et rythmé. Alors que le sujet et l’aspect visuel crient clairement “drame”, ils se trouvent coupés par un humour grossier digne d’une sitcom datée, qui tombe forcément à plat. Tomlin et Fonda, démarrant déjà avec le handicap d’avoir des personnages aussi clichés que Dharma et Greg, se retrouvent donc à surjouer pour compenser.

C’est vraiment la force des prémisses de l’histoire, en plus du calibre du quatuor principal, qui aident à rester devant ces premiers épisodes. On sent qu’il y a une bonne matière à creuser. Cette attente finit par payer en moitié de saison 1, lorsque la réluctance des deux femmes à être coincées ensemble fait enfin place à une réelle amitié qui se développe joliment. L’humour ne se basant plus sur leur animosité ridicule, on perd cette artificialité.

La première saison explore exactement ce qu’on attend d’elle : l’acceptation de Frankie et Grace à devoir refaire leur vie, réévaluer les quatre dernières décennies, mais aussi accepter la relation de Sol et Robert, qui prennent eux-mêmes de nouvelles marques.

grace and frankie 1

Sol et Robert sont d’ailleurs loin d’être condamnés à être des personnages périphériques. Autant fautifs d’avoir mentit et trompé leurs épouses, que victimes de leur génération homophobe, leur situation est évidemment intéressante à explorer. D’autant que leurs liens très différents avec leurs ex influencent le couple qu’ils essaient maintenant de bâtir.
C’est vraiment là que la série fonctionne le mieux, à travers les blessures de ses personnages, anciennes et récentes, et cette famille qui tente de se recomposer alors que la joie et la souffrance sont entremêlées.

A l’inverse, le plus gros défaut réside dans les histoires secondaires des enfants. Lorsqu’il est par exemple brièvement question d’un passé compliqué entre deux d’entre eux, les scénaristes s’en foutent tellement autant que nous qu’ils n’en parlent plus dès l’épisode suivant. Ils semblent avoir conscience de ces faiblesses en saison 2, où leurs apparitions restent strictement liées à l’impact qu’ils apportent à la vie de leurs parents.

La saison 2 est bien supérieure et part dans des intrigues plus inattendues, maintenant libérée des contraintes de départ. Non seulement le drame est maîtrisé depuis un moment, mais la série arrive à provoquer de réels éclats de rire. Grace et Frankie ont dépassé leurs clichés, et passent de nouvelles étapes dans leurs relations amoureuses, sexuelles, et professionnelles. On aborde aussi la maladie et la mort, sans pour autant en faire leur préoccupation principale à cause de leur âge. Le message reste qu’elles ont justement encore une vie devant eux.

Tout l’arc de Frankie sur la création de son lubrifiant est pour moi le plus réussit. Démarrant de façon insignifiante, il prend une importance formidable abordant plusieurs fronts, de la sexualité des femmes mâtures jusqu’au problème de l’huile de palme. Je vous conseillerais de regarder rien pour ça !

Grace & Frankie est évidemment souvent comparée aux Golden Girls, tant il y a eu peu de séries centrées sur des personnages du troisième âge depuis trente ans. On vit dans une société jeuniste qui nous fait sentir coupable de vieillir chaque jour, en particulier lorsqu’on est une femme. L’existence de Grace & Frankie est donc difficile à bouder. Et même si elle n’aura jamais le pédigrée des Golden Girls, elle réussit tout aussi bien à créer une amitié forte en son centre qui vaut le coup d’être suivie.

Blackie
P.S. Sur ce, je vais me faire un petit thé, me coller dans mon canapé qui me bousille le dos, et voir ce que Netflix propose pour occuper ma vie de trentenaire non-active.