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Law and Order : SVU - Critique du premier épisode de la saison 18, sans Warren Leight

Terrorized: Bye, Warren ! Hello, Ricky !

Par Conundrum, le 24 septembre 2016
Publié le
24 septembre 2016
Saison 18
Episode 1
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Le seul reproche majeur que j’aurais pu faire à l’air Warren Leight sur SVU est le choix des intrigues des épisodes d’ouverture.

Cragen est retrouvé avec une prostituée morte dans son lit ! Un DSK italien à New York ! Le retour de, Gregory Yates, le criminel qui aurait plus sa place dans The Practice que dans SVU !

Warren, on l’aimait quand il s’éloigne des épisodes un peu trop sensationnels et se concentre sur des problématiques éthiques plus humanistes qui nous font réfléchir.

Avec Rick Eid, un habitué de la franchise Law and Order qui est intervenu sur la série mère et sur Conviction, l’une des séries de l’univers L&O, qui le remplace cette saison, l’épisode d’ouverture de saison allait être un bon test. Ses premières interviews laissaient comprendre qu’il voulait continuer dans la lignée de Leight, et le fait de savoir que l’équipe de scénariste, avec Julie Martin en Numéro 2, reste sensiblement identique étaient déjà très rassurants. Il n’empêche que dans le premier quart d’heure de l’épisode, j’avoue avoir eu très peur. Un grand nombre de drapeaux rouges se sont levés avec entre autre :

- Noah est en danger !

- J’espère que c’est n’est pas des terroristes musulmans !

- Rita Calhoun va venir avec une stratégie de défense tordue !
Heureusement, un à un, ils ont été abaissés plus ou moins rapidement, pour nous donner un excellent épisode.

Un couple de terroristes attaquent et tuent des New Yorkais, dont un policier. L’homme, qui menait l’opération et est le seul des deux à avoir tiré, est tué. La femme, apeurée, est arrêtée et demande de l’aide. Il s’avère que cette dernière est une victime de violences et viols conjugaux et qu’elle a été forcée à suivre son mari. L’épisode pose alors la question de ce qui prime entre le statut de victime de crime sexuels et celui de terroriste par association.

Effectivement, elle a pris part à un acte terroriste même si elle a visiblement eu trop peur pour stopper son mari ou essayer de prévenir la police et les victimes. Elle n’est peut être pas coupable, en tout cas pas autant que son mari, mais elle n’est reste pas moins responsable car son implication, même passive, même sous la crainte, est engagée.
SVU propose alors deux visions contradictoires. Il y a tout d’abord celle de Barba pour qui les allégations de viols, à répétition, en groupe, accompagnée de violences, risquent d’entraver l’inculpation lors d’un procès où un jury pourrait montrer de l’empathie envers la jeune femme. Et il y celle de Benson pour qui, peu importe son statut, son identité, ce qu’elle a fait, cette femme reste une victime de crimes sexuels et, de ce fait, ses dires doivent être le sujet d’une enquête.

Les crimes à caractère sexuels sont particulièrement atroces, comme le dit le légendaire prégénérique de la série. Le bureau du procureur et l’unité spéciale des victimes sont, en règle général, souvent du même côté. Les dissensions viennent alors lorsque le bureau du procureur n’a pas obtenu assez de matériel des enquêteurs pour mener à bien ses poursuites. Ici, on se retrouve avec un cas unique, Barba demande à Benson de ne pas enquêter. Benson se retrouve alors dans la situation où son collègue et ami n’est plus son allié. Elle devient un instrument de défense pour Rita Calhoun, l’avocate récurrente de la défense.

Le conflit Benson Barba prend une tournure plus personnelle lorsque Dodds s’oppose lui aussi au lieutenant. Et il lui avoue, sous le coup de la colère qu’il la tient comme responsable de la mort de son fils. Dans un parallèle avec l’intrigue de la semaine, Benson n’est pas coupable de sa mort, elle n’a pas commis de crime, elle n’en était pas moins responsable de son lieutenant. Il était membre de son équipe et elle lui a demandé de venir lors de l’incident qui a causé sa mort. Même s’il s’agissait des risques du métier, en tant que capitaine, elle se doit de s’assurer de la sécurité de son équipe. La différence entre culpabilité et responsabilité est au centre de cet épisode.

Et ce thème n’est pas que abordé sur l’aspect humain. A deux reprises, des preuves, qui auraient pu empêcher l’attentat et apporter les preuves des violences sexuels, se trouvaient sur le téléphone portable du terroriste. Indépendamment de la légitimité de la demande dans ce cas précis, une décision forcerait le fabricant à développer un logiciel qui décrypterait les données sécurisées forçant l’entreprise à créer sa propre faille de sécurité. Ce conflit n’est pas sans rappeler le conflit entre Apple et la justice américaine de début d’année où le FBI a demandé à Apple de débloquer les données d’un des clients. Avec l’arrêt de The Good Wife, il est rafraichissant de voir que SVU prend le flambeau sur l’illustration de cas juridiques sur des aspects technologiques.

Comme d’habitude dans les meilleurs épisodes, il n’y a pas de réelle satisfaction à la conclusion de l’épisode dans le cas de la semaine mais il y a quand même une fin heureuse. Malgré ses conflits avec Barba, la difficulté d’obtenir justice pour une victime de crime sexuels et ses remords et sa tristesse face à la mort de Dodds, Benson avoue à Tucker qu’elle est heureuse.

Comme le disait Jéjé sur notre forum, une conclusion magnifique à un excellent épisode de reprise.

Conundrum